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Le président syrien promet que l'Etat aura le "monopole" des armes
Le président par intérim de la Syrie, Ahmad al-Chareh, s'est engagé mardi à garantir le "monopole" de l'Etat sur les armes lors de la conférence de dialogue national sur l'avenir du pays, qui s'est ouverte deux mois et demi après la chute de Bachar al-Assad.
Ahmad al-Chareh, qui a salué mardi une "nouvelle phase historique" avait été nommé en janvier président par intérim, après l'offensive rebelle menée par son groupe radical islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qui a pris le pouvoir le 8 décembre à Damas. Il avait annoncé qu'il mettrait en place un dialogue national durant la période de transition.
Des représentants de la société civile, des communautés religieuses, des personnalités de l'opposition et des artistes participent à Damas à cette conférence censée représenter tous les Syriens.
Organisée à la hâte par les nouvelles autorités, elle constitue une démarche inédite dans le pays qui sort de près de 14 ans de guerre civile.
Mais l'administration autonome dirigée par les Kurdes, qui contrôle une grande partie du nord-est de la Syrie, et son bras armé, les Forces démocratiques syriennes (FDS), n'ont pas été invitées. Selon les organisateurs, aucune entité armée n'a reçu d'invitation.
Mardi, 35 partis de l'administration autonome ont dénoncé une représentation "purement symbolique" de cette conférence, qui selon eux "ne reflète pas la réalité des composantes de la société syrienne".
Ces conférences "n'ont ni sens ni valeur et (...) ne contribueront pas à trouver des solutions concrètes à la crise que traverse le pays", ont ajouté ces partis.
"La Syrie n'accepte pas la division, elle est un tout intégré et sa force réside dans son unité", a lancé Ahmad al-Chareh dans son discours d'ouverture.
"Le monopole des armes entre les mains de l'Etat n'est pas un luxe, mais un devoir et une obligation", a-t-il affirmé.
Le nouveau pouvoir avait annoncé la dissolution de l'armée syrienne et de toutes les factions armées rebelles, dont le HTS. Il a formé à la mi-février une commission de sept personnes, dont deux femmes, pour préparer cette conférence.
Deux membres de cette commission avaient affirmé dimanche que des rencontres avaient été organisées "dans plusieurs provinces syriennes, avec la participation de quelque 4.000 hommes et femmes".
- "Rétablir les droits" -
La commission préparatoire avait aussi assuré que la conférence, ouverte mardi, mettrait l'accent sur "la justice de transition, la constitution, la réforme des institutions et de l'économie, l'unité du territoire syrien, ainsi que les libertés publiques et individuelles, et les libertés politiques".
Dans ce contexte, Ahmad al-Chareh a annoncé mardi la mise en place d'une commission pour travailler sur la justice de transition dans le but de "rétablir les droits" des Syriens.
"Nous avons travaillé au cours des deux derniers mois pour poursuivre les auteurs de crimes contre les Syriens, et travaillerons à former une commission pour la justice de transition qui rétablira les droits des gens et, si Dieu le veut, leur rendra justice et traduira les criminels en justice", a-t-il déclaré.
"La Syrie vous a tous appelés aujourd'hui (..) à vous consulter sur l'avenir (..), car les événements actuels sont le signe d'une nouvelle phase historique", a-t-il ajouté dans un message à l'adresse des participants.
La conférence représente "la première étape d'un long processus" visant à "construire une nouvelle identité nationale syrienne qui préserve la paix civile" et doit émettre des recommandations "qui serviront de base" pour un plan de réforme des institutions, selon la commission préparatoire.
Un gouvernement provisoire est chargé de gérer les affaires courantes jusqu'au 1er mars, date à laquelle la Syrie doit se doter d'un nouveau gouvernement reflétant "la diversité" du peuple syrien, selon les nouvelles autorités.
Ahmad al-Chareh avait précédemment déclaré que les forces dirigées par les Kurdes devraient être intégrées à l'armée nationale et rejeter l'idée d'une autonomie.
Les Kurdes de Syrie ont montré des signes d'ouverture et les deux parties sont en pourparlers sur plusieurs questions.
"La paix nationale est un devoir pour tous les citoyens", a réaffirmé M. Chareh mardi.
"Nous continuerons à mener une politique qui protège les intérêts du peuple syrien, sans aucune pression ou diktat extérieur", a affirmé pour sa part le chef de la diplomatie, Assaad al-Chaibani.
Y.AlMasri--SF-PST