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Trump, l'inoxydable candidat républicain
Il a été inculpé quatre fois au pénal, a subi l'infamie de deux procédures de destitution, a maintes fois été déclaré mort politiquement... Et pourtant.
Donald Trump n'a jamais été en aussi bonne voie de décrocher, une nouvelle fois, les clés de la Maison Blanche.
Après avoir remporté haut la main les primaires de son parti, le tempétueux septuagénaire est désormais assuré d'être, pour la troisième fois, le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine.
Face au président démocrate Joe Biden qui essuie des critiques récurrentes sur son âge, Donald Trump, seulement de quatre ans son cadet, est même donné gagnant à la présidentielle dans la plupart des sondages.
Comment est-il possible que l'ancien président, dont la chute a pourtant été mille fois annoncée, puisse espérer un tel come-back?
La question fascine, obsède.
Pour Julian Zelizer, politologue à l'université de Princeton, son choix par les républicains est tout simplement "stupéfiant".
"La situation est unique: on a un parti qui a choisi un candidat qui a accumulé les ennuis politiques en tant que président, enchaîne les tracas judiciaires depuis qu'il a quitté le pouvoir, et n'a pas été réélu" en 2020, analyse-t-il auprès de l'AFP.
- "Chasse aux sorcières" -
La stratégie de Donald Trump pour éviter le naufrage est pourtant claire.
Dès ses premiers pas en politique, l'ex-homme d'affaires a joué la carte d'un candidat antisystème, outrancier et volontiers provocateur.
Comme quand, un mois avant la présidentielle de 2016, ressort une vieille vidéo où l'on l'entend se vanter d'utiliser sa célébrité pour "choper (les femmes) par la chatte".
On lui prédit alors de perdre le vote des femmes. Cela ne se produit pas. Donald Trump se hisse à la tête des Etats-Unis dans un fracas inimaginable.
Désormais cerné par les ennuis judiciaires, l'ancien magnat de l'immobilier rejoue la même partition, se posant en victime d'une "chasse aux sorcières", coordonnée par des "marxistes et fascistes", à la botte de Joe Biden.
"Ils ne sont pas après moi, ils sont après vous, je suis juste sur leur chemin", lance-t-il fréquemment à ses partisans, nombreux à être restés fidèles à l'ancien président.
Qu'importe que le républicain n'ait aucune preuve pour étayer ses accusations. La formule est efficace.
Deux procédures de destitution, une attaque menée contre le Congrès américain par ses partisans, des déclarations fiscales douteuses et désormais quatre inculpations au pénal, le tribun a survécu à tous les scandales.
Comme si, à force d'accumulation, ils n'avaient plus d'effet sur lui.
- Obstacles -
Mais gare à couronner Donald Trump trop vite, soulignent ses détracteurs.
L'homme d'affaires a certes créé la surprise en remportant la présidentielle de 2016, mais les conservateurs ont aussi perdu quasiment tous les scrutins nationaux depuis que son influence règne sur le parti. Un argument rabâché sans cesse par son ancienne rivale républicaine aux primaires, Nikki Haley.
Contrairement à la tradition, la quinquagénaire a d'ailleurs refusé de soutenir la candidature de l'ancien président face à Joe Biden lorsqu'elle a abandonné la course la semaine dernière.
Par ailleurs, le président démocrate, qui se vante d'être éternellement sous-estimé, "a déjà prouvé qu'il était capable de le battre", renchérit Julian Zelizer.
Et si les ennuis judiciaires de Donald Trump ont jusqu'ici plutôt profité à sa campagne -- faisant affluer des millions de dollars en dons de ses partisans -- les sondages montrent que son soutien s'effriterait considérablement s'il était condamné.
Son premier procès débute le 25 mars à New York, avant des rendez-vous judiciaires en Floride et, possiblement, à Washington.
Cela rend les chances d'un verdict avant l'élection présidentielle du 5 novembre extrêmement élevées.
Et voilà l'inoxydabilité de Donald Trump à nouveau menacée.
H.Darwish--SF-PST