Sawt Falasteen - Le Brésil dans l'attente des résultats du duel entre Lula et Flavio Bolsonaro

Euronext
AEX 0.17% 1131.63 €
BEL20 0.79% 5781.8 €
PX1 -0.36% 7782.82 €
ISEQ -0.63% 13938.2 €
OSEBX 0.74% 2101.12 kr
PSI20 0.08% 9244.62 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK -0.6% 4178.57 €
N150 0.09% 4204.6 €
Le Brésil dans l'attente des résultats du duel entre Lula et Flavio Bolsonaro
Le Brésil dans l'attente des résultats du duel entre Lula et Flavio Bolsonaro / Photo: MAURO PIMENTEL - AFP

Le Brésil dans l'attente des résultats du duel entre Lula et Flavio Bolsonaro

Le Brésil est dimanche soir dans l'attente des résultats du second tour de la présidentielle entre le président de gauche Lula et le conservateur Flavio Bolsonaro, après la confusion créée à la dernière minute par une prolongation des opérations de vote.

Taille du texte:

Le décompte des voix a repris sur le site du Tribunal supérieur électoral (TSE) vers 22H00 GMT.

Luiz Inacio Lula da Silva, qui fêtera ses 81 ans la semaine prochaine, mène sa dernière bataille.

Avec 45 % des voix contre 47 % pour son rival, il avait été devancé au premier tour par le fils aîné de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), condamné pour tentative de coup d'Etat.

Quelque 160 millions d'électeurs ont été appelés aux urnes pour décider si le pays restera l'un des derniers bastions de gauche en Amérique latine ou rejoindra la vague de droite dans la région, encouragée par le président américain Donald Trump.

- Confusion -

La plus haute juridiction du pays a été saisie par l'équipe de campagne de Lula, qui a dénoncé le fait que des bus aient été retirés de la circulation dans des villes comme Sao Paulo (sud-est), dirigée par un maire de droite, ou Salvador de Bahia (nord-est).

Mais le temps que l'ordre soit transmis à chaque bureau, certaines urnes électroniques avaient déjà été fermées et le dépouillement avait débuté, créant une grande confusion.

Le juge Zanin, nommé par Lula à la Cour suprême, a dû préciser ultérieurement que la prolongation du vote ne s'appliquait que pour les urnes qui n'avaient pas été fermées au moment de sa décision.

Le camp Bolsonaro avait lui aussi saisi la justice. Il a réclamé au TSE la prolongation du vote dans deux Etats, le Minas Gerais (sud-est) et le Rio Grande do Sul (sud), en raison de fortes pluies dans ces régions.

L'extension des horaires "n'est que justice, chacun doit avoir le droit de voter et cela a été négligé", dit à l'AFP Jacqueline Maria Lima de França. Cette entrepreneuse de 34 ans suit le dépouillement sur un écran géant avec d'autres partisans de gauche dans le centre de Rio.

Autre son de cloche parmi des partisans de droite à Brasilia.

"C'est une honte", s'indigne Aurelio Junior, dentiste de 45 ans. "Ils ont inventé cette prolongation de deux heures pour tenter d'équilibrer le résultat, mais Flavio Bolsonaro va gagner", assure-t-il.

- Drapeaux -

"Le Brésil a besoin de plus de temps avec Lula, principalement parce que le pays est sur le point de tomber entre les griffes du fascisme", estime Maria Fernanda Elisbao, assistante d'édition de 21 ans. Elle a voté à Sao Bernardo do Campo, fief de l'ancien syndicaliste, près de Sao Paulo.

Dans l'entre-deux-tours, ce dernier a pu compter sur une mobilisation massive de la gauche dans les rues et sur les réseaux sociaux.

Le président sortant, qui brigue un quatrième mandat non consécutif, s'est posé en défenseur de la démocratie et en rempart contre les États-Unis et leurs pressions commerciales et diplomatiques.

Les électeurs doivent "choisir un pays où le drapeau est respecté", a-t-il dit d'une voix fatiguée après avoir voté, accusant son adversaire de vouloir "gouverner avec le drapeau américain".

Interrogé dimanche au sujet du scrutin, Donald Trump s'est contenté de dire: "On observe".

- "Véritable changement" -

Flavio Bolsonaro, 45 ans, dont le père est un allié du président américain, veut un rapprochement avec les Etats-Unis. Il promet aussi de durcir la lutte contre la criminalité et de tailler dans les dépenses publiques.

"L'heure du véritable changement est arrivée", a-t-il lancé, tout sourire, après avoir voté à Rio.

"Nous sommes au fond du trou, la situation est mauvaise, le peuple n'a presque plus de quoi manger", a déploré Tereza Cristina Ramos, retraitée de 68 ans.

Le fils Bolsonaro s'est présenté comme "plus modéré" que son père, tout en revendiquant son héritage. Il a annoncé que, s'il est élu, son premier geste sera de le libérer.

L'ancien chef de l'Etat purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée en 2022.

G.AbuGhazaleh--SF-PST