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Impôts, dépenses, déficit: qu'y a-t-il dans le budget de l'Etat pour 2026 ?
Le budget 2026, qui a été adopté lundi après le rejet de deux motions de censure, est décrit comme "socialiste" par une partie de la droite et le RN, "d'austérité" par la gauche radicale. Il reflète surtout le difficile compromis noué par le gouvernement avec le Parlement.
- Le déficit à 5% du PIB
La copie initiale du budget prévoyait de réduire le déficit public à 4,7% du PIB en 2026, contre 5,4% du PIB en 2025. Il s'établira finalement à 5,0%, en raison des concessions accordées notamment au PS, que ce soit sur le budget de la Sécurité sociale ou celui de l'État.
Les dépenses publiques passeront de 56,8 à 56,7% du PIB, et le taux de prélèvement obligatoire de 43,6 à 43,9%, selon des prévisions actualisées du gouvernement.
Le déficit est chiffré pour l'État à 134,6 milliards d'euros dans la version finale du texte, contre 124,7 en 2025.
Le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson (LR) fustige une copie qui "aggrave le déficit de plus de 10 milliards d'euros par rapport au budget initial", et qui va continuer de creuser la dette, "à 118,2% du PIB en 2026 (118,3 selon le dernier chiffre du gouvernement, NDLR), contre 115,9% en 2025". Le tout en faisant peser sur les entreprises "la part essentielle des hausses d'impôts".
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a préféré souligner devant les députés la semaine dernière que "pour la première fois depuis longtemps (...) la dépense ralentit réellement. En 2026, la progression de la dépense publique en volume tombe à 0,9% contre 1,7% en 2025 et plus de 2% les années précédentes".
- Impôts: le gouvernement plaide la "stabilité"
Par rapport à la version initiale du budget, les entreprises peuvent regretter plusieurs hausses d'impôts: la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises devrait ainsi rapporter 7,3 milliards en 2026, au lieu de 4 prévus au départ (et 8 milliards en 2025).
Le gouvernement est aussi revenu sur la diminution prévue de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), récupérant 1,3 milliard.
Si le patronat a dénoncé ces revirements, le gouvernement a mis en avant la stabilité du cadre fiscal: le budget n'"augmente pas" les impôts, a encore martelé lundi M. Lecornu.
Concernant les ménages, la stabilité prime aussi, le gouvernement ayant renoncé au gel du barème de l'impôt sur le revenu. Les retraités conservent leur abattement de 10% sur cet impôt.
Et les socialistes ont échoué à faire adopter les mesures de taxation des hauts revenus qu'ils avaient portées, qu'il s'agisse de la taxe Zucman ou d'une nouvelle version de l'Impôt sur la fortune.
La taxe sur les holdings, réduite à portion congrue, devrait rapporter environ 100 millions d'euros par an.
- Dépenses: des coupes sélectives
Mardi dernier, le Premier ministre a souligné que le "cœur politique" du budget résidait "dans l'effort militaire".
Les crédits de la Défense augmentent ainsi de 6,5 milliards, quand d'autres "missions" voient leur budget stagner voire diminuer, hors ministères régaliens.
Le programme d'investissements France 2030 a été amputé de 1,1 milliard d'euros, tandis que le "Fonds vert" pour accompagner la transition écologique dans les territoires a vu son budget passer de 1,15 milliard en 2025 à 850 millions en 2026 - une baisse certes moins forte que prévu.
Les socialistes se sont félicités d'avoir obtenu un coup de pouce pour la prime d'activité versée aux travailleurs modestes, pour un coût estimé à 700 millions d'euros en 2026.
Autres motifs de satisfaction pour eux, la généralisation des repas à un euro pour les étudiants, la revalorisation des Aides personnalisées au logement (APL) ou encore une ponction moindre qu'attendue des recettes des bailleurs sociaux.
Les autres forces de gauche ont plutôt mis l'accent sur les baisses de dépenses, accusant le gouvernement de reprendre d'une main ce qu'il a donné de l'autre.
"On a des coupes très importantes qui se confirment dans plusieurs ministères voire sont accrues", souligne le président LFI de la commission des Finances de l'Assemblée, Éric Coquerel, énumérant "la Cohésion des territoires, l'Aide au développement, le Sport, l'Agriculture, la Culture, ou l’Écologie".
Également dans le viseur de La France insoumise, la hausse des taxes pour renouveler des titres de séjour, ou le fait de réserver aux demandeurs d'emploi la possibilité de financer son permis de conduire via le Compte personnel de formation (CPF) - ce qu'a également critiqué le RN.
La gauche se retrouve en revanche unie pour dénoncer la suppression de 4.000 postes d'enseignants pour la rentrée 2026.
F.AbuShamala--SF-PST