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A Davos, Trump critique l'Europe et réaffirme ses visées sur le Groenland
Donald Trump a violemment attaqué l'Europe et le Danemark mercredi à Davos, réaffirmant que seuls les Etats-Unis étaient en mesure de protéger le Groenland, tout en vantant sur un ton triomphant la vigueur économique américaine.
"J'aime l'Europe, et je veux que l'Europe aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction", a-t-il asséné dans son discours à la tribune du Forum économique mondial, qui tient sa réunion annuelle dans la station huppée des Alpes suisses.
Le président américain vient éprouver la résistance des Européens face à son projet d'acquisition du Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark, a exigé des "négociations immédiates" sur le sujet.
"Le fait est qu'aucune nation ni groupe de nation n'est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des Etats-Unis. Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu'ils l'ont découvert il y a deux semaines au Venezuela", a-t-il affirmé, reprochant aussi au Danemark de faire preuve d'"ingratitude".
Les élites économiques et politiques réunies dans les Alpes suisses avaient commencé à faire la queue plus de deux heures avant le début du discours, et l'affluence était telle qu'il a fallu ouvrir quatre salles de retransmission en plus de l'auditorium de 1.300 places. Même comme cela, tous n'ont pas pu entrer.
Le milliardaire de 79 ans avait rejoint avec un peu de retard la station de sports d'hiver huppée, à la suite d'un problème à bord d'Air Force One qui l'a contraint à faire demi-tour et prendre un autre appareil.
"Les Etats-Unis sont le moteur économique de la planète", a aussi vanté Donald Trump, alors que les sondages révèlent un profond mécontentement des Américains sur le coût de la vie, ce qui menace le Parti républicain à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.
"Quand l'Amérique prospère, le monde prospère (...). Quand elle va mal, ça va mal pour tout le monde", a-t-il lancé.
- "Ne cèdera pas" -
L'ancien promoteur immobilier, qui depuis son retour au pouvoir il y a un an a complètement bouleversé l'ordre mondial, participe au Forum pour la première fois depuis 2020.
Le président américain, qui affectionne les rassemblements de grosses fortunes et de personnalités influentes, y était venu pendant son premier mandat.
Selon la Maison Blanche, Donald Trump aura environ cinq réunions bilatérales, mais ses interlocuteurs ne sont pas connus pour l'heure.
Jeudi, il fera la promotion d'une autre initiative diplomatique fracassante: son "Conseil de la paix", considéré par beaucoup comme un rival de l'Onu.
Donald Trump a déjà dit ne pas s'attendre à beaucoup de résistance des Européens et d'autres alliés, malgré leurs déclarations plus ou moins vigoureuses.
"Le Royaume-Uni ne cédera pas sur ses principes et valeurs et sur l'avenir du Groenland", a déclaré mercredi son Premier ministre Keir Starmer.
Le président américain insiste sur le fait que le Groenland est vital pour la sécurité des Etats-Unis et de l'Otan face à la Russie et à la Chine.
Il a menace d'imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu'à 25% à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l'Europe à menacer les Etats-Unis de représailles.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a appelé l'Europe à rompre avec sa "prudence traditionnelle" face aux défis d'un monde "de plus en plus anarchique" et défini par la "puissance brute".
- "Inspirez" -
"Inspirez profondément. N'ayez pas ce réflexe de colère", a rétorqué le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, reprochant aux Européens des déclarations "incendiaires".
Le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte a plaidé pour "une diplomatie réfléchie".
Au Forum mardi, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines "inacceptables" de "subordonner l'Europe". "Nous préférons le respect aux brutes", a-t-il déclaré.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui s'efforce de réduire la dépendance de son pays vis-à-vis de Washington depuis que Donald Trump a appelé à faire du Canada le 51e Etat américain, a été ovationné pour son discours mardi.
"Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si nous ne sommes pas à la table (des discussions), nous sommes au menu", a-t-il dit.
K.Hassan--SF-PST