Sawt Falasteen - A la pré-COP, le combat "personnel" d'une ministre des Fidji pour faciliter les financements

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A la pré-COP, le combat "personnel" d'une ministre des Fidji pour faciliter les financements
A la pré-COP, le combat "personnel" d'une ministre des Fidji pour faciliter les financements / Photo: Saeed KHAN - AFP

A la pré-COP, le combat "personnel" d'une ministre des Fidji pour faciliter les financements

Hôte de la pré-COP et ministre du Climat des Fidji, Lynda Tabuya, plaide pour un accès facilité au financement des pays du Pacifique. Un combat tout "personnel", explique à l'AFP celle qui a vu son village emporté par la mer.

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Lynda Tabuya préside avec son homologue australien Chris Bowen la conférence pré-COP, qui se tient jusqu'à jeudi dans la ville fidjienne de Nadi et l'Etat insulaire de Tuvalu, prélude à la COP31 organisée en novembre en Turquie sous l'égide de l'ONU.

Dans une interview accordée à l'AFP, la ministre de l'Information, de l'Environnement et du Climat explique que son principal message aux délégués dépêchés aux Fidji est la nécessité d'accélérer la distribution de fonds destinés aux solutions sur le front climatique.

"C'est souvent frustrant", assure-t-elle : "même après avoir obtenu un financement, le processus est long", "nous le ressentons même au niveau gouvernemental". "Dans certains cas, cela a même pris entre trois et cinq ans, car l'accès au financement climatique est assez difficile", raconte-t-elle.

Son village, Tiliva, situé sur l'île de Kadavu, à environ 90 kilomètres au sud de l'île principale des Fidji, a été touché par la montée du niveau de la mer.

"Nous avons perdu environ quatre mètres de littoral", explique la ministre. Ainsi, "certaines familles ont dû se réinstaller dans les collines, mais même à marée haute, le sol reste détrempé car l'eau ne se retire pas".

Il a fallu plus d'une décennie à son village, qui n'est pas raccordé au réseau électrique, pour obtenir le financement nécessaire à l'installation d'un système photovoltaïque. Selon elle, le financement prend trop de temps et les prêts ne sont pas une solution.

"L'un des objectifs de notre participation à la COP est de faire en sorte que la structure de financement actuelle soit réorganisée afin d’être simplifiée", a déclaré Lynda Tabuya.

- Reprendre en main -

"C'est frustrant. Nous sommes ceux qui émettent le moins dans le Pacifique, et pourtant nous sommes ceux qui sont touchés de manière disproportionnée", souligne la ministre. "C'est pourquoi nous appelons la communauté internationale à se pencher davantage sur les financements sous forme de subventions ; cela permettra de financer une digue, comme celle dont j'ai besoin dans mon village".

Déjà durement affectés sur leurs territoires, les Etats du Pacifique tentent de prendre en main les mécanismes de financement de lutte contre le changement climatique.

Le gouvernement fidjien a annoncé mercredi une contribution de 10 millions de dollars (8,9 millions d'euros) au fonds baptisé "Pacific Resilience Facility" (PRF), par lequel les dirigeants de la région espèrent lever 500 millions de dollars. Ils n'ont pour l'heure obtenu que des engagements représentant moins de la moitié de ce montant.

Le Royaume-Uni y a versé 10 millions de livres sterling (7,56 millions d'euros).

En marge de la conférence, la représentante du Royaume-Uni pour le climat, Rachel Kyte, a estimé auprès de l'AFP que le PRF était "susceptible de changer la donne" pour cette région.

"Il (le fonds) a été imaginé par les dirigeants du Pacifique. Ce sont eux qui l'ont ensuite mis en place. Il leur appartient et ce sont eux qui le gèrent. Et nous y investissons", indique-t-elle. "Il n'y a donc pas beaucoup d'intermédiaires ni d'organisations internationales qui gèrent ce fonds, l'argent va directement aux communautés" souffrant du changement climatique, assure Mme Kyte.

S.Barghouti--SF-PST