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Contestation en Iran: Donald Trump fait pression sur les autorités après de nouveaux affrontements
Des affrontements ont opposé ce week-end manifestants et forces de l'ordre en Iran, que Donald Trump a menacé dimanche de "frapper" en cas de nouveaux morts civils, après une semaine d'un mouvement de protestation initié par des revendications économiques.
Le mouvement, initialement lié au coût de la vie, a débuté le 28 décembre à Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l'hyperinflation et le marasme économique, et s'est depuis élargi à des revendications politiques.
La contestation a touché à des degrés divers une quarantaine de villes, essentiellement petites et moyennes, principalement dans l'ouest du pays.
Au moins 12 personnes, dont des membres des forces de sécurité, ont été tuées, selon un bilan basé sur des annonces officielles.
"Nous regardons cela de très près. S'ils commencent à tuer des gens comme ils l'ont fait dans le passé, je pense qu'ils seront frappés très durement par les Etats-Unis", a prévenu dimanche le président américain Donald Trump, à bord de son avion Air Force One.
Depuis le début, le pouvoir joue l'apaisement, reconnaissant des "revendications légitimes" liées aux difficultés économiques, tout en avertissant qu'il fera preuve de fermeté face aux "émeutiers".
Dimanche, le gouvernement a annoncé une aide mensuelle de 10 millions de rials, soit environ six euros, par personne et pendant quatre mois, qui vise à "réduire la pression économique sur la population".
Le salaire moyen en Iran, un pays qui compte 86 millions d'habitants, est d'environ 170 euros par mois, et le salaire minimum d'environ 85 euros par mois.
Samedi soir, de nouveaux rassemblements se sont tenus dans la capitale iranienne qui compte environ 10 millions d'habitants. L'agence de presse Fars les a qualifiés de "limités", et étant "généralement composés de groupes de 50 à 200 jeunes".
Selon l'agence de presse, des slogans politiques tels que "+Mort au dictateur+" ont été entendus mais aucun débordement notable n'a eu lieu, hormis "quelques jets de pierres et l'incendie de quelques poubelles".
Dimanche, la majorité des commerces de Téhéran étaient ouverts, même si les rues semblaient moins remplies que d'habitude. Les forces de sécurité et anti-émeutes étaient déployées aux principaux carrefours, a constaté l'AFP.
Des images prises dans la journée dans le centre-ville et authentifiées par l'AFP montrent des forces de l'ordre utiliser du gaz lacrymogène pour disperser un groupe de manifestants.
- "Attaques organisées" -
La situation est plus tendue dans l'ouest du pays, à plusieurs centaines de kilomètres de Téhéran, où des médias iraniens ont rapporté ces derniers jours des violences et dégradations.
L'agence Fars a fait état samedi d'"attaques organisées", notamment à Malekshahi, un comté d'environ 20.000 habitants où vit une importante population kurde.
D'après l'agence, des affrontements y ont coûté la vie à un membre des forces de sécurité et deux "émeutiers" qui avaient "tenté de pénétrer dans un commissariat".
Selon le mouvement de défense des droits de l'Homme Hengaw, basé en Norvège, les Gardiens de la Révolution (l'armée idéologique de l'Iran), ont ouvert le feu sur des manifestants à Malekshahi, tuant quatre membres de la minorité kurde.
L'ONG a dit vérifier des rapports faisant état de deux morts supplémentaires, en plus de nombreux blessés. Elle a aussi accusé les autorités d'être allées récupérer les corps des manifestants tués à l'hôpital.
L'organisation Iran Human Rights, elle aussi basée en Norvège, a également fait état de quatre morts, et trente blessés dans cette ville. En publiant des images, authentifiées par l'AFP, de ce qui paraissait être des corps ensanglantés au sol.
L'ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) affirme qu'au total, 582 personnes ont été arrêtés depuis le début du mouvement.
Samedi, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré que les revendications économiques des manifestants étaient "justes" mais que les "émeutiers" devaient être "remis à leur place".
Le mouvement est en tout cas pour l'instant de moindre ampleur que celui qui avait secoué l'Iran fin 2022 après la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée par la police des mœurs pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin.
En 2019, des manifestations avaient aussi éclaté après l'annonce d'une envolée du prix de l'essence. La contestation avait alors touché une centaine de villes, notamment Téhéran, et fait des dizaines de morts.
S.Barghouti--SF-PST