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Birmanie : le chef de la junte assure que les élections auront bien lieu à la fin de l'année
Le chef de la junte birmane a assuré jeudi, lors d'un discours devant des soldats et des dignitaires du régime, que les élections prévues auraient lieu en décembre malgré la guerre civile qui fait rage dans plusieurs régions du pays.
Prenant la parole à la tribune à l'occasion de la Journée des forces armées, Min Aung Hlaing a condamné les groupes armés qui luttent contre son pouvoir, qu'il a qualifiés d'"insurgés terroristes", après une année de revers pour ses troupes sur plusieurs champs de bataille.
Des avions à réaction de fabrication russe ont vrombi dans le ciel et les troupes ont défilé dans la capitale isolée et hautement sécurisée, Naypyidaw, à l'occasion de cet événement qui s'est progressivement réduit au cours des quatre années de guerre civile qui ont suivi la destitution du gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi par l'armée.
Min Aung Hlaing a déclaré que les autorités s'en tenaient au plan annoncé au début du mois, selon lequel les élections promises de longue date auraient lieu, bien que la majeure partie du pays échappe au contrôle de la junte.
"Le Conseil d'administration de l'Etat (...) qui assume actuellement la responsabilité de la nation, prend des dispositions pour organiser les élections générales en décembre", a-t-il déclaré. Le Conseil d'administration de l'Etat est le nom officiel de la junte.
Depuis la dernière Journée des forces armées, la junte a perdu le contrôle de la ville-clef de Lashio, dans le nord du pays, où se trouve un commandement militaire régional, ainsi que des pans entiers de l'Etat de Rakhine, dans l'ouest du pays. Elle a également cherché à enrôler plus de 50.000 hommes pour regarnir les rangs de l'armée.
La guerre civile oppose les forces de la junte à plusieurs groupes rebelles et aux groupes armés de minorités ethniques établis de longue date.
Min Aung Hlaing a assuré que "des dispositions sont prises pour garantir que tous les électeurs éligibles puissent exercer leur droit de vote" et a exhorté les opposants à déposer les armes et à poursuivre le dialogue.
Quatre ans après le coup d'Etat qui l'a porté au pouvoir en février 2021 et renversé la dirigeante élue Aung San Suu Kyi, il avait annoncé le 8 mars des élections pour décembre 2025 ou janvier 2026.
L'organisation de ce scrutin, le premier sous la nouvelle administration, suppose une levée de l'état d'urgence, prolongé pour six mois le 31 janvier.
Des chancelleries occidentales et des groupes de défense de droits humains ont jugé que ce projet d'élections s'apparentait à une mascarade, faute de réelle opposition tolérée, et dans un pays échappant partiellement au contrôle de l'Etat.
Un porte-parole de la junte a par ailleurs annoncé jeudi que Min Aung Hlaing, qui voyage rarement en dehors de la Chine ou de la Russie, participera la semaine prochaine à Bangkok au sommet du BIMSTEC, une organisation regroupant des pays asiatiques.
- Aide russe et chinoise -
Selon l'ONU, le conflit en Birmanie a fait plus de 6.300 morts civils et provoqué le déplacement de plus de 3,5 millions de personnes. Quelque 50% des habitants vivent désormais sous le seuil de pauvreté.
Dans ce contexte, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé mi-mars l'arrêt de son aide à plus d'un million de Birmans en raison d'un "manque critique de financement".
Près de la moitié de celui-ci (4,4 milliards de dollars sur un total de 9,7 milliards en 2024) était en effet fourni par les Etats-Unis, dont le président Donald Trump a annoncé des coupes drastiques dans le budget de l'aide internationale.
Les sanctions commerciales occidentales ont par ailleurs isolé la Birmanie, la rendant plus dépendante de l'aide économique et militaire chinoise et russe.
Malgré leurs défaites, les militaires "disposent toujours d'une quantité supérieure d'armes" et "n'ont pas besoin de vaincre tout le monde pour garder le contrôle" notamment du centre du pays, juge Jack Myint, du Center for Strategic and International Studies de Washington.
Dans ce contexte, Pékin joue de ses liens tant avec la junte qu'avec les rebelles pour garantir la stabilité à sa frontière, selon ce chercheur.
F.AbuZaid--SF-PST