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Harris règle ses comptes avec Biden et son entourage
Kamala Harris règle ses comptes avec Joe Biden et l'entourage de ce dernier dans un livre à paraître en septembre, dans lequel l'ex-candidate démocrate assène que laisser le président vieillissant se représenter était de l"inconscience".
"+La décision appartient à Joe et Jill (Biden, son épouse)+. Nous répétions cela comme un mantra, comme si nous avions été hypnotisés. Etait-ce de l'élégance ou était-ce de l'inconscience ? En y repensant, je pense que c'était de l'inconscience", écrit l'ancienne vice-présidente dans cet ouvrage, dont le magazine The Atlantic a publié mercredi des extraits.
"L'enjeu était trop grand. Ce choix ne pouvait reposer que sur l'ego, sur l'ambition d'un individu", ajoute-t-elle.
La démocrate, qui a succédé en catastrophe à Joe Biden comme candidate à la Maison Blanche fin juillet, juge toutefois qu'elle était "la plus mal placée pour argumenter en faveur d'un retrait".
"Je savais que cela apparaîtrait comme incroyablement opportuniste de lui demander de ne pas se présenter. Il l'aurait vu comme de l'ambition sans fard, peut-être comme une trahison perfide", confie-t-elle.
Le poste de vice-président est souvent considéré, aux Etats-Unis, comme un tremplin naturel vers la présidence.
Si elle assure que le démocrate, 82 ans aujourd'hui, a toujours été en mesure d'exercer ses fonctions, elle écrit néanmoins qu'il "fatiguait", ce qui le rendait sujet à des gaffes et des chutes.
La première femme vice-présidente des Etats-Unis, qui publiquement était toujours restée parfaitement loyale à Joe Biden, s'en prend aussi violemment à l'entourage de l'ancien président dans les quelques paragraphes dévoilés par l'hebdomadaire.
- "M'enfoncer" -
"Il était quasiment impossible d'obtenir que (la Maison Blanche) dise quelque chose de positif sur mon travail ou qu'elle me défende ", déplore-t-elle.
"J'ai souvent appris que l'équipe du président attisait les rumeurs négatives qui surgissaient autour de moi", dénonce encore la Californienne.
L'ancienne sénatrice et procureure générale de Californie déplore que Joe Biden, quand il s'est adressé aux Américains le 24 juillet pour expliquer son retrait de la course, ait parlé pendant "neuf minutes" avant de la mentionner brièvement.
Kamala Harris rapporte aussi que la Maison Blanche n'a "pas apprécié" un discours dans lequel elle lançait l'alerte sur la crise humanitaire à Gaza, et dont le texte avait pourtant été validé en amont.
"J'ai été réprimandée, semble-t-il, pour l'avoir trop bien prononcé", révèle-t-elle.
Jusqu'ici l'ex-candidate démocrate s'était faite très discrète, alors que son parti traverse une grave crise de confiance auprès des Américains.
Son ouvrage, "107 Days" ("107 jours") publié aux éditions Simon & Schuster, paraîtra le 23 septembre aux Etats-Unis et donnera lieu à une tournée de promotion.
Cette durée est celle de sa campagne, lancée en catastrophe après le retrait de Joe Biden le 21 juillet, et qui s'est conclue par une sèche défaite face à Donald Trump le 5 novembre.
L'ancien président démocrate a largement disparu de la vie publique depuis son départ de la Maison Blanche. Ses services ont annoncé en mai qu'il souffrait d'un cancer agressif de la prostate.
S.Barghouti--SF-PST