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Gaza, au centre du 10e anniversaire de la mort de Mandela en Afrique du Sud
La guerre à Gaza a été au centre du 10e anniversaire de la mort de Nelson Mandela mardi en Afrique du Sud, de hauts responsables du Hamas étant présents aux côtés de la famille du héros de la lutte contre l'apartheid lors des commémorations à Pretoria.
Premier président noir sud-africain, Madiba - son nom de clan - est mort le 5 décembre 2013 à 95 ans. Pas de cérémonie officielle mardi, ni de discours solennel du chef de l'Etat, Cyril Ramaphosa: la famille a simplement déposé dans l'après-midi une gerbe au pied d'une statut à l'effigie de Mandela devant le siège du gouvernement dans la capitale Pretoria.
De hauts responsables du Hamas étaient présents: Basem Naim, ancien ministre de la Santé du Hamas à Gaza, et Khaled Qaddoumi, représentant du mouvement islamiste palestinien en Iran. Dans les jours précédents, ils avaient participé à une conférence sur le conflit israélo-palestinien à Johannesburg, organisée notamment par le petit-fils de Nelson Mandela, Mandla Mandela.
La création d'un État palestinien était considérée par son grand-père comme "la grande question morale de notre époque", a-t-il rappelé à la chaîne nationale SABC, soulignant sa volonté de "reprendre le flambeau".
L'Afrique du Sud, fervent défenseur de la cause palestinienne, est l'un des pays les plus critiques des bombardements israéliens massifs et meurtriers sur la bande de Gaza, en représailles aux sanglantes attaques en Israël menées le 7 octobre par le Hamas.
La prix Nobel de la paix, la Pakistanaise Malala Yousafzai, invitée à Johannesburg par la fondation Mandela, a pour sa part dénoncé le "bombardement injuste de Gaza" lors d'une allocution.
La jeune femme, distinguée en 2014 pour son combat en faveur de l'éducation des filles, a également saisi l'occasion pour condamner le traitement des femmes en Afghanistan, accusant le régime taliban de rendre impossible d'"être une fille".
"Les Sud-Africains se sont battus pour que l'apartheid fondé sur la race soit appelé comme tel et criminalisé au niveau international", a-t-elle souligné, appelant à criminaliser maintenant "l'apartheid basé sur le genre".
Le mois dernier, d'éminentes militantes féministes et des personnalités ont appelé les Nations unies à réviser en ce sens le texte d'un traité en discussion sur les crimes contre l'humanité.
- "Sainte réputation" -
Si la simple évocation de Mandela semble être toujours capable de mobiliser l'opinion sur des causes à défendre, l'anniversaire de sa mort a eu un goût doux-amer pour les Sud-Africains.
Pour certains, "en dix ans, pas grand chose n'a changé ou ne s'est amélioré" dans le pays.
D'un côté, le souvenir de l'ex-bagnard de Robben Island qui a mis l'apartheid à genoux et apporté la démocratie. De l'autre, un pays toujours dirigé par son parti, le Congrès national africain (ANC), mais plombé par la corruption, les pannes d'électricité et devenu le plus inégalitaire au monde selon la Banque mondiale.
Et l'ANC pourrait tomber sous la barre des 50% lors des élections l'an prochain, selon les sondages.
Selon l'ancienne ambassadrice américaine à Pretoria jointe par l'AFP, Jendayi Frazer, "la sainte réputation" de Mandela reste toutefois "extrêmement forte" et la relève politique devrait regarder "l'exemple de Mandela et de sa haute moralité".
Nelson Mandela est mort entouré des siens après un long crépuscule et des mois d'agonie, et d'angoisse pour les Sud-Africains et ses admirateurs du monde entier, au cours desquels son entourage se contentait de répéter que le vieux sage était dans un état "critique mais stable".
Son image reste très présente dans le pays: sur les billets de banque, par des graffitis sur les murs des villes et la présence de dizaines de statues.
Verne Harris, président par intérim de la fondation Mandela et qui a longtemps été l'archiviste de Mandela, reconnaît qu'une "nostalgie profonde" reste palpable chez nombre de Sud-Africains.
Mais "il est peut-être temps de le laisser partir, et de nous trouver de nouveaux modèles", estime-t-il.
Z.AbuSaud--SF-PST