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L'Iran juge un accord avec les Etats-Unis proche malgré les divergences avec Trump
L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.
Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite ? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.
"Le mémorandum d'entente d'Islamabad (capitale du Pakistan, médiateur des négociations) n'a jamais été aussi proche", a écrit sur X le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, appelant les médias à ne pas "spéculer sur son contenu et promettant des détails "en temps voulu".
Le porte-parole de son ministère a confirmé sur la télévision d'Etat qu'une entente avait été trouvée "sur la plupart des points" et qu'une réunion était en cours pour "obtenir un consensus entre les instances décisionnelles" en Iran.
Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans ce conflit déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février, avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.
Et à Washington, le haut responsable estime sous couvert d'anonymat qu'il y a "80 à 85%" de probabilité d'un accord-cadre (Memorandum of understanding) ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti.
- "A quoi sert un accord?" -
La Suisse s'est déjà proposée pour accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi à Evian, sur les bords du lac Léman, côté français. Et les marchés parient sur un accord, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.
Le président américain, qui a déjà annoncé par 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat et alors que son pays devrait être à la fête avec le Mondial de foot co-organisé par les Etats-Unis.
Il s'est fendu vendredi d'un message furieux. "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit", a écrit le milliardaire républicain sur son réseau Truth Social.
"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il lancé.
L'agence de presse iranienne Mehr avait publié dans la journée ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions drastiques: maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, droit à l'enrichissement d'uranium, déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.
Washington livrait de son côté une toute autre version du texte.
Le compromis doit selon le responsable mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.
Téhéran dément vouloir se doter de la bombe atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.
Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.
Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.
- "A quoi sert un accord?" -
Le conflit a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.
"Je ne sais pas si cela sera bon ou mauvais pour nous", réagit à Téhéran auprès de l'AFP une femme de 29 ans, demandant à rester anonyme. "L'objectif principal de cette guerre était que les Etats-Unis démantèlent le système, et cela n'a pas été le cas. Alors, à quoi sert un accord?"
Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.
Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran alors que Washington avait toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite, des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.
H.Nasr--SF-PST