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Séisme en Turquie et Syrie: plus de 28.000 morts, des personnes encore sauvées des décombres
Les secouristes ont continué samedi de retirer des personnes vivantes des décombres - dont un bébé de sept mois - cinq jours après le puissant séisme qui a tué plus de 28.000 personnes et fait des millions de sans-abris en Turquie et en Syrie.
Mais une situation sécuritaire difficile a conduit l'armée autrichienne a annoncer la suspension de ses opérations de sauvetage dans les zones turques affectées.
"Il y a eu des agressions entre des groupes", a déclaré à l'AFP un porte-parole à Vienne, sans plus de détails.
Une décision similaire a été prise en Allemagne par l'Agence fédérale pour le secours technique (THW), ainsi que par l'ONG I.S.A.R. Germany, spécialisée dans l'assistance aux victimes de catastrophes naturelles, selon un porte-parole de l'ONG.
Selon un tweet de l'ambassade de Turquie à Vienne, "l'équipe autrichienne ne rencontre actuellement aucun problème de sécurité".
- "J'ai le coeur brisé" -
Le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, est quant à lui arrivé dans la ville syrienne d'Alep, durement frappée par le séisme.
"J'ai le cœur brisé en voyant les conditions auxquelles les survivants sont confrontés - un temps glacial et un accès extrêmement limité aux abris, à la nourriture, à l'eau, au chauffage et aux soins médicaux", a-t-il tweeté
D'après les derniers bilans officiels, le tremblement de terre d'une magnitude de 7,8 a fait au moins 28.191 morts: 24.617 en Turquie et 3.574 en Syrie.
L'OMS estime que 26 millions de personnes dans les deux pays pourraient avoir été touchées, dont environ cinq millions de personnes vulnérables", et a lancé samedi un appel urgent pour collecter 42,8 millions de dollars.
Les organisations humanitaires s'inquiètent particulièrement de la propagation du choléra, réapparu en Syrie.
Le gouvernement syrien a autorisé vendredi "l'acheminement des aides humanitaires à l'ensemble" du pays - y compris les zones tenues par les rebelles - où 5,3 millions de personnes risquent de se retrouver sans abri.
Un point de passage a par ailleurs été ouvert entre la Turquie et l'Arménie, pour la première fois depuis 35 ans, pour permettre l'arrivée d'aide humanitaire.
- "Le monde est-il là?"-
En Turquie, malgré le froid glacial, un petit garçon de sept mois, Hamza, a été retiré vivant des décombres, 140 heures après le séisme dans la province de Hatay (sud), a rapporté samedi soir l'agence de presse IHA. Une fillette de deux ans, Asya, a également pu être sauvée dans cette même province, selon des médias turcs.
Des sauveteurs ont également retiré vivante des décombres une femme de 70 ans, Mnekse Tabak, dans la province turque de Kahramanmaras, au milieu des applaudissements" et des cris "Allah est grand", selon une vidéo diffusée par la chaîne publique TRT Haber. "Le monde est-il là?", a-t-elle demandé en revenant au jour.
Dans le sud du pays, il a fallu avoir recours à des morgues improvisées sur les parkings, dans les stades ou les gymnases, où des familles angoissées cherchent leurs morts.
Selon l'agence turque chargée des catastrophes naturelles, près de 32.000 personnes sont mobilisées pour les opérations de recherche et de secours, ainsi que plus de 8.000 secouristes étrangers. Plus de 25.000 militaires turcs se trouvent également dans les régions sinistrées, selon le ministre de la Défense Hulusi Akar.
- Arrestations -
Par ailleurs, les médias turcs ont annoncé l'arrestation d'une douzaine d'entrepreneurs, principalement dans la région de Sanliurfa, l'une des plus touchées.
L'effondrement brutal des bâtiments, qui trahit leur médiocre construction et n'ont laissé pratiquement aucune chance à leurs résidents, suscite la colère dans le pays.
Quarante-huit personnes ont également été arrêtées pour pillage dans les provinces sinistrées, a rapporté samedi l'agence de presse officielle Anadolu. Elles étaient en possession d'importantes sommes d'argent, de téléphones portables, d'ordinateurs, d'armes, ainsi que de bijoux et de cartes bancaires.
Les pillards ont notamment fait leur apparition à Antakya, dans le sud du pays. "On surveille nos maisons, nos voitures, raconte Aylin Kabasakal à l'AFP. Les pillards pillent aussi les maisons. Je ne sais que dire, on est détruit, en état de choc, c'est un cauchemar".
Si l'aide humanitaire de l'étranger afflue en Turquie, l'accès à la Syrie en guerre, dont le régime est sous le coup de sanctions internationales, s'avère plus compliqué.
"Le Conseil des ministres a accepté l'acheminement des aides humanitaires à l'ensemble" du territoire syrien, "dont les zones hors du contrôle de l'Etat", a annoncé le gouvernement syrien.
Damas a précisé que la distribution de l'aide devrait être "supervisée par le Comité international de la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge syrien", avec l'appui de l'ONU.
Jusque-là, la quasi-totalité de l'aide fournie aux zones rebelles transitait au compte-gouttes, à partir de la Turquie par le point de passage de Bab al-Hawa, le seul actuellement garanti par les Nations Unies.
burs-mlb/cr/ia/cls/am
O.Mousa--SF-PST