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En Corée du Sud, dernière audience dans le procès en destitution du président
Plus de deux mois et demi après la brève proclamation de la loi martiale en Corée du Sud, la Cour constitutionnelle tient mardi la dernière audience du procès en destitution du président Yoon Suk Yeol avant de décider de son sort, entre déchéance définitive et retour au pouvoir.
La Corée du Sud navigue en plein chaos politique depuis que l'ancien procureur vedette a mis fin au régime civil l'espace de quelques heures, le 3 décembre, dans un coup de force rapidement contrecarré par les députés.
Successivement suspendu par l'Assemblée nationale, arrêté -- une première pour un chef d'Etat en titre dans le pays --, placé en détention puis mis en examen pour "insurrection", M. Yoon est parallèlement au cœur d'un procès pénal ouvert jeudi. Il encourt la prison à vie, voire théoriquement la peine de mort.
Les huit juges de la Cour constitutionnelle, eux, doivent tenir à partir de 14H00 (05H00 GMT) une 11e et ultime audience avant la mise en délibéré. Il leur faudra ensuite choisir entre entériner la motion de destitution du Parlement et ainsi démettre définitivement le dirigeant conservateur, ou bien le rétablir dans ses fonctions.
Les deux ex-présidents à avoir été dans cette position, Park Geun-hye (destituée et emprisonnée) et Roh Moo-hyun (réinvesti), ont connu leur sort respectivement 11 et 14 jours après la fin des débats.
Si M. Yoon était destitué, une nouvelle élection présidentielle devrait avoir lieu dans les 60 jours. Cette issue requiert le vote favorable de six juges, avec un verdict attendu à la mi-mars.
- "Dictature législative" -
Yoon Suk Yeol, 64 ans, aura mardi une dernière occasion de défendre sa déclaration de la loi martiale, tandis que des représentants du Parlement pourront plaider pour sa destitution.
Le soir de son annonce choc, il avait fait part de sa volonté de protéger le pays des "forces communistes nord-coréennes" et d'"éliminer les éléments hostiles à l'Etat".
La loi martiale peut être employée en cas d'urgence nationale majeure, comme une guerre.
Pour l'opposition, le président a pris des mesures extraordinaires injustifiées.
Me Kim Hong-il, l'un de ses avocats, estime quant à lui que la suspension du régime civil n'avait "pas vocation à paralyser l'Etat".
Son objectif était "d'alerter la population concernant la crise nationale provoquée par la dictature législative du parti d'opposition dominant, qui avait entravé l'administration".
Largement acquis aux adversaires de M. Yoon, le Parlement torpillait tous ses projets, dont celui de budget.
Par ailleurs, l'équipe juridique de l'ancien procureur affirme que l'instauration de la loi martiale était nécessaire pour enquêter sur de prétendues fraudes électorales lors du scrutin législatif de 2024 remporté haut la main par le Parti démocrate, principale force d'opposition.
A Séoul, des foules de partisans de Yoon Suk Yeol battent le pavé depuis des semaines, reprenant ces accusations de triche non-prouvée et réclamant son retour au pouvoir.
Selon une étude de l'institut Realmeter publiée lundi, 52% des Sud-Coréens sont pour la destitution du président.
D'après un sondage de Gallup datant de la semaine passée, 60% y sont favorables et 34% contre.
G.AbuOdeh--SF-PST