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L'Australie va porter ses dépenses de défense à 3% de son PIB
L'Australie va porter ses dépenses de défense à 3% de son produit intérieur brut (PIB) en 2033 contre environ 2% précédemment, dans un contexte de multiplication des conflits dans le monde, et de pression répétée des Etats-Unis pour que leurs alliés augmentent leur dépenses militaires.
"Les normes internationales qui, autrefois, limitaient le recours à la force et à la coercition militaire continuent de s'éroder", a déclaré jeudi le ministre de la Défense australien Richard Marle, détaillant une hausse des investissements dans les missiles, les drones et les armes guidées.
"Aujourd'hui, le nombre de pays impliqués dans des conflits est plus élevé qu'à aucun autre moment depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et ce phénomène touche toutes les régions du monde", a-t-il ajouté.
Fixé en 2024, le précédent objectif de Canberra pour ses dépenses de défense était de 2,3% du PIB en 2033. Des dépenses militaires supplémentaires de 53 milliards de dollars australiens (32,2 milliards d'euros) sont prévues sur la prochaine décennie, a indiqué le ministre.
Sur les quatre prochaines années, les dépenses devraient déjà augmenter de 14 milliards de dollars australiens (8,5 milliards d'euros).
Pour atteindre cet objectif de 3% du PIB, l'Australie a toutefois modifié son mode de calcul du budget de la défense afin de s'aligner sur la définition de l'Otan, qui inclut des éléments tels que les pensions militaires et les renseignements.
Ce renforcement des dépenses militaires reste inférieur au niveau de 3,5% du PIB que le sécrétaire américaine à la Défense Pete Hegseth avait demandé à Canberra l'an dernier.
- Renforcement chinois -
Inquiète du renforcement de la marine chinoise, l'Australie a entrepris une modernisation de sa défense ces dernières années dans le but de dissuader un potentiel adversaire arrivant du nord.
Elle a conclu en 2021 le partenariat de défense Aukus avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni notamment pour s'équiper, au cours de la prochaine décennie, de sous-marins à propulsion nucléaire.
Richard Marles a souligné qu'en 2026, l'Australie donnerait la priorité au renforcement de son autonomie militaire, sans renoncer à son alliance avec les États-Unis, qu’il a qualifiée de "fondamentale".
"Il n’y a pas d'équilibre des pouvoirs efficace dans l’Indo-Pacifique sans la présence continue des États-Unis", a-t-il martelé.
Les dépenses pour développer un système de défense antimissile vont s'accélérer, atteignant jusqu'à 30 milliards de dollars australiens (18,3 milliards d'euros) au cours de la prochaine décennie, tandis que 36 milliards de dollars australiens (21,9 milliards d'euros) seront consacrés à la production locale de missiles guidés.
L'Australie va consacrer jusqu'à 5 milliards de dollars australiens (3 milliards d'euros) de nouveaux financements aux drones, pour adapter sa défense aux nouvelles formes de combats, comme celles vues au Moyen-Orient, avait indiqué dès mardi le minstre.
L'immense littoral de l'Australie et sa faible population ont poussé le pays à développer des sous-marins et drones aériens de combat autonomes, Ghost Shark et Ghost Bat.
C'est la lieutenant-général Susan Coyle, une femme dotée d'une expertise en matière de cyberguerre qui doit prendre la tête de l'armée australienne, une première depuis sa création il y a 125 ans, a annoncé lundi le ministre de la Défense M. Marles.
Q.Najjar--SF-PST