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Ukraine: Poutine dénonce les provocations américaines, parle avec Biden
L'appel entre Joe Biden et Vladimir Poutine a débuté samedi, juste après que le président russe a dénoncé des accusations "provocatrices" des Etats-Unis qui martèlent, malgré les dénégations russes et les appels au calme ukrainiens, qu'une invasion de l'Ukraine pourrait être imminente.
De nombreux pays occidentaux ont demandé à leurs ressortissants de quitter le territoire ukrainien et ajoutant à l'inquiétude, Moscou a annoncé y réduire son personnel diplomatique.
L'invasion russe est présentée comme étant potentiellement une question de jours par la Maison Blanche, car la Russie a déployé plus de 100.000 hommes aux frontières ukrainiennes, et mène aussi des manoeuvres en mer Noire et au Bélarus, encerclant de facto son voisin pro-occidental.
Occidentaux et Russes poursuivent le dialogue mais le ton reste à la confrontation, les premiers voulant arracher un signe de désescalade à la Russie, qui réclame, elle la fin de l'expansion de l'Otan et du soutien à l'Ukraine, y voyant des "garanties de sécurité" non-négociables.
MM. Biden et Poutine ont commencé leur entretien vers 16H00 GMT.
Lors d'une conversation téléphonique dans l'après-midi avec le président français Emmanuel Macron, Vladimir Poutine a dénoncé "les spéculations provocatrices quant à une prétendue +invasion russe+ de l'Ukraine".
Il aussi critiqué les "livraisons d'ampleur d'armements modernes" à son voisin, estimant qu'elles créaient "les conditions préalables à de possibles actions agressives des forces ukrainiennes" dans l'Est de l'Ukraine où la Russie soutient depuis huit ans des séparatistes armés.
M. Macron a averti lui son homologue qu'un "dialogue sincère n'était pas compatible avec une escalade" militaire, tout en assurant que les deux dirigeants voulaient "poursuivre le dialogue" sur "la sécurité et de la stabilité en Europe" et la paix en Ukraine.
Il a redit la "détermination à réagir" des Occidentaux en cas d'opération militaire, et qu'il allait poursuivre ses efforts diplomatiques en appelant ce samedi Joe Biden ainsi que le chancelier allemand Olaf Scholz et le président ukrainien Volodymyr Zelensky
L'entretien intervenait après leur rencontre lundi à Moscou, à l'issue de laquelle le Français avait estimé avoir réussi à "avancer" pour faire baisser la tension.
- Pas de panique -
L'ambassade américaine à Kiev a ordonné samedi le départ de l'essentiel de son personnel, relevant qu'une offensive russe pouvait "commencer à tout moment et sans avertissement". Quelque 160 soldats américains qui entraînaient les forces ukrainiennes doivent aussi partir.
Vendredi, la Maison Blanche avait dit qu'une offensive russe dans les jours à venir était une "possibilité très, très réelle", à l'issue d'une rencontre virtuelle de dirigeants occidentaux dont Washington a salué l'unité face à Moscou.
M. Zelensky a pour sa part une nouvelle fois jugé les déclarations américaines trop alarmistes.
"Toutes ces informations (quant à une éventuelle attaque) ne font que provoquer la panique et ne nous aident pas", a-t-il dit.
A Kiev, des milliers de manifestants ont défilé samedi, disant refuser de céder à la panique justement, même s'ils prennent la menace au sérieux.
"La panique, ça sert à rien. Il faut s'unir et lutter pour notre indépendance", déclare l'étudiante Maria Chtcherbenko, tenant une pancarte "Je reste calme. J'aime l'Ukraine".
- Appels au départ -
La liste des pays appelant leurs ressortissants à partir ne cesse elle de s'allonger, avec notamment les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Canada, la Norvège ou encore l'Australie, le Japon et Israël. La compagnie aérienne KLM a annoncé samedi la suspension jusqu'à nouvel ordre des vols vers l'Ukraine.
Moscou a aussi rappelé une partie de son personnel diplomatique, affirmant craindre des "provocations" adverses.
Ajoutant aux tensions, la Russie a lancé samedi de nouvelles manoeuvres navales en mer Noire pour s'exercer à "défendre" la Crimée, péninsule annexée en 2014. Le ministère de la Défense a par ailleurs affirmé que la marine russe avait chassé un sous-marin américain de ses eaux dans l'océan Pacifique samedi.
Les pourparlers des derniers jours n'ont donc pas permis de désamorcer les tensions, même si la rencontre entre MM. Macron et Poutine lundi a constitué une lueur d'espoir et que le chancelier allemand Olaf Scholz doit reprendre le flambeau, en allant à Kiev lundi et à Moscou mardi.
Les Occidentaux excluent d'engager leurs armées en cas de guerre, mais ont prévu des représailles économiques dévastatrices.
Cette crise est, selon les Occidentaux, la plus dangereuse en Europe depuis la fin de la Guerre froide, accusant la Russie de vouloir réimposer sa volonté aux pays ayant quitté sa sphère d'influence.
La Maison Blanche a déjà esquissé le scénario de l'offensive russe, évoquant de probables " bombardements aériens et des tirs de missiles" et un assaut possible contre la capitale Kiev.
Vendredi, le Kremlin a relevé que des discussions réunissant des représentants de la Russie, de l'Ukraine, de l'Allemagne et de la France n'avaient produit "aucun résultat" quant au conflit au Donbass qui oppose depuis 2014 des séparatistes appuyés par Moscou à l'armée ukrainienne qui a fait plus de 14.000 morts.
burs-alf/neo/oaa
U.AlSharif--SF-PST