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L'aide humanitaire va entrer dans Gaza, assure Israël après la visite de Biden
L'aide humanitaire va entrer dans la bande de Gaza, privée de tout depuis près de dix jours, a assuré mercredi Israël, à l'issue d'une visite à haut risque du président américain Joe Biden, au lendemain d'une frappe meurtrière sur un hôpital de Gaza qui a soulevé un vent de colère au Moyen-Orient.
Venu en personne soutenir son allié meurtri par l'attaque sanglante lancée le 7 octobre par le Hamas palestinien, M. Biden a aussi repris à son compte la version donnée par l'armée israélienne sur cette frappe, qui accuse le Jihad islamique, une autre organisation palestinienne.
"Sur la base des informations que nous avons eues jusqu'à maintenant, il semble que (la frappe) soit le résultat d'une roquette hors de contrôle tirée par un groupe terroriste à Gaza", a déclaré Joe Biden.
Le Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza, a accusé Israël d'être l'auteur de cette frappe, tout comme l'Iran et de nombreux pays arabes, où des milliers de manifestants sont descendus mardi dans la rue pour dénoncer les "crimes sionistes".
- "Nourriture, eau et médicaments" -
"Israël n'empêchera pas l'aide humanitaire depuis l'Egypte tant qu'il s'agit de nourriture, d'eau et de médicaments pour la population civile dans le sud de la bande de Gaza", a confirmé ensuite un communiqué du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Israël a toutefois mis une condition. Cette aide ne transitera pas par son territoire, tant que les otages détenus par le Hamas palestinien ne seront pas libérés. Le mouvement palestinien affirme détenir entre 200 et 250 otages, au moins 199 otages, selon Israël.
Leur libération est d'une "absolue priorité", a affirmé le président américain, à l'issue de sa rencontre avec M. Netanyahu.
Plus de 1.400 personnes ont été tuées en Israël, la plupart des civils, le jour de l'attaque, qui est la plus meurtrière ayant visé Israël depuis sa création, en 1948.
En représailles, Israël bombarde sans relâche le petit territoire surpeuplé de Gaza, où au moins 3.478 personnes ont été tuées, en majorité des civils palestiniens, selon les autorités locales, qui ne précisent pas si ce bilan prend aussi en compte celui des victimes de l'hôpital Ahli Arab de Gaza.
- "Davantage de tragédie" -
Joe Biden a assuré qu'il travaillerait avec Israël pour éviter "davantage de tragédie" aux civils, au douzième jour de la guerre, et alors que la situation dans la bande de gaza, un petit territoire de 362 km2 est "incontrôlable", selon l'Organisation mondiale de la santé.
Des dizaines de camions remplis d'aide internationale attendent en Egypte depuis des jours de rentrer à Gaza au point de passage de Rafah, le seul qui ne soit pas contrôlé par Israël. Ce point de passage était toujours fermé mercredi soir, ont constaté des journalistes de l'AFP.
L'eau et la nourriture manquent pour les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza, privés aussi d'électricité, après le siège imposé par Israël depuis le 9 octobre au petit territoire, pauvre et exigu, de 362 km2, déjà soumis à un blocus terrestre, maritime et aérien depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007.
La frappe mardi soir sur l'hôpital Ahli Arab, dans le centre de Gaza, a fait au moins 471 morts parmi des déplacés du conflit qui s'abritaient dans l'enceinte de l'établissement, a indiqué de son côté le ministère de la Santé du territoire palestinien.
Le tir a suscité de multiples condamnations et des manifestations de colère notamment au Caire, à Téhéran, Amman, Istanbul, Tunis ou à Beyrouth.
- "Preuves" -
Israël a affirmé mercredi avoir des "preuves" de la responsabilité du Jihad islamique dans la frappe sur l'hôpital.
"Les preuves, que nous partageons avec vous tous, confirment que l'explosion dans un hôpital de Gaza a été causée par le tir d'une roquette du Jihad islamique ayant échoué", a déclaré le porte-parole de l'armée Daniel Hagari.
Selon le Jihad islamique, un groupe allié du Hamas, classé comme lui organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, c'est une bombe larguée par un avion de l'armée israélienne qui a causé la tragédie.
"Nous étions en train d'opérer dans l'hôpital, il y a eu une forte explosion et le plafond est tombé sur la salle d'opération. C'est un massacre", a témoigné le Dr Ghassan Abu Sittah, de l'ONG Médecins sans frontières.
Dans une video authentifiée par l'AFP, on voit des flammes s'élever dans la nuit de ce qui semble être la cour d'un bâtiment. Dans l'enceinte de l'hôpital Ahli Arab, un photographe de l'AFP a vu mercredi des véhicules carbonisés, des débris jonchant le sol et une ambulance détruite avec le nom de l'hôpital.
"J'ai vu une énorme boule de feu, l'endroit entier était en feu, des cadavres étaient projetés partout, des enfants, des femmes et des personnes âgées", raconte Adnan al-Nagah, 37 ans, qui s'était abrité avec sa famille dans l'hôpital et a échappé de peu à la mort.
- "Journée de colère" -
Des milliers de personnes ont manifesté mercredi en soutien aux Palestiniens au Caire, près de l'ambassade d'Israël à Amman, et à Tunis devant l'ambassade de France, l'un des pays accusés d'être des "alliés des sionistes" dans cette guerre.
Des Palestiniens ont aussi manifesté en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, aux cris de "Libérez, libérez la Palestine".
Alors que l'armée israélienne a déployé des dizaines de milliers de soldats autour du territoire palestinien et le long de la frontière avec le Liban, près de 500.000 civils israéliens ont aussi été évacués pour les éloigner des zones de combat, selon l'armée.
Des habitants de villes proches de la bande de Gaza s'organisent pour faire face à la guerre, alors que des roquettes sont encore quotidiennement tirées sur Israël.
La tension est forte aussi à la frontière avec le Liban, où les échanges de tirs sont quotidiens entre l'armée israélienne et le Hezbollah libanais, ainsi qu'en Cisjordanie où au moins 61 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre, selon les autorités locales.
V.Said--SF-PST