-
Audi Q9 : dans quelle mesure ce projet va-t-il se concrétiser ?
-
L'UE "préoccupée" par les informations suggérant que la Hongrie a transmis des données sensibles à la Russie
-
Tennis: Atmane s'offre Auger-Aliassime, Medvedev chute
-
Trump change de ton, évoque des "négociations" et suspend des frappes envisagées
-
Wall Street veut croire à une détente au Moyen-Orient
-
Opération de sauvetage pour une baleine échouée sur la côte allemande
-
Dacia Striker : Beau et robuste ?
-
Décharges sauvages: de nombreuses pièces supprimées du dossier contre Nestlé Waters
-
Skoda Peaq : Nouveau SUV électrique 7 places
-
Moyen-Orient: les marchés partagés entre les annonces de Trump et les démentis de Téhéran
-
Le "deal" américain de TotalEnergies pour renoncer à l'éolien en mer et doper le gaz
-
Arnaque à la pompe
-
Lionel Jospin est mort, hommage national prévu jeudi
-
Trump change de ton et évoque des "négociations" avec des responsables iraniens
-
L'élection d'Eric Ciotti, nouvelle épine dans le pied des JO-2030
-
Le Premier ministre slovène entame des discussions pour former une coalition au lendemain des législatives
-
Céline Dion: de mystérieuses affiches relancent les spéculations sur des concerts à Paris
-
Guerre: engouement pour les voitures électriques d'occasion
-
Décès du propriétaire de la plateforme OnlyFans, connue pour ses contenus pornographiques
-
Essai de la Mercedes GLC électrique
-
Décharges sauvages: le procès Nestlé suspendu jusqu'à mardi
-
Des policiers de l'immigration en renfort dans les aéroports américains
-
Italie : Meloni reconnaît son échec au référendum mais reste Première ministre
-
Affaire Epstein: l'ancienne mannequin ayant porté plainte contre Daniel Siad entendue par les enquêteurs
-
Liban: pourquoi Israël vise les ponts du Litani dans le sud
-
Au Texas, le gouvernement Trump cherche à rassurer sur l'énergie, les patrons moins confiants
-
Le Premier ministre slovène lance des discussions pour former une coalition au lendemain des législatives
-
Les pêcheurs sénégalais accablés face "au pillage" de leurs ressources
-
Trump change de ton en évoquant des "négociations" avec un "haut dirigeant" iranien
-
Merz "reconnaissant" envers Trump d'avoir annoncé le report de frappes contre les centrales iraniennes
-
Après l'hécatombe hivernale, les macareux rescapés regagnent l'Atlantique
-
"Un homme qu'on aurait voulu comme frère": l'adieu intime et populaire à Bruno Salomone
-
Russie: un port touché par une attaque de drones ukrainienne près de la Finlande
-
La police examine une revendication de l'attaque à Londres contre des ambulances de la communauté juive
-
Le 21 avril 2002 de Lionel Jospin, la défaite d'une vie face à Le Pen
-
Grèce: indignation et vives tensions à l'ouverture du procès de la collision ferroviaire de Tempé
-
L'UE "préoccupée" par les informations suggérant que la Hongrie a transmis des données sensibles à Moscou
-
La justice allemande rejette l'action d'activistes climatiques contre BMW et Mercedes-Benz
-
Au lendemain des municipales, zizanie à gauche, appel à l'union à droite
-
Attaque à Londres contre un service d'ambulances de la communauté juive
-
Lionel Jospin est mort laissant orpheline la "gauche plurielle"
-
Attaque à Londres contre un service d'ambulance de la communauté juive
-
NBA: Wembanyama élu MVP dès cette année? Les raisons d'y croire
-
Le pétrolier de la flotte fantôme russe, intercepté par la France, arrivé à Marseille
-
Russie: Max, l'application "tout-en-un" préférée des autorités
-
La Bourse de Paris recule à nouveau à cause de la guerre au Moyen-Orient
-
Décès de Lionel Jospin à l'âge de 88 ans
-
UE : Ursula von der Leyen en Australie en vue d'un accord commercial
-
L'aéroport de New York LaGuardia fermé après une collision mortelle sur une piste
-
Grèce: ouverture du procès de 36 accusés dans la catastrophe ferroviaire de Tempé
"Entre deux feux": être Ukrainienne en Russie
En Ukraine, ses proches la considèrent comme une "traître". En Russie, sa vie est faite de "solitude". Maria, une Ukrainienne de 48 ans qui vit en Russie depuis plus de 20 ans, dit sa douleur d'être "entre deux feux" depuis le début de l'offensive.
Les parents de Maria, dont le prénom a été changé pour des raisons de sécurité, sont les seuls membres de sa très grande famille en Ukraine à avoir gardé le contact, dit-elle dans un entretien à l'AFP.
Son neveu, engagé dans l'armée ukrainienne, a été blessé tandis que son gendre, mobilisé côté russe, a été tué.
Après avoir terminé ses études en Russie il y a plus de 20 ans, Maria y est restée travailler. Elle rendait régulièrement visite à sa famille en Ukraine. "La nouvelle du début de la guerre a été un choc", se souvient-elle. Maria n'a pas vu ses proches depuis.
