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L'Iran réaffirme que le détroit d'Ormuz restera iranien, réagissant aux propos de Trump
Téhéran a réaffirmé samedi que le détroit d'Ormuz "restera iranien", après que le président américain Donald Trump a affirmé que ce passage stratégique ferait partie du territoire américain une fois l'Iran "battu".
Le conflit entre les deux pays, qui dure depuis plus de cinq mois et a fait des milliers de morts, se concentre actuellement autour de cette voie maritime cruciale pour le transport des hydrocarbures mondiaux.
Après l'attaque américano-israélienne contre la République islamique fin février, qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient, Téhéran avait riposté en attaquant les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, faisant s'envoler les cours du pétrole.
Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.
"Une fois que nous aurons fini de battre l'Iran (...), bientôt je déclarerai le détroit d'Ormuz comme étant un territoire des Etats-Unis", a dit vendredi le président américain, avec un petit sourire, pendant un meeting à Garden City, près de New York.
Donald Trump répète que les Etats-Unis ont le "contrôle" du détroit d'Ormuz, une affirmation qualifiée de "mensonge" par Téhéran.
Selon Brian Schwartz, un journaliste du Wall Street Journal qui cite sur X un haut responsable de la Maison Blanche, le président "plaisantait" en disant qu'Ormuz deviendrait un "territoire américain".
L'Iran n'a cependant pas tardé à réagir à la déclaration du président américain.
"Le détroit d'Ormuz a été iranien, est iranien et restera iranien. Ce détroit ne sera ouvert et fermé que sur ordre de l'Iran", a martelé samedi matin sur X le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi.
- "Je ne m'excuserai jamais" -
Il "ne peut pas être pris d'assaut avec un tweet ou un porte-avions, ni par un décret présidentiel, ni par un discours de campagne électorale", a-t-il ajouté.
Alors qu'une des raisons données à l'attaque fin février contre l'Iran était la crainte que Téhéran ne se dote de l'arme nucléaire, Donald Trump a par ailleurs promis que l'Iran ne l'aurait "jamais".
Les autorités iraniennes démentent avoir une telle ambition, défendant leur droit au nucléaire civil.
"Si vous devez payer un peu plus" pour l'essence, "c'est ok. (...) Je ne m'excuserai jamais. J'ai pris la bonne décision", a déclaré en outre M. Trump vendredi.
Par rapport au niveau d'avant la guerre, le prix de l'essence aux Etats-Unis s'affichait vendredi en hausse de plus de 35%, tout comme il a connu de fortes augmentations ailleurs dans le monde.
Le conflit est impopulaire et le mécontentement des ménages face au coût de la vie vaut à la cote de popularité de Donald Trump d'avoir fortement baissé.
Le protocole d'accord conclu en juin entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre durablement fin à la guerre a volé en éclats début juillet, notamment en raison des différends sur Ormuz, avec une reprise des frappes de part et d'autre.
Si les hostilités ont baissé en intensité ces derniers jours, les négociations entre les belligérants restent dans l'impasse.
Après avoir menacé plusieurs fois de frapper durement l'Iran si un accord n'était pas trouvé sur Ormuz, le président américain semble privilégier désormais une approche plus attentiste, fondée sur la pression économique.
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a menacé jeudi l'Iran d'un isolement économique "comme le monde n'en a jamais vu".
Sur le terrain, des attaques, attribuées à l'Iran, continuent régulièrement de viser des navires empruntant le détroit d'Ormuz.
Les Emirats arabes unis ont accusé vendredi l'Iran d'avoir attaqué deux de ses navires affiliés à la compagnie pétrolière publique Adnoc qui franchissaient ce passage.
De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites Houthis, alliés de Téhéran, visent eux des navires saoudiens, ou des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis.
M.Qasim--SF-PST