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Sommet à Kiev, Zelensky salue "trois ans de résistance" ukrainienne
Plusieurs dirigeants étrangers sont arrivés lundi à Kiev pour un sommet destiné à réaffirmer leur engagement en faveur de l'Ukraine trois ans après le début de l'invasion russe et alors que le revirement des Etats-Unis a changé la donne du conflit.
Dans un message sur les réseaux sociaux, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué "trois ans de résistance" et "d'héroïsme absolu des Ukrainiens" depuis le début du conflit il y a trois ans jour pour jour.
Pour marquer cet anniversaire et réaffirmer leur soutien à l'Ukraine, de nombreux dirigeants étrangers sont arrivés lundi matin à Kiev, dont la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le Premier ministre canadien Justin Trudeau et les dirigeants de pays baltes, scandinaves ou de l'Espagne.
Confrontés à la menace russe et au revirement américain, les Européens, affaiblis, tentent de se mobiliser.
Reçu lundi par Donald Trump à Washington, le président français Emmanuel Macron doit lui présenter des "propositions d'action" pour conjurer la "menace russe" en Europe et garantir une "paix durable" qui ne vire pas au diktat pour Kiev.
Un sommet européen spécial aura lieu par ailleurs le 6 mars tandis qu'un seizième train de sanctions contre la Russie a été annoncé lundi par Bruxelles.
"Dans cette lutte pour la survie, ce n'est pas seulement le destin de l'Ukraine qui est en jeu. C'est le destin de l'Europe", a dit Mme von der Leyen.
Au total, 13 dirigeants, plus 24 autres par visioconférence, doivent participer au sommet à Kiev, selon M. Zelensky.
- "Capacité de défense européenne" -
Le chef de file des démocrates-chrétiens allemands Friedrich Merz, qui a remporté les législatives de dimanche et a toutes les chances de devenir le prochain chancelier, a d'emblée affiché comme "priorité absolue" la création d'une "capacité de défense européenne autonome" comme alternative à "l'Otan dans sa forme actuelle".
Après s'être aligné sur la position russe qui juge l'Ukraine responsable du déclenchement du conflit et avoir ouvert des pourparlers avec Moscou sans participation ukrainienne ou européenne, le président américain Donald Trump insiste sur sa volonté de récupérer le montant de l'aide fournie depuis cette date en obtenant un accès aux ressources minières ukrainiennes.
M. Zelensky a exclu de signer un texte que "dix générations d'Ukrainiens" devront payer.
M. Trump a aussi qualifié de "dictateur sans élections" M. Zelensky, élu en 2019 pour cinq ans mais qui reste au pouvoir en raison de l'impossibilité d'organiser un scrutin en pleine guerre.
Washington prépare en outre un sommet entre M. Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, et a jugé irréaliste une adhésion de l'Ukraine à l'Otan.
Cette volte-face américaine après trois ans de soutien militaire ininterrompu a abasourdi un grand nombre d'Ukrainiens, qui redoutent que leur pays soit forcé d'accepter des concessions territoriales en échange d'un cessez-le-feu.
- "Plus rien à perdre" -
Si le président ukrainien accepte de céder à la Russie les régions qu'elle occupe actuellement, "les gars qui se battent maintenant pour notre terre (...) n'écouteront pas Zelensky et nous continuerons à pousser", prévient Oleksandre, commandant d'une unité d'assaut dans la 93ème brigade.
Beaucoup d'hommes ont déjà perdu "leur maison, leurs familles, leurs enfants" et n'ont "plus rien à perdre", juge le militaire ukrainien.
Des manifestations de soutien à l'Ukraine ont déjà eu lieu dimanche, notamment à Paris, à Prague, ou aux Etats-Unis. D'autres rassemblements sont prévus lundi, notamment à Londres et Sydney.
De son côté, la Russie ne cache pas sa satisfaction de voir Donald Trump briser l'isolement, voulu par les Occidentaux, de Vladimir Poutine.
"Le dialogue a lieu entre deux présidents vraiment remarquables. C'est prometteur. Il est important que rien ne vienne gêner la mise en oeuvre de leur volonté politique", s'est félicité dimanche le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Moscou a annoncé qu'une nouvelle rencontre de diplomates russes et américains aurait lieu en fin de semaine, après celle du 18 février en Arabie saoudite des ministres des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Marco Rubio.
Dans une initiative lourde de sous-entendus, les Américains ont proposé à l'Assemblée générale de l'ONU un projet de résolution qui ne mentionne pas l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Et ce alors même que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé dimanche à une paix "juste" qui respecte cette "intégrité territoriale".
Sur le terrain, un incendie s'est déclaré dans la raffinerie de pétrole de Riazan, une des plus grandes de Russie au sud de Moscou, après une attaque de drones revendiquée par Kiev.
R.Shaban--SF-PST