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Vance vs. Rubio: le duel émergent pour succéder à Trump
Depuis son entrée fracassante sur la scène politique américaine en 2016, Donald Trump s'est imposé comme boussole du mouvement conservateur. Mais à deux ans du début des primaires pour l'investiture républicaine à la présidentielle, une question revient de manière lancinante à droite: qui reprendra le flambeau?
A la conférence CPAC - rendez-vous annuel des conservateurs américains qui se tient cette année près de Dallas au Texas - un consensus clair n'émerge pas encore pour déterminer le successeur à l'actuel président de 79 ans. Mais un duel commence toutefois à prendre forme.
Au cours de plusieurs conversations avec des participants, les noms du vice-président JD Vance et de Marco Rubio, actuel chef de la diplomatie américaine, sont revenus avec insistance pour évoquer le prochain leader du Parti républicain, post-Trump.
Selon les sondages, JD Vance tient une avance confortable pour le moment auprès des électeurs républicains.
Mais dans les couloirs de la CPAC, les avis étaient plus partagés.
"J'ai une confiance totale envers à la fois JD Vance et Marco Rubio pour diriger le pays", affirme Suzy Phillips, une infirmière à la retraite de 68 ans originaire de Dallas.
"Ce serait mon top deux", ajoute-t-elle.
Pour beaucoup, le duel se résume presque à un choix entre continuité, en la personne de JD Vance, et expérience, avec Marco Rubio.
- "Eloquent" -
L'atout principal de JD Vance réside dans son alignement idéologique avec le mouvement de Donald Trump. Il peut aussi s'appuyer sur son parcours: d'enfant ayant grandi dans la pauvreté, dans une famille touchée par l'addiction aux opioïdes, à diplômé de la prestigieuse université Yale, avant de devenir sénateur puis vice-président.
"J'adorais JD Vance avant même qu'il rentre en politique", souligne Suzy Phillips, qui dit apprécier son histoire marquée par une ascension sociale fulgurante.
D'autres participants à la CPAC soulignent aussi ses qualités de communication.
"Il est très éloquent, très éduqué", estime Laura McGarraugh, une infirmière urgentiste de 52 ans.
"Il a une grande maîtrise du genre de questions auxquelles il peut faire face. Il est un peu plus diplomatique que Trump", explique cette Texane avant de s'empresser d'ajouter: "Je veux dire, j'aime bien Trump aussi, mais j'ai l'impression que JD Vance est un petit peu plus soigné."
Même les anciennes critiques de JD Vance envers Donald Trump ont été oubliées.
"Les gens changent, ils évoluent", remarque Laura McGarraugh.
Par contraste avec JD Vance, les partisans de Marco Rubio soulignent eux son expérience et son assurance, particulièrement sur la scène internationale.
Marco Rubio est un "homme d'Etat exceptionnel", vante Brian Su, un consultant de 60 ans venu de Chicago.
"Il a une vision très claire en matière de relations internationales, donc personnellement, je l'adore", ajoute-t-il.
- Héritiers rivaux -
Malgré les choix partagés, les deux hommes sont jugés par les militants conservateurs sous le même prisme: leur relation avec Trump et le mouvement que le milliardaire républicain a façonné.
Aucun des deux n'est vu comme une rupture avec le trumpisme, mais plutôt comme des héritiers rivaux. Même si Marco Rubio a assuré à plusieurs reprises qu'il ne s'opposerait pas à JD Vance si celui-ci décidait de se présenter en 2028.
Le duel Vance-Rubio ne laisse finalement que peu de place actuellement pour qu'un autre profil émerge.
Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a lui les faveurs de Levi Mikula, un assistant média de 35 ans rencontré à la CPAC, qui considère cependant que Marco Rubio a le plus de chances d'emporter la mise.
Plusieurs participants à la conférence ont évoqué d'autres possibilités, notamment une nouvelle candidature de Donald Trump lui-même, malgré l'interdiction posée par la Constitution américaine d'un troisième mandat.
Et finalement, cet attrait persistant des militants pour le milliardaire républicain souligne la difficulté de lui succéder.
Beaucoup ne sont d'ailleurs pas prêts à passer à autre chose.
"On espère qu'il fera quatre ans de plus", déclare Suzy Phillipps. "Mais nous devons faire face au fait que nous arrivons à la fin de l'ère Trump."
N.AbuHussein--SF-PST