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Le chef républicain Kevin McCarthy joue sa survie lors d'un vote historique au Congrès américain
Un tel vote n'a pas eu lieu depuis plus d'un siècle aux Etats-Unis: le chef républicain de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, pourrait se voir évincé dès mardi de son poste en raison de querelles fratricides au sein de son parti, à moins d'un accord avec les démocrates.
Un élu de la droite dure américaine, Matt Gaetz, a déposé une motion pour destituer le "speaker", pourtant membre de son parti, qui va être examinée en début d'après-midi.
Cet élu de Floride reproche principalement à Kevin McCarthy d'avoir négocié avec les élus démocrates un budget provisoire pour financer l'administration fédérale, auquel s'opposaient de nombreux conservateurs. Il accuse aussi le ténor républicain d'avoir conclu un "accord secret" avec le président Joe Biden sur une possible enveloppe pour l'Ukraine.
Or l'aile droite du Parti républicain s'oppose vivement au déblocage de fonds supplémentaires pour Kiev, estimant que cet argent devrait plutôt servir à lutter contre la crise migratoire à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.
- "Problèmes de confiance" -
Cette manoeuvre procédurale de destitution, très rarement utilisée dans l'histoire parlementaire américaine, va déclencher une épreuve de force périlleuse à la chambre basse.
Le président de la Chambre des représentants s'est toutefois voulu confiant mardi: "Je pense que je vais tenir le coup", a-t-il déclaré à la presse, quelques heures avant l'examen de la motion de censure.
Pour être adoptée, cette motion nécessite un vote à la majorité à la Chambre.
Mais qu'importe que l'immense majorité du groupe parlementaire de Kevin McCarthy le soutienne publiquement: les trumpistes disposent d'un veto de fait à la Chambre compte tenu de la très fine majorité républicaine dans cette institution.
A moins que les démocrates ne viennent, avec leurs voix, à la rescousse du "speaker".
Or, chez ces derniers, rien n'est décidé. Une grande réunion était en cours mardi matin au sein du parti de Joe Biden afin de décider si Kevin McCarthy -- qui a lancé il y a moins d'un mois une enquête en destitution sur le président américain -- mérite, ou non, d'être sauvé.
"Nous avons de vrais problèmes de confiance avec les leaders républicains et avec les républicains en général", a déclaré le chef démocrate Hakeem Jeffries sur MSNBC juste avant la réunion.
- Historique -
Une destitution de Kevin McCarthy serait complètement inédite: aucun "speaker" n'a jamais été évincé de son poste dans l'histoire des Etats-Unis.
Pour se sortir de cette impasse, le quinquagénaire tentera d'utiliser une série de manoeuvres procédurales, appelant probablement à ajourner l’examen de la motion de destitution.
Le "speaker" de 58 ans avait déjà été élu au forceps en janvier, en raison de cette très mince majorité républicaine.
Pour accéder au perchoir, il avait dû faire d'énormes concessions avec une vingtaine de trumpistes, dont la possibilité que n'importe quel élu ait le pouvoir de convoquer un vote pour le destituer.
Une promesse qui revient le hanter mardi.
A.Suleiman--SF-PST