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A son dernier jour, la COP28 bien partie pour jouer les prolongations
La COP28, censée se terminer mardi, semble bien partie pour jouer les prolongations alors qu'un compromis sur les énergies fossiles est encore loin de se dégager à Dubaï, le dernier projet d'accord mis sur la table étant jugé par beaucoup trop faible pour répondre à la crise climatique.
La présidence émiratie de la grande conférence des Nations Unis sur le climat avait proposé lundi un nouveau texte, susceptible d’accommoder les pays pétroliers emmenés par l'Arabie saoudite mais aussitôt jugé loin d'être assez ambitieux par les Européens, les Américains ou encore les Etats insulaires.
Le document proposé par Sultan Al Jaber, président de la COP28 et également patron de la compagnie pétrogazière émiratie Adnoc, laisse toute latitude aux pays pour choisir leur manière de "réduire" des énergies fossiles.
Ce document de 21 pages ne fixe plus aucun objectif commun de "sortie" du pétrole, du gaz et du charbon, pourtant envisagé dans les versions antérieures.
C'est "une insulte pour ceux d'entre nous qui sont venus ici pour se battre pour leur survie", selon le militant.
- "Jusqu'à la fin" -
Mardi matin, diplomates et ministres usés par les nuits sans sommeil cherchaient comment faire avancer les pourparlers.
Un nouveau texte, fruit d'échanges nocturnes au 13e jour du sommet, est espéré dans la journée de mardi, selon des délégués. Mais le pari de Sultan Al Jaber d'obtenir un accord historique à 11H00 (07H00 GMT), jour anniversaire de l'accord de Paris, est désormais perdu.
La COP28 semble donc bien partie pour jouer les prolongations, comme c'est souvent le cas pour ces conférences. Une mauvaise nouvelle pour les négociateurs épuisés et pour les petites délégations, qui n'ont pas toujours les moyens de prolonger leur séjour.
Une représentante des îles Marshall a cependant confié à l'AFP avoir l'intention de rester "jusqu'à la fin".
"Nous sommes préparés à rester un peu plus longtemps", a aussi assuré la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock.
Il reste désormais à tenter de trouver une formule susceptible de satisfaire des pays aux vues divergentes. Une minorité de pays producteurs d'hydrocarbures, emmenés par l'Arabie saoudite, s'oppose à toute formulation ciblant explicitement la principale source de leurs revenus.
L'Union européenne juge de son côté le projet "insuffisant" et les Etats-Unis appellent à "substantiellement" le renforcer.
ONG et experts dénoncent un projet énumérant des options non contraignantes, une "liste de courses" ou un "menu à la carte" mettant sur le même pied le développement du solaire de l'éolien, du nucléaire, de l'hydrogène ou celui des techniques de captage de carbone.
Balbutiantes, ces dernières sont plébiscitées par l'industrie fossile et les pays producteurs, Arabie saoudite en tête, mais n'auront qu'un faible impact dans la décennie cruciale en cours.
- "Ouverture" -
"Je suis surpris par le manque d'ambition", confie encore un négociateur occidental.
Mais une source à la présidence émiratie de la COP28 juge que cela fait partie du jeu des négociations: "C'est un mouvement d'ouverture", observe-t-elle, dans une comparaison au jeu d'échecs.
"Nous avons fait des progrès mais nous avons encore beaucoup à faire", a admis Sultan Al Jaber qui cherche le point d'équilibre entre l'Arabie saoudite et ses alliés, face à la centaine de pays en faveur de la sortie des énergies fossiles.
Les yeux sont également tournés vers la Chine et les Etats-Unis, les deux premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre (41% à eux deux).
En novembre, les deux puissances s'étaient accordées pour éviter de parler de "sortie" des énergies fossiles mais soulignaient le rôle des énergies renouvelables pour les remplacer progressivement.
Des progrès sur les objectifs énergétiques sont aussi suspendus aux avancées parallèles d'autres textes négociés, notamment sur l'adaptation aux conséquences du réchauffement climatique et sur l'aide financière aux pays développements, cruciaux pour convaincre le Sud d'accepter un accord.
G.AbuHamad--SF-PST