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Biden dans le Michigan, épicentre de la colère des Américains d'origine arabe
Joe Biden se rend jeudi dans le Michigan, un Etat du Nord des Etats-Unis crucial sur le plan électoral, qui est aussi l'épicentre de la colère des Américains d'origine arabe contre la politique pro-israélienne du président démocrate.
La Maison Blanche a précisé qu'il s'agissait d'un voyage à visée purement électorale, et l'équipe de campagne du démocrate indique seulement qu'il va rencontrer des membres du grand syndicat automobile UAW, dans la région de Detroit.
Aucune précision n'a filtré sur les détails ou étapes de ce déplacement, entouré d'un degré de confidentialité inhabituel même pour un président américain.
Le syndicat vient tout juste d'appeler à voter pour Joe Biden, un soutien qui peut peser lourd dans le Michigan, berceau de l'industrie automobile américaine.
L'Etat de la région des Grands lacs est ce que l'on appelle un "swing state", susceptible de pencher pour le président américain comme pour son grand rival Donald Trump, favori de la primaire républicaine, lors de l'élection présidentielle en novembre.
Joe Biden s'y était imposé, de peu, face à l'ancien président en 2020, et il espère répéter le résultat.
Mais il lui faudra composer cette fois avec la colère des Américains d'origine arabe, particulièrement nombreux dans le Michigan.
Cet électorat accuse le président de sacrifier les civils de Gaza, en proie à une très grave crise humanitaire, au nom du soutien à Israël.
Est-ce pour tenter d'apaiser ce ressentiment? Selon les médias américains, le démocrate de 81 ans s'apprêtait jeudi à signer un décret visant des colons juifs accusés d'attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée.
L'armée israélienne mène une vaste opération militaire à Gaza depuis que le mouvement islamiste palestinien Hamas a lancé, le 7 octobre, une sanglante attaque en Israël.
- "Genocide Joe" -
Plusieurs associations avaient appelé à manifester en faveur d'un cessez-le-feu immédiat à Gaza mercredi soir à Dearborn, une banlieue de Detroit connue pour abriter l'une des plus grandes communautés d'origine arabe du pays, et un collectif appelé "Abandonner Biden" organise jeudi une conférence de presse, dans la même ville, pour protester contre sa venue.
"Jamais encore le lieu d'une réunion de campagne d'un président n'avait à ce point été tenue secrète. Je crois que Biden a tellement déçu les citoyens qu'il a peur de les rencontrer publiquement", a commenté l'un des dirigeants de ce collectif, Khalid Turaani, dans un communiqué.
La semaine dernière, le maire de Dearborn avait refusé de rencontrer la directrice de campagne de Joe Biden, de passage dans la région.
"Je ne vais pas parler d'élections alors que nous voyons un génocide se dérouler sous nos yeux avec le soutien de notre gouvernement", a expliqué Abdullah Hammoud sur le réseau social X (anciennement Twitter).
Où qu'il se rende, le président américain est désormais confronté à des groupes de manifestants qui, au passage de son convoi, agitent des drapeaux palestiniens et entonnent des slogans contre "Joe le génocidaire" ("Genocide Joe").
Ses discours sont presque systématiquement interrompus par des militants pro-Palestiniens. Le 23 janvier, Joe Biden avait ainsi dû s'arrêter plusieurs fois de parler, lors d'un événement consacré à la défense du droit à l'avortement.
Chaque voix ou presque compte pour le président démocrate, car l'élection de novembre pourrait se jouer, comme la dernière fois, sur de faibles écarts dans certains Etats-clé.
Par exemple en Pennsylvanie: Joe Biden avait difficilement gagné en 2020 dans cet Etat où vivent également de nombreux Américains d'origine arabe.
B.Mahmoud--SF-PST