-
La Corée du Nord accuse le Japon de préparer une "guerre d'agression"
-
Dans les marais d'Harchies, conflit de voisinage franco-belge autour de la chasse au gibier d'eau
-
Vosges: la réintroduction du grand tétras a du plomb dans l'aile
-
Nucléaire: feu vert aux travaux préparatoires des futurs réacteurs EPR2 à Gravelines
-
"Emily in Mykonos": la jet-set et Hollywood vendent le tourisme grec aux Américains
-
Aux Etats-Unis, des terres rares extraites d'anciennes mines de charbon
-
Une voie ferrée ne menant nulle part : symbole des efforts solitaires de réconciliation de Séoul
-
Des mines du Maroc aux champs européens, le défi d'engrais moins chargés en cadmium
-
Au Soudan, le phénomène El Niño assèche les rives du Nil et menace les cultures
-
Au nom de l'érosion côtière, des restaurateurs sommés de rendre les clés
-
Tour d'Espagne: Bisiaux, Roglic, Van Aert... cinq coureurs à suivre
-
Faute d'accord, le Canada subit de nouveaux droits de douane américains punitifs
-
Pérou: évacuation de plus de 600 personnes sur un axe routier bloqué depuis cinq jours
-
Un navire sud-coréen sur le départ pour la route maritime de l'Arctique
-
L'heure tourne mais toujours pas d'accord commercial entre les Etats-Unis et le Canada
-
Ukraine : frappes russes meurtrières sur un centre commercial en plein jour
-
Trump, pressé de faire baisser les prix, lève temporairement les taxes sur le boeuf importé
-
Pérou : évacuation de plus de 300 personnes sur un axe routier bloqué depuis cinq jours
-
Ligue 1: sans recrue mais avec sérieux, l'OM débute parfaitement
-
Athlétisme: Audrey Werro enchaîne à Lausanne, Shericka Jackson se blesse
-
Wall Street termine une semaine mitigée sur une note positive
-
Ukraine : au moins 19 morts et plus de 130 blessés dans des frappes russes
-
L'attaque à l'épée dans un lycée en Suède fait un mort et trois blessés
-
Foot: les Girondins au bord du précipice après leur relégation confirmée en justice
-
Bolivie : le président Paz contraint de limoger son ministre de l'Economie en pleine crise
-
Meghan bientôt de retour au Royaume-Uni, malgré les blessures passées
-
Ukraine: au moins 18 morts et plus de 120 blessés dans des frappes russes
-
Cyclisme: Julian Alaphilippe annonce "la fin de sa carrière sportive" (réseaux sociaux)
-
Sous pression avant les élections, Trump réduit les taxes sur du boeuf importé
-
En Champagne, le défi des vendanges ultra-précoces cette année
-
Le méga-zoo Vantara du fils d'un magnat indien annonce un changement de cap
-
Des dizaines de milliers de préservatifs "non conformes" vendus en France ces derniers mois
-
Harry et d'autres célébrités contraintes de verser 9,5 millions de livres au Daily Mail
-
Attaque à l'épée dans un lycée en Suède: au moins trois blessés
-
Familles de France et la CGT s’inquiètent d’une remise en cause des avantages familiaux
-
La Bourse de Paris met fin à huit séances de baisse consécutives
-
Entre William et Harry, une réconciliation toujours hors d'atteinte
-
Influenceuse tuée dans le Gard : le suspect est un homme au lourd profil judiciaire
-
La forêt de Fontainebleau, en partie ravagée en juillet par le feu, rouvre au public samedi
-
Bronchiolite des bébés: deux traitements préventifs mieux remboursés
-
Tennis: trahi par un genou, Sinner renonce à l'US Open
-
Budget: le gouvernement en mode déminage et ballons d'essai avant un automne laborieux
-
Finale du Mondial-2026: l'Argentin Leandro Paredes suspendu dix matches par la Fifa
-
Le président iranien veut mettre fin à la guerre, jugeant l'Iran "en position de force"
-
Influenceuse du Gard: un suspect mis en examen pour assassinat
-
Wall Street repart en hausse grâce au retour de l'appétit pour le risque
-
"Il paraît que je vous ai manqué": Mélania Trump de retour après un mois à l'écart du public
-
Euro de volley: lancement réussi pour les Bleues
-
Délinquance: le Japon met fin à son partenariat avec une émission controversée de Netflix
-
"Bouclier oriental": des soldats polonais et allemands sécurisent la frontière entre l’Otan et la Russie
Ukraine: 40 ans après Tchernobyl, les "deux guerres" d'un liquidateur
Nikolaï Soloviov a assisté à l'explosion de 1986 dans la centrale nucléaire de Tchernobyl et mené sa "première guerre" contre les radiations. Quatre décennies plus tard, une deuxième guerre, cette fois contre l'invasion russe, lui a volé un être cher.
