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Trump change de ton et évoque des "négociations" avec des responsables iraniens
Adoptant un changement de ton inattendu, Donald Trump a évoqué lundi au 24e jour de la guerre avec l'Iran de "très bonnes négociations" avec des responsables iraniens visant à mettre fin aux hostilités, allant jusqu'à annoncer la suspension de frappes envisagées sur les infrastructures critiques iraniennes.
Un responsable israélien a déclaré au site d'information Axios lundi que les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner s'étaient entretenus avec le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Mais l'intéressé a annoncé lui-même lundi qu'il n'y avait "pas de négociations" avec les États-Unis. "De fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël sont enlisés", a déclaré M. Ghalibaf.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a également nié "toute négociation avec les Etats-Unis au cours des 24 derniers jours de cette guerre imposée".
En revanche, il a reconnu avoir reçu ces derniers jours, "par l'intermédiaire de certains pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations visant à mettre fin à la guerre".
Parmi ces pays, médiateurs potentiels, pourraient figurer le Qatar, l'Égypte et le Pakistan, selon des informations de presse.
-Report des frappes-
Utilisant, comme à son habitude, son réseau Truth social, le président américain a fait part d'un report "de cinq jours" de toute frappe qu'il menaçait de lancer sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran.
Plus tard, lors d'un échange avec la presse, il a ajouté que les Etats-Unis et l'Iran ont trouvé des "points d'accord majeurs" lors de négociations menées, selon lui, avec un "haut dirigeant" qui n'est pas le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.
"Nous négocions avec des gens que je trouve très raisonnables, très solides. (...) Ils sont très respectés et peut-être que l'un d'entre eux sera celui que nous cherchons", a-t-il dit sans nommer le nom de cette personne.
Donald Trump a assuré qu'un "changement de régime" était en cours en Iran, tout en menaçant de "continuer à bombarder allègrement" si les négociations échouaient.
La volte-face de M. Trump lundi avait débuté avec un premier message sur Truth social, où le président s'était félicité de "TRES BONNES ET PRODUCTIVES DISCUSSIONS POUR UNE CESSATION TOTALE ET COMPLÈTE DE NOS HOSTILITÉS AU MOYEN-ORIENT".
Peu après, il a affirmé à l'AFP que tout "se passait très bien" concernant l'Iran.
Et lundi après-midi, le Premier ministre britannique Keir Starmer a "salué" les informations concernant les discussions.
Les marchés ont immédiatement montré leur soulagement, les Bourses européennes repartant dans le vert, avant de clôturer en ordre dispersé (Paris +0,79%, Francfort +1,22%, Milan +0,81%, Londres -0,24%).
-Menaces sur les infrastructures-
En plus de trois semaines de guerre au Moyen-Orient, ni les Etats-Unis, ni l'Iran n'avaient évoqué publiquement des négociations.
Les frappes envisagées sur les infrastructures faisaient planer une menace dangereuse d'escalade, alors que Donald Trump avait fixé à 23H44 GMT lundi un ultimatum exigeant de l'Iran qu'il rouvre le détroit d'Ormuz.
A défaut, il menaçait "d'anéantir" le réseau électrique iranien, composé de plus de 90 centrales, dont certaines situées sur le Golfe.
Le bras de fer stratégique de la guerre se concentre toujours autour du détroit d'Ormuz, une voie stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures que l'Iran bloque en représailles aux attaques israélo-américaines.
En réponse à l'ultimatum, l'Iran avait menacé de fermer complètement le détroit et de cibler "toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau appartenant aux États-Unis", selon l'agence Fars citant l'armée iranienne.
- Crise énergétique? -
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a estimé lundi matin que le monde avait "perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies" des années 1970. Il a prévenu que la guerre, déclenchée le 28 février, pourrait provoquer la plus grave crise énergétique mondiale de ces dernières décennies.
Dans les faits, le transit de marchandises dans le détroit d'Ormuz s'est effondré de 95% depuis le début de la guerre, selon la société d'analyse Kpler. Seul un petit nombre de cargos et de pétroliers ont réussi à le franchir. Or, d'ordinaire, 20% de la production mondiale d'hydrocarbures y transite.
"Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette voie", a ajouté le chef de l'AIE.
- Situation "incontrôlable" -
Habituellement très en retenue dans cette crise, Pékin a mis en garde lundi matin contre le risque d'une situation "incontrôlable".
"La partie russe a souligné la nécessité d'un arrêt immédiat des hostilités et d'un règlement politique", a indiqué Moscou.
En contradiction avec les dernières déclarations de son allié américain, Israël avait indiqué dimanche se préparer à "encore plusieurs semaines de combats contre l'Iran et le Hezbollah" pro-iranien au Liban.
Des explosions ont retenti lundi en début d'après-midi à Téhéran, a constaté un journaliste de l'AFP, sans pouvoir dire ce qui en était la ou les cibles. Elles ont été ressenties dans le centre de la capitale, faisant trembler les fenêtres du quartier.
burx-dla-emp/seb/
Z.AbuSaud--SF-PST