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Incendies en Indonésie : pollution "très élevée" à Singapour, écoles fermées au Timor oriental
La pollution de l'air due à la fumée toxique issue des incendies qui dévorent l'Indonésie a atteint un niveau "très élevé" à Singapour mercredi, conduisant dans le même temps le Timor oriental à fermer ses écoles pour trois jours.
Depuis des mois, l'Indonésie lutte contre des incendies qui ont ravagé de vastes étendues de forêts et de tourbières à Bornéo, Sumatra et en Papouasie, propageant une fumée toxique en Malaisie voisine ainsi qu'à Singapour et désormais au Timor oriental.
Mercredi, la pollution atmosphérique dans l'ouest de Singapour a atteint un niveau "très élevé", a indiqué l'agence locale de l'environnement.
Dans la partie occidentale de la cité-État, les concentrations de particules fines, capables de pénétrer dans le sang et les poumons, ont atteint 288 microgrammes par mètre cube, dépassant largement les limites recommandées par l'Organisation mondiale de la santé.
L'Indonésie lutte régulièrement contre des feux de forêt durant la saison sèche qui se termine bientôt.
Mais les incendies se sont intensifiés cette année en raison d'un puissant phénomène météorologique El Niño.
Toutefois, les experts soulignent que les facteurs humains jouent également un rôle crucial, notamment le défrichement par brûlis et des décennies de dégradation forestière.
- "Protection respiratoire" -
Plus à l'est, le Timor oriental, voisin de l'Indonésie, a décidé de fermer ses écoles pour trois jours à compter de jeudi, en raison de la dégradation de la qualité de l'air.
Les ministères de l'Éducation et de l'Administration publique ont décidé de "suspendre temporairement les activités d'enseignement en présentiel" pour trois jours afin de "protéger la santé des élèves, des enseignants et des autres membres de la communauté éducative", a indiqué le gouvernement.
Les autorités de l'un des pays les plus pauvres d'Asie du Sud-Est ont exhorté les familles à garder les enfants à l'intérieur et à utiliser une "protection respiratoire" en cas de sortie.
À Singapour, le gouvernement a déclenché lundi, pour la première fois depuis 2015, des dispositifs permettant aux citoyens de bénéficier de soins à prix abordables pour les problèmes de santé liés à cette pollution atmosphérique.
Le dispositif, nommé HSS, réduit notamment le coût des frais médicaux pour ces affections à 10 dollars singapouriens (7 euros), ramené à 5 dollars pour les plus de 67 ans, selon le ministère de la Santé, soit une fraction du prix habituel d'une consultation.
La cité-État a également commencé à distribuer des masques N95 aux résidents éligibles lorsque la pollution atteint des niveaux très malsains.
Le Congrès national des syndicats de Singapour a annoncé lundi que les travailleurs des transports publics et les livreurs pourraient recevoir gratuitement des masques N95, mais l'AFP a constaté que l'entrée en vigueur de cette mesure était lente.
"C'est un peu inconfortable de porter un masque et, pour certaines commandes, nous devons faire le tour du pâté de maisons à pied ou nous garer à l'extérieur", a déclaré à l'AFP un livreur qui a donné pour seul prénom Daniel.
- Maisons détruites -
En Indonésie, des dizaines de milliers de personnes ont été victimes d'affections respiratoires aiguës liées à la pollution causée par les incendies.
Sur l'île de Bangka Belitung, au sud-est de la grande île de Sumatra, un incendie de forêt qui s'est déclenché samedi a détruit près de 300 maisons et forcé un millier de villageois à évacuer.
Le président Prabowo Subianto a ordonné lundi au gouvernement de déployer un maximum d'efforts pour lutter contre ces feux, alors que le pays a déployé plus de 60.000 personnes pour lutter contre les sinistres, a précisé un responsable gouvernemental.
Cependant, les efforts déployés jusqu'à présent sur le terrain, notamment l'ensemencement des nuages et le largage d'eau, n'ont eu qu'un succès limité.
Face à l'étendue du sinistre, la Malaisie a appelé à une réunion d'urgence des 11 pays de l'Asean, l'organisation régionale. Le député malaisien Syed Saddiq Rahman a appelé mardi à une "protestation diplomatique".
burs-sah/ebe/ybl
N.Shalabi--SF-PST