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Gaza: Netanyahu et Kushner discutent d'une supervision militaire américaine du désarmement du Hamas
Israël et les États-Unis sont convenus lundi de charger un général américain de superviser le désarmement du Hamas, a déclaré un officiel israélien, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, excluant auprès de l'émissaire américain Jared Kushner tout retrait israélien de Gaza avant cette étape.
M. Kushner, gendre de Donald Trump, a rencontré M. Netanyahu, engagé dans une difficile bataille pour sa réélection, après que ce dernier a publiquement rejeté le dernier volet d'un plan américain de sortie de guerre dans la bande de Gaza.
Le mouvement islamiste palestinien avait lui donné son accord fin juillet à cette feuille de route, prévoyant son désarmement et le retrait israélien du territoire palestinien, occupé à plus de 60% par Israël.
Dimanche, M. Jared avait tenu une rencontre directe, et très rare, avec des membres de la direction du Hamas, insistant, selon des sources ayant requis l'anonymat, sur le désarmement du mouvement et appelant à des mesures "vérifiables".
MM. Netanyhu et Jared "sont convenus qu'aucun redéploiement ni aucune reconstruction n'auraient lieu dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit désarmé dans l'ensemble" du territoire, a affirmé à l'AFP un haut responsable israélien.
"Il a également été convenu que la première étape vers la démilitarisation de la bande de Gaza consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes afin qu'elles soient mises hors service sous la supervision d'un général américain", a ajouté ce responsable.
M. Kushner était accompagné de membres du "Conseil de paix" de Donald Trump, notamment l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Cet organe ne s'est pas exprimé dans l'immédiat sur la réunion.
- Pas de rôle futur pour le Hamas à Gaza -
L'administration Trump a déjà confié un rôle à l’armée américaine et à des forces étrangères alliées dans la supervision du cessez-le-feu conclu en octobre 2025, qui a permis de réduire les frappes israéliennes sur la bande de Gaza sans toutefois y mettre fin.
Selon sa version publiée par le "Conseil de Paix" en juillet, la feuille de route américaine prévoyait que le désarmement du Hamas soit supervisé par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens censé gérer le quotidien du territoire pendant une période de transition.
En rejetant ce texte, M. Netanyahu avait exigé un désarmement "véritable" du Hamas, dont l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la dévastatrice guerre à Gaza.
Au pouvoir dans ce territoire depuis 2007, le mouvement a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au NCAG.
M. Kushner avait insisté dimanche auprès de sa direction sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les mêmes sources anonymes.
Le mouvement palestinien a de son côté souligné auprès de l'émissaire qu'il souhaitait que des pressions soient exercées sur M. Netanyahu pour débloquer la mise en oeuvre de la deuxième phase du plan américain, avait indiqué un responsable du Hamas à l'AFP.
Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes. Mais pour mettre fin à ce conflit dévastateur, l'administration Trump s'est montrée plus ouverte à des contacts directs.
Jared Kushner a aussi rencontré dimanche le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, et des responsables du Qatar et de Turquie, autres pays médiateurs.
- "Eliminez" -
En Israël, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême-droite alliée à M. Netanyahu, a pour sa part appelé à la poursuite des opérations meurtrières israéliennes à Gaza.
"Je pense que des éliminations ciblées devraient être menées chaque nuit à Gaza. Eliminez-en 30 ou 40", a-t-il récemment déclaré dans un podcast avec un ancien otage israélien à Gaza.
"Pas seulement ceux qui vous mettent actuellement en danger. Ce sont des gens qui ne devraient pas être en vie", a-t-il ajouté.
Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté et en demande d'aide humanitaire.
Au moins 1.265 Palestiniens y ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.
Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.
T.Ibrahim--SF-PST