Elle n'a pas pu quitter la Russie, son passeport ukrainien ayant expiré. Et elle tente actuellement d'obtenir un passeport russe pour retrouver "un statut légal et pouvoir bouger". Munie d'un permis de séjour provisoire, elle est prise dans un cercle vicieux bureaucratique qui la "traite comme une ordure".
Selon elle, les Ukrainiens qui sollicitent la nationalité russe subissent de longs interrogatoires sur leur famille et leurs contacts en Ukraine, sur leur opinion concernant l'offensive russe.
Dans les territoires ukrainiens contrôlés par les forces russes, Kiev accuse Moscou de délivrer des passeports russes à des citoyens ukrainiens pour les priver de leur identité.
"Je m'inquiète beaucoup pour mes parents. Ma plus grande peur, c'est de ne plus jamais les revoir", dit-elle en sanglotant. Sa voix tremble.
Elle confie son effroi lorsqu'elle entend "des sirènes et des explosions" pendant les conversations téléphoniques avec sa mère. Ou lorsque les communications sont coupées et qu'elle apprend qu'il y a des frappes dans sa ville natale.
Près de 900.000 Ukrainiens vivaient en Russie avant 2022, selon les chiffres officiels russes qui n'ont pas été actualisés depuis.
Près de 8 millions de réfugiés, soit 18% de la population d'Ukraine, sont partis en Europe la première année du conflit, selon l'Onu.
Au moins 1,2 million de personnes ont quitté l'Ukraine, principalement l'est russophone épicentre des combats, pour la Russie, selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) qui ne précise pas combien d'entre eux se sont installés définitivement en Russie.
Kiev accuse Moscou d'avoir contraint des Ukrainiens à venir en Russie, ce que démentent les autorités russes.
- "Mouton noir" -
C'est par ses parents que Maria a appris que son neveu s'était engagé dans l'armée ukrainienne, puis qu'il a été blessé dans une attaque des forces russes.
Lorsque son gendre russe a, lui, été mobilisé, elle a eu "des sentiments mitigés": "Il a été mobilisé de force, j'avais de la peine pour lui. Mais en même temps j'étais en colère. Dans mon esprit, il y allait pour tuer mes proches".
Le neveu de Maria était au même moment sur le front. "J'avais très peur qu'ils se retrouvent face-à-face. Ils ne se connaissaient pas, mais cette pensée que mon gendre pouvait tuer mon neveu me terrifiait", confie-t-elle, ajoutant: "Je me suis retrouvée entre deux feux".
Son gendre a été tué.
"C'était très dur pour ma fille, c'était son premier amour. Nous avons eu du mal à y croire, car son corps n'a jamais pu être récupéré".
Maria a essayé de parler de sa douleur à ses parents. "Ils m'ont dit que c'était son choix et que cela ne leur faisait ni chaud ni froid".
"Je ne savais pas quoi faire. Je pleurais. Je suis tombée dans la déprime, puis la colère", dit-elle. "Mes proches en Ukraine ne voulaient pas de mon soutien, de ma compassion, ils ne voulaient plus entendre parler de moi. Je suis devenue un mouton noir", soupire Maria qui s'est finalement adressée à un psychologue.
"Mais ce n'est pas de ma faute! Nous ne sommes coupables de rien (les Ukrainiens vivant en Russie, ndlr). Nous souffrons aussi à chaque frappe, chaque bombardement", dit Maria.
- "Chansons ukrainiennes" -
Elle ne regarde plus les informations, ne lit plus les journaux en ligne, a quitté les réseaux sociaux. La guerre, "je ne veux plus en parler, je ne veux plus y penser", dit-elle.
"C'est trop dur de réaliser que je ne peux pas aider mes proches", explique-t-elle.
Depuis 2022, la clientèle de Maria, qui travaille dans un salon de beauté, s'est réduite comme peau de chagrin. "Beaucoup de mes clientes sont parties à l'étranger", dit-elle. "D'autres ont renoncé à mes services parce que je suis Ukrainienne et que je ne soutiens pas" l'offensive.
Son cercle d'amis a aussi diminué. Elle dit se sentir "plus tranquille" lorsqu'elle est seule: "Personne pour trahir, personne pour me dénoncer".
"Quand je suis entourée de gens qui ont une autre opinion que moi (sur le conflit), dans ma tête je chante des chansons ukrainiennes. C'est comme ça que je fais face à ma solitude", raconte Maria.
"Je ne sais pas ce que je vais faire ensuite, car je ne sais pas ce qui va se passer demain", avoue Maria. Partir en Europe? "Mais en quittant la Russie, je n'aurais ni statut de réfugié, ni aide", à la différence de ses compatriotes ayant fui l'Ukraine, dit Maria, dont la situation financière est précaire.
"J'aimerais beaucoup que la guerre finisse demain. Mais ce n'est pas réaliste. Chaque dirigeant a ses revendications et personne ne veut faire des concessions. Et tout le monde s'en fout des gens qui souffrent", conclut-elle.
E.Aziz--SF-PST