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Des victimes d'Epstein vont assembler leur "propre liste de noms" liés à l'affaire
Des victimes du délinquant sexuel Jeffrey Epstein ont déclaré mercredi devant le Capitole de Washington qu'elles compileraient confidentiellement leur "propre liste de noms" de personnes liées à son réseau d'exploitation sexuelle, exhortant Donald Trump et le Congrès à agir pour plus de transparence.
L'affaire Epstein, du nom du financier new-yorkais mort en prison en 2019 avant son procès pour crimes sexuels, enflamme de nouveau les Etats-Unis depuis que le gouvernement de Donald Trump a annoncé début juillet n'avoir découvert aucun élément nouveau qui justifierait la publication de documents supplémentaires ou le lancement d'une nouvelle enquête dans ce dossier.
La mort, par suicide selon les autorités, de Jeffrey Epstein a alimenté d'innombrables théories du complot, selon lesquelles il aurait été assassiné pour empêcher d'impliquer des personnalités de premier plan.
Après avoir promis à ses partisans pendant sa campagne présidentielle des révélations fracassantes sur cette affaire, Donald Trump tente aujourd'hui d'éteindre la polémique, qu'il a de nouveau qualifiée mercredi de "canular" monté par l'opposition démocrate.
"Ils essaient de faire en sorte que les gens parlent de quelque chose qui est totalement négligeable au regard du succès que nous avons eu dans ce pays depuis que je suis président", a déclaré le républicain dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, où il recevait le président polonais Karol Nawrocki.
- "Vérité" -
Ses commentaires sont intervenus au même moment qu'une conférence de presse organisée à l'extérieur du Capitole de Washington en présence de près d'une dizaine de victimes de Jeffrey Epstein, de proches de victimes, et d'avocats les représentant.
Plusieurs ont témoigné à tour de rôle sur leur histoire, appelant les autorités américaines à faire la lumière sur le réseau d'exploitation sexuelle du financier.
"Il n'y a pas de canular. Les agressions étaient réelles", a déclaré Haley Robson, qui avait été recrutée pour prodiguer des massages à Jeffrey Epstein quand elle avait 16 ans, et qui dit avoir été agressée sexuellement au début des années 2000 dans sa résidence de Floride.
"Le gouvernement connaît la vérité", a-t-elle affirmé lors de la conférence de presse.
"Nous savons qui était impliqué (...) et nous sommes là 20 ans plus tard à attendre que vous vous bougiez et que vous fassiez quelque chose", a-t-elle ajouté, apportant son soutien à l'initiative de Lisa Phillips, une autre victime présente à la conférence de presse.
Celle-ci a déclaré vouloir lancer une opération pour contacter les victimes de Jeffrey Epstein et assembler de manière confidentielle une liste des personnes liées à son réseau d'exploitation sexuelle.
Mais la publication des noms devra revenir au gouvernement, a-t-elle précisé, car les victimes ont pour beaucoup peur de représailles.
- Pétition -
Une seconde conférence de presse a été tenue peu après, organisée par deux députés, le républicain Thomas Massie et le démocrate Ro Khanna, en présence également de victimes de Jeffrey Epstein.
Les deux élus, opposés sur de nombreux sujets, ont lancé conjointement une procédure au Congrès pour forcer l'administration Trump à publier quasiment l'ensemble des documents en sa possession sur l'affaire Epstein.
Mais le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, s'oppose à leur initiative, et ils ont donc besoin des signatures de 218 députés pour forcer un vote sur la question.
Si l'ensemble des 212 élus démocrates ont signé cette pétition, seules trois élues républicaines, outre Thomas Massie, ont fait de même, en raison de l'opposition de Mike Johnson à cette initiative.
Thomas Massie, réputé être l'un des seuls élus républicains à oser s'opposer à Donald Trump, a exhorté mercredi ses collègues "à trouver leur courage".
La veille, une commission de la Chambre des représentants avait publié plus de 33.000 pages de documents liés à l'affaire Epstein dans une volonté de "transparence complète", selon le chef de cette commission, James Comer.
Mais Thomas Massie a dénoncé mercredi le fait que de nombreuses pages aient été "caviardées", tandis que, selon lui, 97% du contenu était déjà public.
W.AbuLaban--SF-PST