Sawt Falasteen - Nouvelle nuit de heurts à Belfast, Londres condamne des "violences racistes"

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Nouvelle nuit de heurts à Belfast, Londres condamne des "violences racistes"
Nouvelle nuit de heurts à Belfast, Londres condamne des "violences racistes" / Photo: Paul Faith - AFP

Nouvelle nuit de heurts à Belfast, Londres condamne des "violences racistes"

Douze policiers ont été blessés et seize personnes arrêtées en Irlande du Nord, théâtre pour la deuxième nuit consécutive de violences localisées à Belfast, après une attaque au couteau pour laquelle un réfugié soudanais a été inculpé, a annoncé jeudi le gouvernement britannique.

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Le ministre en charge de l'Irlande du Nord, Hilary Benn, a dénoncé des "violences racistes" et un "climat de peur" dans la province britannique.

Des dizaines de manifestants masqués se sont affrontés avec la police anti-émeutes jusque tard dans la nuit de mercredi à Glengormley, quartier au nord de Belfast, lançant des projectiles, des briques et cocktails molotov sur les forces de l'ordre, qui ont fait usage d'un canon à eau pour les disperser.

Une voiture et un bâtiment ont été incendiés dans ce quartier résidentiel, selon des journalistes de l'AFP.

Ces heurts étaient de "moindre ampleur que les évènements terribles" survenus mardi, a toutefois souligné Hilary Benn, interrogé sur la chaîne Sky News, rappelant que des personnes avaient alors été "intimidées, chassées de chez elles par des voyous masqués en raison de leur couleur de peau".

Ce soir-là, des émeutes anti-immigrés ont éclaté dans le centre de la capitale nord-irlandaise, après la propagation d'une vidéo de l'attaque au couteau survenue lundi, qui montrait l'assaillant, assis sur un homme à terre en sang, lui portant des coups.

La victime de cette attaque au couteau, identifiée comme Stephen Ogilvie, a perdu un œil. Il est hospitalisé dans un état stable, a précisé mercredi soir sa famille dans un communiqué, se disant "dégoutée" par les scènes d'émeutes.

- Manifestants bloqués -

Des dizaines de manifestants ont tenté mercredi soir de se rendre devant le Chimney Corner, un hôtel qui a hébergé des demandeurs d'asile par le passé, non loin de l'endroit des heurts à Glengormley, avant d'être bloqués par la police, a constaté un photographe de l'AFP.

Le suspect de l'attaque au couteau, Hadi Alodid, un Soudanais âgé de 30 ans, a comparu mercredi devant un juge à Belfast. Inculpé notamment de tentative de meurtre, il a refusé la présence d'un avocat et était accompagné d'un interprète arabophone.

Il été maintenu en détention jusqu'à une prochaine comparution prévue le 8 juillet. Ses motivations restent floues mais la police nord-irlandaise a écarté à ce stade la piste terroriste.

Brendan, plombier de 50 ans, fait partie de ceux qui ont manifesté mardi. "Les gens ne veulent pas rester chez eux" après un tel évènement, soutient-il.

Il se dit toutefois "contre la violence". "On a eu assez de violence ici pendant 30, 40 ans: des bombes, des meurtres", dit-il à l'AFP, en référence aux trois décennies du conflit nord-irlandais qui a opposé jusqu'en 1998 républicains, surtout catholiques, partisans d'une réunification avec l'Irlande, et unionistes protestants, défenseurs de l'appartenance de l'Irlande du Nord à la Couronne britannique.

Les violences de mardi soir se sont produites essentiellement dans des quartiers unionistes. Mais pour John,un habitant issu de l'un de ces quartiers rencontré par l'AFP, unionistes et républicains sont "unis" dans leur "frustration" contre le gouvernement britannique.

"Il y a une union parce que les gens ordinaires ont compris qu'on nous menait par le bout du nez" affirme-t-il, dénonçant un "afflux de migrants à travers l'Europe".

- "Inacceptable" -

Arrivé en 2023 en Irlande du Nord, le Soudanais inculpé pour cette attaque avait le statut de réfugié, avec un titre de séjour valide jusqu'en 2028, selon le ministère de l'Intérieur. Il était arrivé au Royaume-Uni depuis la République d'Irlande, après être venu de Paris.

Les appels à manifester ont été relayés depuis mardi sur les réseaux sociaux par des figures d'extrême droite, notamment le militant Tommy Robinson - de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon - et le milliardaire américain Elon Musk, propriétaire de X.

La vidéo de l'attaque au couteau a été mise en ligne lundi soir environ une heure après les faits par Tommy Robinson, et rapidement reprise par de nombreux comptes anti-immigration, qui ont attisé la colère à l'origine des violences.

Hilary Benn a indiqué jeudi que le gouvernement britannique "introduirait de nouvelles mesures la semaine prochaine" pour faire face à la dissémination de fausses informations.

Il a jugé "inacceptable" que certains internautes aient publié les adresses de personnes qu'ils pensaient être des ressortissants étrangers.

De violentes manifestations anti-immigrés avaient secoué l'Irlande du Nord notamment en juin 2025 et à l'été 2024, ainsi que d'autres endroits du Royaume-Uni.

N.AbuHussein--SF-PST