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La publicité ralentit chez Google, l'action dévisse malgré l'accélération du "cloud"
La publicité ralentit chez Google, l'action dévisse malgré l'accélération du "cloud" / Photo: TIMOTHY A. CLARY - AFP/Archives

La publicité ralentit chez Google, l'action dévisse malgré l'accélération du "cloud"

Alphabet a enregistré au troisième trimestre des résultats inférieurs aux attentes du marché, principalement du fait d'un ralentissement de la publicité, même si l'informatique à distance (cloud) a, elle, encore accéléré grâce à l'intelligence artificielle (IA).

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La maison mère de Google a raté la cible pour le chiffre d'affaires et le bénéfice net, ce qui lui a valu d'être immédiatement sanctionnée dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, le titre abandonnant plus de 10%.

Le bénéfice net ressort en fort repli de 25% sur un an, à 26,2 milliards de dollars, selon un communiqué publié mercredi.

Cette contraction tient surtout à un effet comptable lié à la valorisation des participations du groupe, qui pèse pour 8,7 milliards de dollars, principalement liée à une baisse du cours des actions SpaceX.

Rapporté par action, donnée de référence des investisseurs, le profit est de 2,12 dollars, très en-deçà des 3,02 dollars anticipés par les analystes, selon un consensus établi par FactSet.

Quant au chiffre d'affaires, il pointe à 127,6 milliards (+25% sur un an), là aussi moindre que les 128 milliards sur lesquels tablait Wall Street.

Dans le détail, c'est la publicité, coeur de métier historique de Google, qui est à l'origine de la déconvenue, avec une croissance limitée à 11%, alors que les analystes espéraient quasiment 13%.

Cette décélération intervient alors que le marché s'inquiète depuis la montée en puissance de l'IA générative de voir cette technologie ronger une partie des revenus de Google, OpenAI ayant notamment franchi récemment le seuil d'un milliard de dollars de recettes publicitaires.

Lors de la conférence de présentation des résultats, un analyste a évoqué le risque de voir la popularisation des agents IA, des interfaces capables d'effectuer des tâches de manière autonome, contourner le célèbre moteur de recherche de Google, vache à lait du groupe depuis des décennies.

- "Demande énorme" de "cloud" -

Ce ralentissement a plus que compensé une nouvelle bonne surprise venue du "cloud", à savoir essentiellement les centres de données dont Google est l'un des plus gros acteurs mondiaux.

Les revenus tirés de cette activité ont plus que doublé (+102% sur un an), un rythme encore supérieur à celui affiché au trimestre précédent (+82%) et le plus élevé en cinq ans, a précisé le patron d'Alphabet, Sundar Pichai.

"Il y a une demande énorme" pour les centres de données, qui fournissent la puissance de calcul nécessaire au développement et à l'utilisation de l'IA, a déclaré Sundar Pichai lors de la conférence.

"Nous travaillons d'arrache-pied pour augmenter nos capacités disponibles et satisfaire cette demande de long terme", a expliqué le responsable.

Le carnet de commandes de l'activité "cloud" atteignait 561 milliards de dollars fin septembre.

Pour Dan Ives, analyste du cabinet Yorkville Ives & Co, les chiffres du cloud "ont plus d'importance" que ceux de la publicité sur lesquels les investisseurs pariant sur une baisse du titre Alphabet "vont insister".

Sur le seul troisième trimestre, Alphabet a réalisé pour 51 milliards de dollars d'investissements, en grande partie fléchés vers ses centres de données, soit plus que les 45 milliards des trois mois précédents.

Pour autant, à la différence d'autres comme Meta, Alphabet n'a pas modifié sa prévision d'investissements pour l'ensemble de l'exercice 2026.

Ces dépenses colossales ont contraint le groupe à puiser dans sa trésorerie, à hauteur de 9 milliards de dollars, une révolution pour un groupe habitué à dégager des flux de trésorerie massifs (73 milliards en 2025).

Pour répondre aux besoins de ses clients en infrastructures IA, Google a décidé de louer des capacités à des fournisseurs alors qu'il s'en tenait jusqu'ici à ses propres installations.

Outre le cloud, Google entend convaincre le marché qu'il est de retour dans la course à l'IA de pointe.

Après Gemini 4 Argon, fin septembre, le groupe de Mountain View (Californie) a annoncé mercredi le lancement de Gemini 4 Carbon, si puissant qu'il va limiter sa diffusion à quelques partenaires choisis dans un premier temps, comme l'ont fait avant lui Anthropic et OpenAI.

Sundar Pichai a indiqué que l'application d'IA Gemini avait franchi le milliard d'utilisateurs et promis l'arrivée "prochainement" de nouveaux modèles, outre les deux versions de Gemini 4 déjà dévoilées.

T.Samara--SF-PST