Sawt Falasteen - Tema’s Cake : De la banlieue parisienne à Dubaï, le succès de Fatima Aouad

Tema’s Cake : De la banlieue parisienne à Dubaï, le succès de Fatima Aouad
Tema’s Cake : De la banlieue parisienne à Dubaï, le succès de Fatima Aouad

Tema’s Cake : De la banlieue parisienne à Dubaï, le succès de Fatima Aouad

De la banlieue parisienne à Dubaï, Fatima Aouad, connue sous le nom de Tema, a bâti un empire de pâtisseries en trompe-l'œil. Fondatrice de Tema’s Cake, elle propose des créations artistiques à prix accessibles, employant plus d'une centaine de personnes et démocratisant l'art du gâteau haut de gamme.

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Fatima Aouad, mieux connue sous le nom de Tema, a transformé sa passion pour la pâtisserie en une entreprise prospère qui s'étend désormais des banlieues parisiennes aux Émirats arabes unis. Fondatrice de la marque Tema’s Cake, cette Franco-Algérienne de 40 ans est devenue une figure incontournable des réseaux sociaux grâce à ses créations visuellement saisissantes, vendues à des tarifs bien inférieurs à ceux de la haute pâtisserie parisienne.

Le parcours de Tema n'a rien d'une évidence. Née en Algérie, elle arrive en France à l'âge de quinze ans. Après un cursus scolaire difficile, elle s'oriente vers l'esthétique, un domaine qui attire sa sensibilité. Cependant, en 2013, après avoir décidé de porter le voile, elle rencontre des obstacles majeurs pour trouver un emploi dans ce secteur. C'est alors que sa passion initiale refait surface. « Avant, c’était soit l’esthétique, soit la pâtisserie. J’aimais beaucoup la beauté, donc je me suis dirigée vers l’esthétique. Mais par la suite, j’ai compris que c’était davantage la pâtisserie qui m’intéressait », explique-t-elle. Elle se remémore ses débuts aux côtés de sa mère : « J’adorais pâtisser avec ma maman, c’est avec elle que j’ai commencé. J’ai alors commencé mon business dans ma cuisine ».

Dix ans plus tard, cette passion domestique engendre un phénomène viral. Tema conquiert le public francilien avec des gâteaux colorés et des cupcakes qui imitent fidèlement des objets du quotidien ou de la nature, à l'image des créations du célèbre pâtissier Cédric Grolet. La différence réside dans le prix : si les œuvres de Grolet se négocient entre 17 et 25 euros, celles de Tema sont proposées à 8 euros. « J’ai essayé de cibler une clientèle modeste, qui n’a pas forcément les moyens de s’offrir de beaux gâteaux », justifie Fatima Aouad. Pour elle, le plaisir de la pâtisserie ne doit pas être réservé aux budgets élevés.

Cette philosophie d'accessibilité a permis à Tema’s Cake de se développer rapidement. Depuis l'ouverture de sa première boutique à Aulnay-sous-Bois en 2019, sept autres adresses ont vu le jour dans toute la région Île-de-France. Chaque nouvelle ouverture génère une affluence massive, les clients venant des heures à l'avance pour goûter ses créations. Derrière cette réussite se cache un travail acharné. « Environ 90 % des idées viennent de moi. Après, je travaille avec mes équipes pour leur expliquer comment faire, on teste ensemble et on ajuste », détaille la fondatrice. Elle passe son temps à imaginer des nouveautés, s'inspirant de ses voyages et de son environnement. « Je peux prendre une feuille et un stylo en pleine nuit pour dessiner certaines choses. Je dors peu et je réfléchis beaucoup ».

Aujourd'hui, l'aventure a dépassé les frontières françaises. Fatima Aouad vit à Dubaï depuis trois ans, où elle a ouvert un laboratoire permettant d'expédier ses créations dans les Émirats. L'entreprise emploie désormais plus d'une centaine de personnes, incluant des commis et des chefs pâtissiers, dont beaucoup n'ont pas de diplômes officiels. Cette expansion internationale marque l'aboutissement d'un parcours entrepreneurial qui a su allier créativité, qualité et accessibilité pour démocratiser un art souvent perçu comme élitiste.

S.Barghouti--SF-PST