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Les combats font rage à Gaza, le chef de l'ONU appelle à mettre fin au "cauchemar"
Le secrétaire général de l'ONU a appelé dimanche Israël à "lever les derniers obstacles" à l'entrée de l'aide à Gaza et à un cessez-le feu pour mettre fin au "cauchemar" de la population, après cinq mois et demi de guerre entre Israël et le Hamas.
Les bombardements israéliens et les combats font rage pendant ce temps dans le territoire palestinien, assiégé et au bord de la famine, alors que les négociations sur une trêve ne montrent aucun signe de progrès malgré les pressions redoublées des Etats-Unis.
Les bombardements ont fait 84 morts en 24 heures, selon le ministère de la Santé du Hamas, notamment dans la ville de Gaza, dans le nord, et celles de Khan Younès et Rafah, dans le sud.
M. Guterres s'était rendu samedi du côté égyptien du point de passage de Rafah, où il a appelé à mettre fin "au cauchemar sans fin" vécu par les Gazaouis.
"Ces souffrances doivent prendre fin", a-t-il affirmé, en réclamant "un cessez-le feu humanitaire immédiat" ainsi que la libération immédiate de "tous les otages" retenus à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre.
- "Des frappes, des cris" -
"Les maisons se sont effondrées au-dessus de nos têtes", a raconté dimanche à l'AFP un habitant de Rafah, Hassan Zanoun, rescapé d'une frappe nocturne.
"Mes enfants et moi dormions ici. J'ai été surpris, nous n'avions pas entendu le bruit d'une roquette et soudain, tout s'est déchaîné au-dessus de nos têtes. Des frappes, des cris".
Après plusieurs jours de nouveaux pourparlers au Qatar sur une trêve, les chefs de la CIA, Bill Burns, et du Mossad, David Barnea, ont quitté samedi Doha, selon une source proche des discussions. Ils vont "informer leurs équipes respectives" de ces négociations, qui se sont "concentrées sur les détails et un ratio pour l'échange d'otages et de prisonniers", selon cette source.
Dans une proposition transmise à la mi-mars aux médiateurs, le Hamas s'était dit prêt à une trêve de six semaines, avec des libérations d'otages en échange de prisonniers palestiniens.
Mais samedi, un responsable du mouvement islamiste a fait état de "profondes divergences". Israël "refuse d'accepter un cessez-le feu complet, il refuse un retrait complet de ses forces de Gaza" et veut garder la gestion du secours et de l'aide humanitaire "sous son contrôle", a affirmé à l'AFP ce responsable.
Le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant est par ailleurs attendu dimanche à Washington, à l'heure où les Etats-Unis redoublent de pressions sur Israël pour parvenir à un cessez-le-feu accompagné de la libération d'otages ainsi que l'entrée d'une aide humanitaire accrue à Gaza.
Les Etats-Unis appellent notamment leur allié à renoncer à une invasion de Rafah, où sont massés selon l'ONU près d'un million et demi de Palestiniens, la plupart déplacés par la guerre.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne cesse de répéter qu'une offensive terrestre est nécessaire afin de parvenir à la "victoire totale" contre le Hamas.
Un nouveau rassemblement réclamant au gouvernement israélien davantage d'efforts pour obtenir la libération des otages a eu lieu samedi devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv. Le rassemblement, auquel participaient notamment les familles des otages, a donné lieu à des échauffourées entre les manifestants et les forces de l'ordre.
La guerre a éclaté le 7 octobre quand des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza ont mené une attaque sans précédent dans le sud d'Israël qui a fait au moins 1.160 morts, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.
D'après Israël, environ 250 personnes ont été enlevées et 130 d'entre elles sont toujours otages à Gaza, dont 33 seraient mortes.
En représailles, Israël a juré de détruire le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007 et qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. Son armée a lancé une offensive qui a fait jusqu'à présent 32.226 morts à Gaza, la plupart des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.
- "Il a perdu la vie pour rien" -
Dimanche, l'armée israélienne a annoncé poursuivre ses opérations terrestres et aériennes à Khan Younès.
Des témoins ont raconté à l'AFP que des dizaines de véhicules blindés et de chars avaient mené une incursion vers deux heures du matin, accompagnées de frappes aériennes, dans le centre de la ville et aux environs des deux grands hôpitaux, Nasser et al-Amal.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, "des dizaines" de personnes ont été tuées ou blessées.
Israël impose un siège complet à Gaza depuis le début de la guerre et contrôle strictement l'aide humanitaire qui arrive principalement depuis l'Egypte via Rafah, en quantité très insuffisante face aux immenses besoins des 2,4 millions d'habitants.
Belal Hzilah a raconté que son neveu figurait parmi les Palestiniens tués au point de distribution de l'aide. "Il voulait emporter de la farine et de la nourriture. Il a un fils de deux mois et onze personnes dépendent de lui. Ils n'ont rien à manger (...) Il a perdu la vie pour rien", a-t-il dit à l'AFP.
Dans la ville de Gaza, l'armée poursuit son opération lancée le 18 mars contre le complexe hospitalier al-Chifa. Elle a annoncé que plus de 170 combattants palestiniens avaient déjà été tués et 480 autres arrêtés, tandis que "des armes" ont été découvertes dans l'hôpital.
Selon les autorités du Hamas, trois bâtiments abritant des centaines de déplacés, de malades et de blessés, ont été bombardés et incendiés dimanche.
T.Ibrahim--SF-PST