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Bolivie: la compagnie pétrolière publique sous supervision face à la crise des carburants
Bolivie: la compagnie pétrolière publique sous supervision face à la crise des carburants / Photo: Aizar RALDES - AFP

Bolivie: la compagnie pétrolière publique sous supervision face à la crise des carburants

Le gouvernement bolivien a placé temporairement la compagnie pétrolière publique YPFB sous sa supervision en raison de défaillances dans l'importation et la distribution des carburants, sur fond d'importantes pénuries, a-t-il annoncé mercredi.

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Le ministère des Hydrocarbures a également indiqué que le gouvernement comptait retirer "progressivement" à YPFB son rôle dans la commercialisation des carburants pour le confier à des entreprises privées. Le gouvernement souhaite que la compagnie se recentre sur l'exploration, l'exploitation et le raffinage des hydrocarbures.

L'approvisionnement en carburants est devenu l'un des principaux problèmes du gouvernement du président de centre droit Rodrigo Paz, arrivé au pouvoir en novembre dernier avec la promesse de mettre fin aux pénuries.

Les longues files d'attente sont devenues courantes devant les stations-service, certains conducteurs dormant parfois dans leur véhicule en attendant un réapprovisionnement.

"Le gouvernement national ordonne l'intervention étatique extraordinaire d'YPFB afin de rétablir son efficacité, de renforcer l'approvisionnement en carburants et de rendre transparente sa chaîne logistique", a indiqué la présidence sur les réseaux sociaux.

L'intervention pourra durer jusqu'à 180 jours, selon un décret publié mardi au Journal officiel. Elle vise notamment à "obtenir des informations fiables et suffisantes pour élaborer une analyse", précise le document.

"Les mesures ordinaires que nous avions prises n'ont pas fonctionné et (...) c'est pour cette raison que nous prenons cette mesure extraordinaire", a souligné lors d'une conférence de presse le ministre des Hydrocarbures Marcelo Blanco. Selon lui, les pénuries de carburants sont dues à des "défaillances logistiques dans l'importation et la distribution".

"L'intention du gouvernement est qu'YPFB retrouve son rôle naturel et ne se consacre pas à la commercialisation des hydrocarbures", a insisté M. Blanco.

- Pénuries et contestation -

En décembre, Rodrigo Paz a supprimé les subventions aux carburants, politique emblématique des gouvernements socialistes d'Evo Morales (2006-2019) et de Luis Arce (2020-2025), qui avait contribué à l'épuisement des réserves de devises du pays et aux difficultés d'importation des carburants.

M. Paz avait promis que la suppression des subventions mettrait fin aux pénuries qui exaspèrent les Boliviens.

A ce mécontentement s'est ajoutée en janvier une vague de plaintes contre YPFB pour la distribution d'une essence de mauvaise qualité, qui a endommagé des dizaines de milliers de véhicules.

Le ministre des Travaux publics Mauricio Zamora a affirmé à la presse que "la moitié du carburant" importé par l'Etat finissait en contrebande dans d'autres pays, avec la complicité d'employés d'YPFB.

Des paysans manifestent régulièrement depuis la semaine dernière dans le pays, après que l'exécutif a doublé le prix du diesel pour le porter à 1,5 dollar le litre, une mesure destinée selon le gouvernement à lutter contre la contrebande.

Dans le département de Santa Cruz (est), des dizaines de paysans ont utilisé des pneus et des arbres abattus pour bloquer pendant 24 heures une file de camions et d'autres véhicules, a constaté l'AFP. Il s'agissait mercredi de l'un des quatre points de blocage recensés dans ce département.

Ces barrages routiers défient l'état d'exception décrété par le gouvernement pour mettre fin à la précédente vague de manifestations contre la crise économique, la plus grave en Bolivie depuis quatre décennies, qui avait paralysé le pays entre mai et juin.

W.AbuLaban--SF-PST