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La Syrie dénonce "l'occupation" américaine après les frappes meurtrières sur son territoire
La Syrie a dénoncé samedi "l'occupation" américaine de certaines parties de son territoire et les bombardements meurtriers dans la nuit, après les frappes de représailles menées selon les Etats-Unis "avec succès" contre des forces d'élite iraniennes et des groupes pro-iraniens en Syrie et en Irak.
Au moins 18 combattants pro-iraniens ont été tués dans l'est de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Des sources sécuritaires ont par ailleurs confirmé à l'AFP des bombardements de positions de groupes armés pro-iraniens dans l'ouest de l'Irak, près de la Syrie.
Les Etats-Unis ont indiqué que ces frappes étaient une riposte à l'attaque le 28 janvier sur une base en Jordanie qui a coûté la vie à trois militaires américains, attaque attribuée par Washington à des groupes soutenus par l'Iran.
L'intervention militaire américaine dans la nuit de vendredi à samedi a duré trente minutes environ et a été "un succès", a indiqué la Maison Blanche, qui a assuré à nouveau ne pas vouloir d'une "guerre" avec l'Iran.
Un total de 85 cibles sur sept sites différents (quatre en Syrie et trois en Irak) ont été visées, a indiqué John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.
Ces frappes ont entraîné "la mort d'un certain nombre de civils et de soldats, des blessures chez d'autres et des dégâts importants", a indiqué l'armée syrienne dans un communiqué.
"L'occupation de certaines parties du territoire syrien par les forces américaines ne peut plus durer", a-t-elle ajouté, affirmant sa "détermination à libérer l'ensemble du territoire syrien du terrorisme et de l'occupation".
- Craintes de "conséquences désastreuses" -
Quelque 900 soldats américains sont déployés en Syrie et 2.500 en Irak voisin dans le cadre d'une coalition internationale antijihadiste créée pour combattre le groupe Etat islamique lorsque ce dernier contrôlait des pans entiers de territoires syrien et irakien.
La défaite de l'EI en Syrie a été proclamée en 2019 (et en Irak en 2017), mais la coalition est restée dans le pays pour lutter contre des cellules jihadistes qui continuent d'y mener des attaques.
De son côté, le gouvernement irakien a fustigé une "violation de la souveraineté irakienne". Ces frappes font craindre des "conséquences désastreuses pour la sécurité et la stabilité de l'Irak et de la région", a déclaré un porte-parole militaire du Premier ministre irakien dans un communiqué.
La Maison Blanche a assuré que les Etats-Unis avaient "prévenu le gouvernement irakien avant les frappes". L'armée américaine est passée à l'acte peu après le retour solennel aux Etats-Unis des corps des trois militaires américains tués en Jordanie, auquel a assisté le président Joe Biden.
L'opération a visé des centres de commandement et de renseignement, ainsi que des infrastructures de stockage de drones et de missiles "qui ont permis les attaques contre les forces américaines et de la coalition", a précisé le Pentagone.
"Nous ne voulons plus voir une attaque de plus contre des positions ou des militaires américains dans la région", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche John Kirby.
"Notre riposte a commencé aujourd'hui. Elle continuera selon le calendrier et aux endroits que nous déciderons", a par ailleurs indiqué Joe Biden.
Depuis la mi-octobre, plus de 165 frappes de drones et tirs de roquettes ont visé les forces américaines déployées avec la coalition antijihadiste en Irak et en Syrie, mais aucun militaire américain n'avait été tué jusqu'à l'attaque du 28 janvier en Jordanie.
"Les Etats-Unis ne veulent de conflit ni au Moyen-Orient ni ailleurs dans le monde. Mais que ceux qui veulent nous faire du mal le sachent bien: si vous touchez à un Américain, nous répondrons", a indiqué dans un communiqué le président américain.
D.AbuRida--SF-PST