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Pas "élégant", "irréaliste", "ça parle trop": Macron répond aux critiques de Trump
Nouvelle poussée de tensions: de l'Iran à l'Otan, Emmanuel Macron a répondu sèchement jeudi aux critiques et menaces de Donald Trump, déplorant que le président américain "parle trop" et se contredise sans cesse, et jugeant pas "élégants" ses commentaires sur le couple présidentiel français.
"Ça parle trop, et ça va trop dans tous les sens. On a tous besoin de stabilité, de calme, de retour à la paix, ce n'est pas un spectacle!", a lancé le chef de l'Etat français à des journalistes en marge d'une visite d'Etat à Séoul.
Son homologue américain a multiplié ces deniers jours les attaques et revirements. Il a menacé une fois de plus de quitter l'Otan et a accusé la France d'être "très peu coopérative" dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
Surtout, le milliardaire républicain, qui s’est déjà largement affranchi des codes diplomatiques avec les alliés des Etats-Unis, a franchi un nouveau palier avec des commentaires surprenants sur l'intimité d'Emmanuel Macron.
Il a ainsi affirmé mercredi que Brigitte Macron "traite extrêmement mal" son mari, ajoutant qu'il "se remet encore du coup de poing qu'il a pris dans la mâchoire". Une référence apparente à une vidéo de mai 2025 au Vietnam montrant l'épouse d'Emmanuel Macron lui porter les deux mains au visage dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup.
Ces propos "ne sont ni élégants ni à la hauteur", a réagi l'intéressé, en affichant un certain détachement. "Ça ne mérite pas de réponse", alors que la vie publique mondiale est dominée par des "choses trop graves", notamment la guerre, a-t-il ajouté.
Les menaces récurrentes de quitter l'Otan? "Si on crée chaque jour le doute sur son engagement" au sein de l'Alliance atlantique, "on en vide la substance", a-t-il estimé, accusant les "autorités américaines" d'en prendre la "responsabilité".
- "Il faut être sérieux" -
S'agissant de l'Otan comme du conflit au Moyen-Orient, "il faut être sérieux, et quand on veut être sérieux on ne dit pas chaque jour le contraire de ce qu'on a dit la veille", a encore dit Emmanuel Macron.
Il a étrillé "une opération que les Américains ont décidé avec les Israéliens seuls", en ironisant sur le fait qu'ils déplorent à présent de ne pas être "aidés" par des alliés qu'ils n'ont pas consultés -- et qui sont malgré tout frappés de plein fouet par la flambée des prix de l'énergie.
Le président américain a exhorté la France et d'autres pays à intervenir militairement pour débloquer le détroit d'Ormuz, dans le Golfe, fermé de facto par la riposte iranienne à l'offensive américano-israélienne. Ce blocage empêche le transit du pétrole du Moyen-Orient, dont sont dépendants de nombreux pays, y compris le Japon et la Corée du Sud.
Le sujet a d'ailleurs été au coeur des entretiens d'Emmanuel Macron avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi et devait à nouveau être évoqué jeudi soir et vendredi avec le président sud-coréen Lee Jae Myung. Les deux pays asiatiques figurent parmi les signataires d'une déclaration d'une vingtaine d'Etats, dont la France, qui se disent "prêts à contribuer aux efforts" pour accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz, mais quand les armes se seront tues.
Une opération pour "libérer" le passage maritime stratégique par la force serait "irréaliste", a tranché le président français, car elle "prendrait un temps infini" et comporterait "des tas de risques". Selon lui, la réouverture du détroit "ne peut se faire que de manière concertée avec l'Iran".
Il a donc encore une fois appelé à la négociation et au cessez-le-feu avec Téhéran, martelant que "ça n'est pas une action militaire ciblée, même sur quelques semaines, qui permet de régler dans la durée la question du nucléaire" iranien.
"S'il n'y a pas de cadre de négociation diplomatique et technique, la situation peut se redétériorer en quelques mois ou quelques années. Ce n'est que par une négociation approfondie, un accord (...) qu'on pourra s'assurer d'un suivi dans la durée et préserver la paix et la stabilité pour tous", a-t-il plaidé.
H.Jarrar--SF-PST