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L'Iran défie Trump et exhorte les civils du Moyen-Orient à s'éloigner des forces américaines
L'Iran a appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart, pour leur propre sécurité, des forces américaines présentes au Moyen-Orient, accentuant ses menaces envers Israël et Washington, après un mois d'une guerre meurtrière qui déstabilise l'économie mondiale.
L'avertissement des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, répond aux propos la veille de Donald Trump. Se disant optimiste sur les négociations, le président américain a repoussé au 6 avril son ultimatum de détruire les centrales électriques en Iran.
"Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ont affirmé de leur côté les Gardiens sur leur site Sepah News, accusant les forces américano-israéliennes d'utiliser des civils comme "boucliers humains".
Les Gardiens ont par ailleurs forcé trois navires à faire demi-tour dans le détroit d'Ormuz, précisant que cette route stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures était désormais également fermée aux navires venant ou à destination de ports liés à "l'ennemi".
L'armée iranienne a elle prévenu que les hôtels de la région accueillant des militaires américains deviendraient désormais des cibles. Quand des soldats américains "entrent dans un hôtel (...), il devient américain", a lancé le porte-parole des forces armées, Abolfazl Shekarchi.
Et ses opérations se sont poursuivies sur tous les fronts: en Israël, ainsi que sur des bases américaines aux Emirats arabes unis, Qatar, Koweït et Bahreïn.
- " Trois puissances folles" -
Les civils payent un tribut exorbitant. Comme à Téhéran où, depuis un mois, les nuits sont rythmées par les frappes et perturbées par l'angoisse.
Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles (...). Je sais que je ne serai plus jamais la même personne. La guerre a arraché une partie de moi", soupire cette femme de 46 ans.
Une pluie de frappes s'est abattue vendredi sur l'Iran. L'armée israélienne a de nouveau attaqué la capitale, ciblant des sites de production d'armes, "principalement des missiles balistiques", et d'autres "cibles" militaires "diverses" dans l'ouest, dont des lanceurs de missiles et des sites de stockage d'armement.
A côté des discussions entre Washington et Téhéran, dont l'issue est toujours aussi incertaine, Israël reste muet sur les récents propos de Washington et ne montre aucune volonté de mettre fin à ses opérations militaires contre la République islamique.
Signe de l'intensité des frappes en Iran, au moins 120 musées et bâtiments historiques ont été "directement ciblés et ont subi de lourds dégâts structurels", selon un responsable du ministère du patrimoine culturel iranien.
Samedi marquera le premier mois de la guerre, déclenchée par l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février. Elle s'est rapidement étendue à l'ensemble du Moyen-Orient, alimentant les craintes pour l'économie mondiale et l'approvisionnement en hydrocarbures.
Le sujet domine les préoccupations d'une réunion du G7 débutée jeudi à Paris et à laquelle s'est joint vendredi le chef de la diplomatie américaine. Marco Rubio a été pressé de clarifier la stratégie de la Maison Blanche, dont les Européens soulignent le caractère illisible.
La cheffe de la diplomatie britannique Yvette Cooper a exhorté à "une résolution rapide" du conflit. "L'Iran ne devrait pas pouvoir prendre en otage l'économie mondiale, au moyen d'un détroit par lequel passent les routes maritimes internationales", a-t-elle argué.
- "Chacun pense qu'il gagne" -
Mais les perspectives en ce sens sont ténues. Le niveau de défiance entre les parties est élevé.
A Washington et en Israël, la mobilisation militaire se poursuit. L'armée israélienne a admis jeudi avoir besoin de "forces supplémentaires". Et Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios.
"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X, alors que le cours du Brent est repassé vendredi en Europe sous les 110 dollars.
"Les États-Unis, Israël et l'Iran pensent chacun qu'ils sont en train de gagner la guerre", explique Ali Vaez, expert de l'Iran pour l'International Crisis Group (ICG). "Si les trois pensent que leur plan fonctionne, chacun croit aussi avoir encore des cartes dans sa manche".
Le Liban, pour sa part, continue sa descente aux enfers, après voir été entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.
Des explosions ont retenti dans le sud de Beyrouth aux premières heures de vendredi puis à nouveau dans l'après-midi, sans avertissement israélien préalable. Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités.
Les autorités libanaises ont déploré deux morts dans la frappe matinale. Celle de l'après-midi a entraîné un nuage de fumée blanche s'élevant au-dessus du même quartier, selon les images de l'AFPTV.
Alors qu'Israël manifeste sa détermination à intensifier sa campagne militaire contre le Hezbollah, le mouvement pro-iranien a revendiqué une série d'attaques contre les troupes israéliennes menant une incursion terrestre dans le sud du Liban.
La situation du Liban est "extrêmement préoccupante", avec un risque "réel" de "catastrophe humanitaire", a alerté l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR), s'inquiétant de la situation de plus d'un million de personnes déplacées à travers le pays.
burx-dla/gk
Z.AbuSaud--SF-PST