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A Londres, des manifestants dénoncent le "tapis rouge" déroulé à Trump
"Trump n'est pas le bienvenu", "Pas de tapis rouge pour la haine": quelque 5.000 personnes selon la police ont manifesté mercredi dans le centre de Londres, sous un ciel gris, contre la venue du président américain qui a entamé une visite d'Etat au Royaume-Uni.
A une quarantaine de kilomètres du château de Windsor, où Donald Trump est reçu avec les honneurs par la famille royale, les manifestants ont marché de Regent's Park jusqu'au Parlement britannique.
"Il sème la destruction et le désordre à travers le monde entier", a indiqué à l'AFP Dave Lockett, ancien enseignant de 67 ans, qui s'inquiète que les "idées véhiculées par Trump gagnent la société" britannique.
Une centaine d'organisations politiques et ONG comme Amnesty International, les Amis de la Terre, Palestine Solidarity Campaign ou Stand Up to Racism ont participé à la marche, sous haute surveillance policière avec 1.600 agents et un hélicoptère.
"J'ai observé le premier mandat de Donald Trump, avec tous les dégâts qu'il a causés, et je suis terrifié par le deuxième", déclare à l'AFP Dale Phelan, 28 ans, dont la pancarte dénonce l'existence de "camps de concentration" pour les migrants outre-Atlantique.
"Tout ce qui se passe aux Etats-Unis arrive ensuite généralement ici", ajoute-t-il, citant la promesse de Nigel Farage, à la tête du parti d'extrême droite britannique Reform UK, d'expulser jusqu'à 600.000 migrants en cinq ans s'il devenait Premier ministre.
Le président américain évite la capitale britannique et le public pour sa deuxième visite d'Etat, de mercredi à jeudi, largement à l'abri des regards.
- "Valeurs progressistes" -
"Il sait que nous protestons contre lui", et préfère "faire un petit tour triste en calèche tout seul à Windsor, avec un défilé que personne ne verra", ironisait un porte-parole de Stop Trump Coalition.
Selon un sondage YouGov/Sky publié mercredi, près de la moitié des Britanniques (45%) pensent que c'était une erreur d'inviter Donald Trump pour une deuxième visite d'Etat, et quasiment 70% d'entre eux ont une opinion défavorable du président américain.
Dans le cortège, qui avance au rythme des tambours, flottent de dizaines de drapeaux palestiniens, une pancarte accusant Trump, allié d'Israël, de "bombarder des enfants à Gaza pendant qu'il festoie au Royaume-Uni".
"Personne ne devrait l'accueillir", dénonce Yashi Sriram, doctorante de 32 ans, qui "n'en revient pas qu'on lui déroule le tapis rouge".
La manifestation de mercredi n'a pas rassemblé autant de participants que celles qui avaient été organisées lors de la première visite d'Etat du président américain, en 2019.
A cette époque, un ballon géant baptisé "Baby Trump", le caricaturant en bébé furieux en couche-culotte, avait flotté au-dessus de la capitale, avec la bénédiction du maire travailliste Sadiq Khan.
Les relations sont tendues entre l'édile et Donald Trump, qui l'a en juillet qualifié de "mauvais type".
Sadiq Khan a quant à lui appelé le gouvernement travailliste de Keir Starmer, soucieux de maintenir de bonnes relations avec le président américain, à savoir se montrer "critique" et à "dire la vérité" à Donald Trump.
"Nous sommes déterminés à faire de notre ville une forteresse contre la haine et un phare d'espoir (...), nous défendons fièrement nos valeurs progressistes" a-t-il écrit dans une tribune dans le Guardian, quelques jours après une manifestation d'extrême droite qui a rassemblé jusqu'à 150.000 personnes à Londres.
Avant son arrivée, des dizaines de manifestants anti-Trump s'étaient rassemblés à Windsor mardi pour protester contre sa venue.
Des militants de l'organisation Led by Donkeys ("Dirigés par des ânes") ont aussi projeté des images du président et du criminel sexuel Jeffrey Epstein sur une tour du château de Windsor. Quatre personnes ont été immédiatement arrêtées.
N.Shalabi--SF-PST