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Macron plaide la cause de l'Ukraine face à Trump, qui campe sur sa ligne
Trois ans jour pour jour après l'invasion par la Russie, Emmanuel Macron tente lundi de jeter un pont sur le véritable gouffre qui s'est ouvert entre Donald Trump et les Européens à propos de la guerre en Ukraine.
"Depuis trois ans, l'Ukraine se bat avec un courage qui force le respect contre un agresseur, la Russie", a écrit le président français dans un message publié sur le réseau social X, en ajoutant: "Notre soutien à l'Ukraine restera inébranlable. Je suis à Washington pour le rappeler et avancer avec le Président Trump et nos alliés."
Le président américain, lui, a publié un message sur son réseau Truth qui ne contient aucune marque de sympathie particulière pour l'Ukraine, ni de condamnation de la Russie.
Il y affirme mener des "solides discussions" avec le président russe Vladimir Poutine pour mettre fin à la guerre et conclure des accords économiques "majeurs" entre les Etats-Unis et la Russie.
Donald Trump y répète que s'il avait été président en 2022, la guerre n'aurait jamais commencé et répète qu'il va "récupérer" le montant de l'aide américaine fournie à l'Ukraine sous la forme d'un accord portant sur l'accès aux matières premières ukrainiennes, lequel pourrait être signé "très bientôt".
- ONU -
En parallèle de la rencontre à Washington, les Américains et les Européens ont engagé un bras de fer à l'ONU.
Les Etats-Unis, comme la Russie, ont voté contre une résolution adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU, réaffirmant son soutien à l'Ukraine et à son intégrité territoriale.
Le président français a déjà participé lundi matin depuis le Bureau ovale, avec son homologue américain, à une visioconférence des dirigeants du G7 (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, Japon, Allemagne, Italie).
En quittant les lieux à pied, il a assuré avoir été reçu de manière "très amicale".
Le président français veut présenter au milliardaire républicain des "propositions d'action" pour conjurer la "menace russe" en Europe et garantir une "paix durable" qui ne vire pas au diktat pour les Ukrainiens.
Il a été accueilli de manière solennelle à la Maison Blanche pour un entretien en tête-à-tête, qui doit se poursuivre par un déjeuner et une conférence de presse conjointe, prévue à 14H00 (19H00 GMT).
A voir si Emmanuel Macron et Donald Trump échangeront alors l'une de ces poignées de main prolongées et très vigoureuses qui ont fait la joie des médias lors de précédentes entrevues.
- "Résistance" -
Plusieurs dirigeants étrangers se sont eux réunis lundi dans la capitale ukrainienne pour manifester leur solidarité aux côtés de Volodymyr Zelensky, lequel a salué "trois ans de résistance".
Rompant avec la politique de soutien massif à Kiev de son prédécesseur Joe Biden, Donald Trump a décidé que son interlocuteur privilégié serait le président russe Vladimir Poutine, tout en accablant le chef d'Etat ukrainien.
Trois ans après avoir tenté, en vain, de dissuader Vladimir Poutine de passer à l'attaque, Emmanuel Macron se lance auprès du président américain dans une mission tout aussi incertaine.
Il vient à Washington en porte-parole des Européens, membres de l'UE ou de l'Otan, après avoir échangé avec la quasi-totalité de leurs dirigeants.
Emmanuel Macron veut convaincre son homologue américain, qui n'a jamais caché sa fascination pour les dirigeants autoritaires, que la Russie constitue une "menace existentielle" et que Vladimir Poutine "ne respectera pas" forcément un cessez-le-feu.
Le président français cherchera le bon registre psychologique face à un interlocuteur qui applique aux affaires diplomatiques les méthodes brutales de l'homme d'affaires qu'il fut, et qui rejette en bloc toute politique étrangère guidée par la défense des valeurs démocratiques.
Emmanuel Macron s'est en particulier coordonné avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, attendu à son tour jeudi à Washington.
Londres et Paris travaillent sur le déploiement d'une force européenne en Ukraine, une fois un accord de paix conclu, afin de dissuader la Russie d'attaquer une nouvelle fois. Les deux capitales espèrent en contrepartie de "solides garanties de sécurité" américaines.
M.AlAhmad--SF-PST