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Gaza: une commission mandatée par l'ONU accuse Israël de "génocide"
Pour la première fois, une commission d'enquête internationale mandatée par l'ONU a accusé mardi Israël de commettre un "génocide" à Gaza depuis octobre 2023 avec l'intention de "détruire" les Palestiniens, mettant en cause le Premier ministre et d'autres responsables israéliens.
La commission, qui ne s'exprime pas au nom de l'ONU, est arrivée "à la conclusion qu'un génocide se produit à Gaza et continue de se produire" dans ce territoire palestinien, a déclaré à l'AFP sa présidente, Navi Pillay.
C'est la première fois qu'une commission d'enquête mandatée par l'ONU accuse Israël de "génocide". Selon Mme Pillay, le rapport devrait "inciter les hauts dirigeants de l'ONU" à en faire autant.
Après la publication du rapport, le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, a indiqué voir des "preuves grandissantes" d'un "génocide" à Gaza.
Israël a "rejeté catégoriquement" ce "rapport biaisé et mensonger" et appelle à la "dissolution immédiate" de cette commission mandatée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
Chris Sidoti, l'un des trois commissaires, a balayé en conférence de presse les réponses israéliennes, affirmant qu'elles semblaient sorties de "ChatGPT" : "Ils disent toujours la même chose" et n'apportent "jamais de preuves".
Selon la commission, les autorités et forces de sécurité israéliennes ont commis "quatre des cinq actes génocidaires" définis par la Convention de 1948 sur le génocide.
A savoir: "meurtre de membres du groupe; atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle; et mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe".
- "Peuple israélien trahi" -
Cette commission a conclu que le président israélien, Isaac Herzog, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et l'ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, avaient "incité à commettre un génocide et que les autorités israéliennes (n'avaient) pas pris de mesures" pour les en empêcher.
"La population israélienne a été trahie par son gouvernement (...) qui poursuit depuis deux ans cette guerre génocidaire", a affirmé M. Sidoti.
"Le traumatisme" du 7-Octobre a été "manipulé par Netanyahu et ses acolytes", a-t-il dit.
La guerre à Gaza a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, qui a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP.
Depuis, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a juré de détruire le mouvement islamiste qui a pris le pouvoir en 2007 à Gaza.
La campagne de représailles militaires dans le territoire palestinien a fait près de 65.000 morts, selon des données du ministère de la Santé de la bande de Gaza, des données jugées fiables par l'ONU.
"Il existe une intention de détruire les Palestiniens à Gaza", a relevé Mme Pillay, qui fut présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda et juge à la Cour pénale internationale (CPI).
Les plus hauts dirigeants israéliens "ont orchestré une campagne génocidaire", a ajouté la Sud-Africaine de 83 ans, ancienne Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme.
- "Complicité" -
La commission n'est pas une instance juridique mais ses rapports peuvent accroître la pression diplomatique et servent à recueillir des preuves que les tribunaux peuvent utiliser.
Mme Pillay a expliqué la commission a l'obligation de partager ses informations avec les institutions judiciaires, qu'elles soient nationales ou internationales.
Elle a appelé les États membres à "agir maintenant" car "il n'est pas nécessaire d'attendre que la Cour internationale de Justice déclare un génocide".
"Lorsque des signes et des preuves manifestes de génocide apparaissent, l'absence d'action pour y mettre fin équivaut à une complicité", a-t-elle averti.
Depuis le début de la guerre, Israël a été accusé à plusieurs reprises de commettre un génocide à Gaza, par diverses ONG, des experts indépendants de l'ONU, et jusque devant la justice internationale, à l'initiative de l'Afrique du Sud.
Les autorités israéliennes rejettent vigoureusement ces accusations.
A La Haye, la Cour internationale de justice (CIJ) avait sommé Israël dès janvier 2024 de prévenir tout acte de génocide. Quatre mois après, le procureur de la CPI avait demandé que des mandats d'arrêt soient délivrés à l'encontre de MM. Netanyahu et Gallant, soupçonnés de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
W.Mansour--SF-PST