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Macron attendu à Londres, culture et diplomatie au menu autour de la tapisserie de Bayeux
Une image symbolique et l'amorce d'un dialogue: Emmanuel Macron se rend mercredi à Londres afin de dévoiler la tapisserie de Bayeux prêtée au British Museum et faire la connaissance du nouveau Premier ministre Andy Burnham pour consolider le récent rapprochement franco-britannique.
Après un passage à Eindhoven, aux Pays-Bas, dans la matinée pour une visite consacrée à la souveraineté technologique européenne autour du leader néerlandais des semi-conducteurs ASML, le président français est attendu dans l'après-midi au Royaume-Uni.
Il devrait avoir "l'occasion d'aller saluer le roi" Charles III, a dit son entourage sans autres précisions, peut-être pour la dernière fois avant de quitter l'Elysée en mai 2027.
Mais le clou du déplacement, pour le grand public, sera l'inauguration de l'exposition de la broderie du XIe siècle décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie.
Emmanuel Macron avait personnellement décidé ce prêt d'un an lors de sa visite d'Etat au Royaume-Uni en juillet 2025, pour "revivifier la relation culturelle" et marquer "la confiance qu'il y a aujourd'hui" entre Paris et Londres.
La tapisserie est parvenue le 10 juillet au British Museum, malgré les objections de certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient une dégradation irréversible. La ministre française de la Culture Catherine Pégard s'est réjouie mi-juillet, à Londres, d'y voir ce joyau millénaire "en très bon état".
L'exposition dans le prestigieux musée londonien, qui montre l'oeuvre de 70 mètres pour la première fois à plat et d'un seul tenant, ouvrira ses portes au public du 10 septembre au 11 juillet 2027. Lorsqu'elle reviendra à Bayeux - en Normandie dans l'ouest de la France -, Emmanuel Macron ne sera plus président.
- "Fermeté des Français" -
C'est donc un dirigeant en fin de règne qui rencontrera à Londres un Premier ministre britannique fraîchement installé, d'abord autour de la célèbre tapisserie mercredi, puis pour un entretien formel à Downing Street jeudi.
Andy Burnham a remplacé mi-juillet Keir Starmer, travailliste comme lui, et le président français est le deuxième dirigeant étranger qu'il reçoit, après l'Ukrainien Volodomyr Zelensky fin juillet.
Après des années de relations franco-britanniques en dents-de-scie, le duo Macron-Starmer affichait une certaine complicité, en première ligne sur le soutien à l'Ukraine ou la recherche de solutions pour rouvrir le détroit d'Ormuz, bloqué par la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.
Ils avaient "noué une relation très amicale et très efficace", selon l'entourage d'Emmanuel Macron.
La même entente sera-t-elle au rendez-vous avec Andy Burnham, qui s'est concentré jusqu'ici sur les questions intérieures?
La lutte contre les traversées de la Manche par des migrants sur de "petites embarcations" reste un sujet essentiel pour Londres. Andy Burnham a indiqué mardi qu'il remercierait Emmanuel Macron "pour la coopération qui nous a permis d'empêcher la traversée de plus de 48.000 personnes".
Le gouvernement britannique a enregistré cet été le nombre le plus bas de traversées de la Manche par des migrants depuis 2019, saluant le succès de son accord de coopération avec la France, renouvelé pour trois ans en avril.
Côté français, on entend insister sur les crises géopolitiques, la défense, l'espace et l'énergie, notamment nucléaire.
On espère aussi qu'Andy Burnham confirmera "la poursuite du rapprochement avec l'Union européenne" engagée par son prédécesseur, dix ans après le Brexit.
Les deux hommes étant réputés bons communicants, "on peut s'attendre à pas mal de tapes vigoureuses dans le dos", d'autant qu'Andy Burnham voudra "s'inscrire dans la continuité de Starmer" qui a amélioré les relations "avec les grands dirigeants de l'UE", a indiqué à l'AFP Anand Menon, politiste au King's College de Londres.
Mais si les deux pays "ont plutôt bien réussi, ces vingt dernières années, à collaborer de façon bilatérale", notamment en matière de défense, le "vrai enjeu" britannique est "de nous rapprocher de l'UE, et nous savons tous que l'un des grands obstacles, c'est la fermeté des Français", notamment sur l'agriculture, a-t-il ajouté.
Alors que la date du prochain sommet UE/Royaume-Uni reste incertaine, l'Elysée a déjà prévenu: si la France veut aller "aussi loin que possible" dans ce "rapprochement", les Britanniques sont sortis de l'Union et il n'est pas question qu'ils puissent faire leur marché dans ses politiques pour ne prendre que ce qui les arrange.
O.Mousa--SF-PST