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L'Iran affirme avoir abattu un avion américain
Un avion de combat américain a été abattu en Iran, selon la presse iranienne, première perte de ce type depuis le début de la guerre, des médias américains annonçant qu'un membre de l'équipage avait été secouru.
Contactées par l'AFP à ce sujet, les autorités américaines ne se sont pas exprimées dans l'immédiat.
L'antenne de la télévision d'Etat iranienne dans la région de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest) a diffusé des images de ce qu'elle a présenté comme l'épave de l'appareil abattu, la police annonçant une récompense à qui livrera ses occupants.
"Si vous capturez le ou les pilotes ennemis vivants et les remettez à la police et aux forces armées, vous recevrez une généreuse récompense", a déclaré la journaliste.
L'agence de presse Fars a elle annoncé une opération en cours "pour retrouver le pilote".
Aux Etats-Unis, Axios et CBS News, citant des sources non identifiées, ont ensuite indiqué que les forces américaines avaient secouru un des deux membres de l'équipage.
- "Se planquer" -
Plus d'un mois après le début de l'offensive américano-israélienne le 28 février, il s'agit de la première perte connue d'un avion sur le sol iranien, signe que la République islamique dispose encore de capacités antiaériennes malgré des semaines d'intenses bombardements.
Selon un pilote de chasse occidental interrogé par l'AFP, la première chose à faire en cas d'éjection en territoire hostile, "c'est de se planquer et d'essayer de se signaler à ses camarades".
Pour cela, chaque pilote porte un gilet de combat contenant une balise codée radio-GPS afin de transmettre sa position.
Depuis le début de la guerre, aucun soldat américain n'a été tué ou fait prisonnier sur le sol iranien, mais treize militaires sont morts dans plusieurs pays de la région.
L'incident suit une nouvelle journée de rhétorique inflammatoire et de bombardements contre l'Iran, Israël annonçant des "frappes à grande échelle" à Téhéran.
En parallèle, des missiles iraniens ont visé Israël et des monarchies du Golfe, alliées des Etats-Unis, répondant aux attaques adverses et aux menaces de Donald Trump de ravager ses infrastructures.
- Infrastructures civiles touchées -
Aux Emirats arabes unis, 12 personnes, Népalais et Indiens, ont été blessées après l'interception d'une attaque à Abou Dhabi. Un complexe gazier y a été fermé après un incendie.
Au Koweït, une raffinerie ainsi qu'une centrale électrique et de dessalement ont été touchées.
L'armée iranienne avait dit au préalable viser des sites américains, israéliens et dans les "pays hôtes et alliés des Etats-Unis".
Elle rétorquait au président américain qui avait menacé de détruire les infrastructures iraniennes, proclamant que "les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!".
Jeudi, des bombardements américano-israéliens ont notamment détruit un pont en construction près de Téhéran, site où l'AFP a pu se rendre dans le cadre d'une visite organisée par les autorités.
"Nous avons travaillé dur pour assembler ces éléments, nous avons versé des larmes", dit l'ingénieur Roozbeh Yazdi, rencontré sur les lieux où des tiges d'acier et des blocs de béton pendent désormais dans le vide.
M. Trump avait annoncé mercredi "deux à trois" semaines de frappes intenses pour renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre", si Téhéran n'acceptait pas une solution négociée.
Alors qu'aucune porte de sortie ne se dessine, l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a appelé Téhéran, dans une tribune publiée par une revue américaine, à "conclure un accord" pour mettre fin à la guerre.
Il y enjoint son pays, en échange d'une levée des sanctions, à "limiter son programme nucléaire et rouvrir le détroit d'Ormuz", voie stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, d'engrais et d'autres marchandises, aujourd'hui paralysée.
La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran, et au Liban, que l'armée israélienne a envahi pour combattre le mouvement pro-iranien Hezbollah en réplique à des tirs sur Israël depuis le 2 mars.
L'armée israélienne assure avoir déjà frappé plus de 3.500 cibles à travers le Liban et "éliminé" environ 1.000 combattants. Vendredi, elle a visé une nouvelle fois la banlieue sud de Beyrouth.
La Force intérimaire des Nations unies dans le pays a annoncé vendredi que trois Casques bleus avaient été blessés par une explosion dont l'origine n'a pas été déterminée.
- Transports gratuits -
Sur le front économique, la guerre nourrit toujours de fortes inquiétudes, car la quasi-fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz a entraîné une envolée des cours du pétrole, des engrais et d'autres marchandises, laissant planer le spectre d'une spirale inflationniste mondiale.
Les présidents russe et turc ont appelé à un cessez-le-feu immédiat, invoquant notamment la crise énergétique qui en découle.
Néanmoins, un premier porte-conteneur européen, appartenant au groupe français CMA CGM, a passé le détroit jeudi, en affichant via son signal de navigation avoir un "propriétaire français".
Et trois navires, dont un méthanier codétenu par une entreprise japonaise, ont traversé le passage jeudi en longeant la côte omanaise, selon des données de trafic maritime consultées vendredi.
Les pays du Golfe ont, eux, appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à donner son feu vert à une libération par la force du détroit, mais le vote a été reporté faute de consensus.
Donald Trump, qui multiplie les propos contradictoires sur le détroit, a affirmé vendredi qu'avec "un peu plus de temps" les Etats-Unis pouvaient "ouvrir" le détroit et "prendre le pétrole".
Les répercussions économiques de la guerre continuent de se propager.
Le Bangladesh a réduit les horaires d'ouverture de bureaux et commerces pour baisser la consommation d'énergie.
A Islamabad, au Pakistan, la gratuité des transports en commun a été décrétée pour un mois, face à l'augmentation des prix de l'essence et du diesel.
Et en Australie, des centaines de stations-service sont à court de carburant dans les zones rurales en ce début de week-end de Pâques.
burx-alf/hme
H.Nasr--SF-PST