De sa jeunesse soviétique, ce fan de hard rock a gardé de longs cheveux, désormais gris. Il s'exprime auprès de l'AFP avec modestie, précision et douceur.
La nuit du pire accident nucléaire de l'Histoire, le 26 avril 1986, Nikolaï Soloviov était "mécanicien turbine" à l'unité 2, à quelques centaines de mètres du réacteur 4 qui explosa lors d'un test.
"J'ai ressenti comme un tremblement de terre. Les turbines tournaient encore — un bruit très fort — et je n'ai pas entendu l'explosion", décrit cet homme robuste de 67 ans.
Les alarmes se déclenchent. Il se rend vers la réacteur numéro 4, croise un collègue irradié en train de vomir, un autre transporté sur une civière, un autre abattu sur sa console, la tête entre les bras. Tous sont morts peu après.
L'ampleur du désastre se dévoile. Il voit "le ciel" à travers le trou causé par l'explosion. Dans les couloirs, des trombes d'eau se déversent de tuyaux brisés.
Très vite, des pompiers arrosent le réacteur fumant. "Ils n'ont pas laissé le feu se propager". Ces secouristes sont quasiment tous décédés, brûlés par les radiations.
A l'aube, avec ses collègues, Nikolaï Soloviov discute du temps qu'il leur reste à vivre. "Deux semaines", dit l'un. Nikolaï Soloviov se remet alors à fumer. "Une cigarette cubaine". Il avait arrêté cinq mois plus tôt mais "autant mourir jeune et beau", dit-il, aujourd'hui, en s'amusant.
- Louanges soviétiques -
Le matin du 26 avril 1986, son quart se termine. L'équipe de jour prend le relais. Il part en autobus pour Pripyat, la ville où sont logés les employés à trois kilomètres de la centrale.
Dans les rues, les gens vivent leurs vies habituelles. Seul changement: des camions aspergent les trottoirs avec un "détergent" mousseux. Arrivé chez lui, il dit à sa femme de se barricader.
Pendant des jours, les autorités soviétiques cachent la catastrophe qui fragilisa encore plus l'URSS, déjà traversée par de multiples crises, jusqu'à son effondrement.
Nikolaï Soloviov, lui, est resté à la centrale pendant la "liquidation", la construction du premier sarcophage, puis du deuxième, endommagé en 2025 par une frappe de drone russe. Il était aussi présent en 1991 lors d'un grave et méconnu incendie dans l'unité 2.
La centrale n'a cessé de produire de l'électricité qu'en 2000 et des équipes y opérent toujours pour assurer sa sécurité.
M. Soloviov, devenu ingénieur, est resté car le travail était "intéressant", avec des salaires importants et "beaucoup de vacances".
Pour lui, le test mené en 1986 était "dangereux" mais la direction a insisté pour le mener, afin d'obtenir les louanges du pouvoir soviétique.
Il estime que "seule l'URSS" avait les moyens de mener les opérations de "liquidation" qui ont impliqué des centaines de milliers de personnes et entraîné l'évacuation de centaines de milliers d'autres.
Des dizaines de ses connaissances sont mortes du cancer. Parmi son équipe de nuit, seuls quatre employés, sur 22, sont encore vivants.
En 2005, un rapport controversé de l'ONU a évalué à 4.000 le nombre des morts avérées ou à venir en Russie, Ukraine et au Bélarus. Greenpeace a estimé, un an plus tard, que 100.000 personnes avaient péri.
- "Guerre atomique" -
Nikolaï, qui a été exposé à de fortes doses de radiation et a subi de multiples examens, attribue sa survie à "sa bonne santé", la pratique du sport, son naturel serein et la loterie de la génétique.
"Il faut remercier Dieu et mes parents de m'avoir donné de bons gènes".
Il habite dans sa datcha près de Slavoutytch, une ville fondée en 1986, à 120 km au nord de Kiev, pour accueillir les déplacés.
Dans le musée local consacré à Tchernobyl, des débris de drones russes abattus sont exposés dans la salle principale. "Ca, c'est l'autre guerre", glisse Nikolaï Soloviov.
Sur la place centrale de Slavoutytch, balayée par le vent, il parle de sa première guerre "atomique" contre le poison invisible et inodore des radiations.
"Ici, les gens disent, +avant ou après la guerre+, en parlant du 26 avril 1986. Et maintenant on dit qu'on vit déjà la deuxième guerre de notre génération".
Dans la nuit du 23 au 24 février 2022, il s'est rendu à la centrale. Il ne l'a jamais atteinte car deux ponts y menant avaient été détruits. L'armée russe a pris Tchernobyl et occupé le site pendant un mois.
Le fils cadet de Nikolaï Soloviov s'est, lui, engagé dans les forces ukrainiennes. En septembre 2023, il a été porté disparu sur le front.
Face à ce malheur, M. Soloviov n'a pas retrouvé la force de travailler et a pris sa retraite.
Z.AlNajjar--SF-PST