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Séoul et Washington écourtent leurs exercices militaires après les critiques de Trump
Les exercices militaires conjoints lancés lundi par Séoul et Washington ont été écourtés mercredi de six jours après que Donald Trump les a vivement critiqués, le Pentagone assurant toutefois préserver les "objectifs" militaires américains.
Dimanche, Donald Trump avait pris son proche allié sud-coréen de court en estimant que ces exercices annuels adressaient "un signal totalement inapproprié et hostile" à la Corée du Nord.
Invoquant sa "très bonne relation" avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, il avait annoncé une réduction "considérable" de la participation des Etats-Unis à ces manœuvres annuelles destinées à simuler des combats contre des troupes de Pyongyang.
Les résultats ne se sont pas fait attendre et l'armée sud-coréenne a annoncé mercredi que ces manoeuvres, qui devaient initialement durer jusqu'au 27 août, prendraient finalement fin dès vendredi.
Ce changement de pied constitue un revers de taille pour Séoul, allié historique des Etats-Unis. Un responsable militaire sud-coréen a reconnu auprès de l'AFP que cette décision était "inhabituelle".
Dans un communiqué, l'état-major interarmé sud-coréen a indiqué "ajuster la durée de l'exercice UFS" à la suite d'une "suggestion de la partie américaine".
- "Condition préalable" -
Le Pentagone a toutefois assuré mercredi que ces ajustements "préservent les objectifs essentiels en matière de préparation et d'entraînement".
"Il n'y aura aucune réduction des objectifs d'entraînement américains", a assuré le commandement militaire américain.
Les Etats-Unis entretiennent un contingent de 28.500 militaires en Corée du Sud, un de leurs principaux déploiements en Asie.
Une certaine partie d'entre eux devait être mobilisée aux côtés de 18.000 militaires sud-coréens pour ces exercices nommés Ulchi Freedom Shield (UFS).
Les manoeuvres de cette année sont placées sous le signe de l'expérience acquise par l'armée nord-coréenne en matière de techniques de guerre moderne aux côtés de la Russie sur le front ukrainien.
M. Trump s'est régulièrement targué de sa proximité avec Kim Jong Un, qu'il a rencontré à trois reprises lors de son premier mandat à la Maison Blanche.
Le Wall Street Journal rapporté mardi, en citant des responsables américains, que Donald Trump faisait pression sur ses collaborateurs pour qu'une nouvelle rencontre ait lieu cet automne.
"La suspension des exercices conjoints a toujours été une condition préalable pour que la Corée du Nord s'engage dans un dialogue avec les Etats-Unis", a observe pour l'AFP Park Won-gon, professeur à l'université Ewha.
Aussi, cette "réduction pourrait avoir un impact positif" en ce sens, estime-t-il.
Interrogé en début de semaine sur un éventuel retour favorable de Kim Jong Un à sa volonté affichée de le ménager, M. Trump a répondu "oui, il l'a fait", sans cependant dire clairement s'ils avaient eu une conversation.
Mercredi, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a répété que les manoeuvres "posent la menace la plus immédiate et la plus franche" à la Corée du Nord ainsi qu'à la "sécurité régionale".
- "Neutraliser les menaces" -
Ces manoeuvres annuelles irritent systématiquement la Corée du Nord, pays fermé qui détient l'arme nucléaire et est techniquement toujours en guerre avec le Sud, puisque les deux parties de la péninsule n'ont pas signé de traité de paix à l'issue de leur conflit de 1950-1953.
Pyongyang avait procédé à des essais de missiles à l'approche de ces opérations.
La finalité de ces exercices n'est pas de "traiter une entité spécifique comme un adversaire mais de préserver, en sécurité et en paix, les vies quotidiennes de la population", avait voulu rassurer mardi le président sud-coréen Lee Jae Myung, cité par ses services.
Pyongyang a toutefois répété mercredi, via KCNA, entendre fair valoir son "droit à l'autodéfense pour neutraliser les menaces militaires de forces hostiles".
Dans ce contexte, la Chine, un des principaux alliés de Pyongyang, a confirmé mercredi une que son ministre des Affaires étrangères Wang Yi rencontrerait jeudi à Séoul le président Lee.
Pékin a par le passé régulièrement affiché sa volonté de tempérer son allié nord-coréen, mais Pyongyang joue de plus en plus de ses liens renforcés avec Moscou, selon les observateurs.
K.AbuDahab--SF-PST