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Surf et baignade, les Gazaouis redécouvrent les plaisirs d'une mer propre
Sabah Abou Ghanem a récemment retrouvé un plaisir que la pollution lui avait dérobé: cette surfeuse palestinienne de la bande de Gaza a remis sa planche à l'eau, la mer étant désormais propre et adaptée à la baignade, d'après les autorités locales.
"Dès que j'entre dans l'eau et que je prends les vagues, je me sens libre et heureuse, je remplace toute l'énergie négative en énergie positive", s'enthousiasme la jeune femme de 22 ans. "Depuis des années je n'avais pas surfé".
La pollution marine s'est aggravée ces dernières années dans la bande de Gaza, micro-territoire de 2,3 millions d'habitants sous blocus israélien, où la mer Méditerranée était devenue le réceptacle des eaux usées faute de suffisamment d'usines de traitement efficaces.
Mais l'an dernier, une grande usine financée par l'Allemagne a commencé à opérer dans le centre du territoire, traitant environ 60.000 mètres cubes d'eaux usées par jour, un volume qui correspond à la moitié des rejets de l'enclave, d'après Mohamed Masleh, un responsable au ministère de l'Environnement à Gaza.
Grâce à la mise en place de pompes de relevage connectées à l'usine, au filtrage de l'eau et à un meilleur raccordement électrique, avec des générateurs et des panneaux solaires, la qualité de l'eau s'est nettement améliorée, en attestent des échantillons d'eau récemment prélevés en mer et analysés par les autorités locales, explique M. Masleh.
Désormais, 65% des plages de Gaza sont adaptées à la baignade, d'après lui.
- Echappée -
L'usine de traitement, située à Bureij, a clairement changé la donne dans le territoire palestinien où 300 millions de dollars (283 millions d'euros) de projets ont été financés depuis 10 ans pour répondre au problème des eaux usées, selon Maher Najjar, directeur adjoint de l'autorité en charge des eaux côtières.
Après filtrage de l'eau à Bureij, 60 tonnes de déchets sont récupérés chaque jour, autant de résidus qui ne finissent pas dans la Méditerranée, note-t-il, espérant une eau entièrement saine à Gaza d'ici deux ans.
Avec les vacances scolaires ayant récemment débuté et les températures estivales, la fréquentation des plages, une des seules bouffées d'air dans ce territoire miné par la pauvreté et coincé entre la Méditerranée, Israël et l'Egypte, est montée en flèche.
Si Sabah Abou Ghanem a décidé de remonter sur sa planche de surf depuis que les autorités ont annoncé, début juin, que la mer était de nouveau propre, elle avoue rechigner à y envoyer ses enfants qui "ont la peau sensible et pourraient attraper des infections".
Assise sur la plage de la ville de Gaza avec ses enfants et petits-enfants, Oum Ibrahim Sidr est, elle, aussi sur la réserve.
"J'avais dit que personne ne devait se baigner mais nous n'avons pas pu contrôler les enfants quand ils ont vu tous ces gens dans l'eau et ils y sont allés quand même", dit cette Palestinienne de 64 ans.
L'un de ses petits-fils, Ibrahim, 13 ans, insiste pour rester dans l'eau malgré ses yeux rougis par le sel. "Ca m'avait manqué de me baigner en mer".
T.Samara--SF-PST