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Boissons énergisantes: des parlementaires demandent l'interdiction aux moins de 16 ans
Boissons énergisantes: des parlementaires demandent l'interdiction aux moins de 16 ans / Photo: Dimitar DILKOFF - AFP

Boissons énergisantes: des parlementaires demandent l'interdiction aux moins de 16 ans

Vu l'essor des boissons énergisantes et leurs "effets nocifs" sur les adolescents, un rapport parlementaire recommande d'en interdire la vente aux moins de 16 ans, ce à quoi le ministère de la Santé ne ferme pas la porte.

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L'interdiction des boissons énergisantes aux moins de 16 ans comme leur retrait des distributeurs automatiques figurent dans les recommandations phares d'un rapport copiloté par les députés Yannick Neuder (LR), ancien ministre de la Santé, et Sandrine Runel (PS), qui l'ont présenté mercredi.

S'il ne soutient pas "explicitement une interdiction immédiate" des boissons énergisantes aux moins de 16 ans, le cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist, sollicité, évoque "un faisceau d'arguments sanitaires et internationaux justifiant une position d'ouverture à l'étude de cette mesure".

Red Bull, Monster Energy ou encore Ciao Energy : les boissons énergisantes, composées de caféine, taurine, sucre, etc, revendiquent des propriétés stimulantes au niveau physique et intellectuel.

Si ces boissons "ne posent pas de risque sanitaire en population générale" en quantité "raisonnable", chez les enfants et adolescents notamment elle "peut bel et bien engendrer des effets nocifs", pointe le rapport dévoilé mercredi, qui doit nourrir des amendements au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027.

En France, plusieurs effets indésirables liés à ces boissons, comme des symptômes cardiovasculaires ou psychologiques, ont déjà été signalés. Ils sont principalement liés à une consommation excessive de caféine, éventuellement couplée à une prise d'alcool.

"Les boissons énergisantes présentent des risques sanitaires identifiés chez les mineurs" et "il existe des associations fortes avec d'autres comportements à risques", a aussi relevé le cabinet de la ministre de la Santé.

Avec l'interdiction, "l'idée est de faire de la pédagogie pour expliquer aux jeunes qu'ils n'ont pas besoin de ces boissons sucrées pour se maintenir en forme et lutter contre la fatigue", a résumé à l'AFP Sandrine Runel.

Passé de 180 millions d'euros en 2016 à 780 millions d'euros en 2025, le marché des boissons énergisantes "connaît une croissance importante", a souligné Yannick Neuder devant la commission des Affaires sociales.

- "Urgence à agir" -

Les canettes de Red Bull restent les plus plébiscitées, devant Monster et Crazy Tiger, rappelle le rapport.

En juin, trois créateurs de contenus - Lena Situations (Lena Mahfouf), Inoxtag (Inès Benazzouz) et Squeezie (Lucas Hauchard) - ont lancé leur marque Ciao Energy et suscité des critiques de professionnels de santé, inquiets de la jeunesse de la cible visée.

Pour le syndicat des boissons sans alcool (SBSA), une interdiction de vente aux moins de 16 ans serait une mesure "arbitraire dénuée de tout fondement" car "aucune donnée" ne la justifierait.

Plusieurs pays européens ont déjà instauré une telle mesure, dont la Lituanie, la Roumanie ou la Norvège. L'Angleterre le prévoit à partir d'avril 2027.

La mission parlementaire s'est aussi intéressée aux boissons alcoolisées prêtes à boire, telles les canettes de Vody - cocktail mélangeant vodka, café, taurine.

Ces boissons sont "nocives pour la santé" et "atteignent ou dépassent bien souvent la dose quotidienne recommandée en un seul contenant", alertent les rapporteurs.

Elles sont également particulièrement attractives auprès des jeunes, notamment par leur "marketing" et leur prix, et davantage présentes dans "les territoires les plus vulnérables", comme les quartiers défavorisés et les Outre-mer.

Face aux risques possibles, les députés estiment "nécessaire" d'étendre la taxe "prémix" à toutes "les boissons alcoolisées prêtes à boire présentant un titre alcoométrique volumique supérieur à 12 % vol".

Ils demandent aussi de renforcer l'interdiction de vente de boissons alcoolisées aux mineurs, "pas appliquée ou trop peu", en instaurant notamment "la possibilité de procéder à des tests de vente d'alcool sur des mineurs".

Côté publicité, le rapport juge la législation pas "adaptée à la réalité des réseaux sociaux" et recommande de "mettre un terme à l'autorisation de la propagande et de la publicité en faveur des boissons alcooliques sur les services de communication en ligne".

"Il y a urgence à agir", a plaidé auprès de l'AFP Stéphanie Pierre, au nom de France Assos Santé, organisation de patients. Ces boissons alcoolisées "sont des bombes pour la santé" et "disposent d'une promotion énorme sur les réseaux sociaux par des influenceurs", a-t-elle ajouté.

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J.Saleh--SF-PST