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Ultradroite: sept interpellations dans un dossier lié à la figure complotiste Rémy Daillet
Sept personnes, dont un ancien fonctionnaire de police et une avocate anti-vaccin, ont été interpellées mardi en France dans un dossier terroriste comptant déjà quatorze mis en cause, telle la figure des milieux complotistes Rémy Daillet.
Les sept personnes en garde à vue depuis mardi à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sont âgées de 36 à 62 ans, selon une source proche du dossier.
Selon des sources proches du dossier, l'avocate en garde à vue est Me Virginie de Araujo-Recchia, qui par le passé avait accusé l'exécutif de se rendre coupable de "génocide" en appelant la population à se vacciner contre le Covid-19 et en imposant le port du masque.
Dans un message vidéo publié sur Internet, elle s'était aussi adressée aux "officiers généraux, colonels, officiers", s'inquiétant des "droits fondamentaux mis à mal au nom d'un état d'urgence sanitaire qui n'en est pas un".
L'annonce de son arrestation a suscité un flot de commentaires sur Twitter, dans les milieux anti-vaccins.
Parmi les personnes interpellées figurent également un "gilet jaune", Sylvain B., auteur d'un "manuel d'insurrection pacifique".
La Nouvelle République avait raconté en janvier 2019 qu'avec d'autres "gilets jaunes", ils s'étaient rendus devant une base militaire de l'Indre pour appeler "soldats et officiers" à "neutraliser ou mettre en fuite Emmanuel Macron et son actuel gouvernement".
Des perquisitions ont été réalisées lors des arrestations.
- "Projet Azur" -
Quatorze personnes aux profils divers, ingénieur chimiste, ex-candidat FN aux législatives 2012, agent de sécurité, intermittent du spectacle, etc. appartenant à l'ultradroite avaient déjà été mises en examen dans ce dossier considéré comme "protéiforme" par la justice.
L'information judiciaire avait été ouverte en mai 2021 après de premières interpellations liées à un groupuscule à l'idéologie néonazie, "Honneur et nation", soupçonné d'un projet d'action violente, baptisé "Projet Alsace", qui aurait notamment visé une loge maçonnique en Moselle.
L'enquête s'est donc élargie et a rassemblé plusieurs volets : les personnes mises en causes se caractérisaient - sur fond d'antisémitisme, d'homophobie ou de survivalisme pour certains - par une volonté commune de "renversement de l'ordre social par la violence, de complotisme et de projets d'actions armées contre des cibles institutionnelles et publiques", selon une synthèse d'enquête de la DGSI d'octobre 2021 dont l'AFP a eu connaissance.
Autre caractéristique commune : toutes sont soupçonnées d'avoir été inspirées par Rémy Daillet, figure des milieux complotistes déjà mis en cause et incarcéré dans l'affaire de l'enlèvement de la petite Mia.
Convaincues qu'"Emmanuel Macron est au service de l'argent et qu'il faut en finir avec le grand capital", ces personnes l'auraient suivi sur "l'idée d'un coup d’Etat, d'un renversement du gouvernement français", avait expliqué une source proche du dossier à l'AFP, il y a quelques mois.
Les protagonistes de ce dossier sont soupçonnés d'avoir évoqué de nombreuses cibles, selon la synthèse de la DGSI : antennes 5G, distributeurs automatiques de billet, centres de vaccination, siège des Femen, du PS, BFM TV, Europe 1, l'Elysée, le Sénat ou l'Assemblée nationale ainsi que le ministre Olivier Véran, l'écrivain Jacques Attali, l'ex-figure LFI Charlotte Girard ou encore le président Emmanuel Macron.
Pour le "projet Azur", nom donné au "coup d'Etat" qui aurait été envisagé, les protagonistes avaient évoqué des "sites stratégiques, des services de police de la capitale, des opérations +coup de poing+, des entraînements au +close combat+, des définitions d'itinéraires d'infiltration de colonnes vers Paris intra-muros", toujours selon les enquêteurs.
Des armes ont été retrouvées chez plusieurs mis en cause, et l'un d'entre eux aurait reconnu avoir fabriqué à son domicile un composant rentrant dans la fabrication d'explosifs, selon la synthèse.
Rémy Daillet, lui, déjà écroué pour le dossier Mia, avait été mis en examen le 22 octobre pour "association de malfaiteurs" terroriste criminelle et de nouveau incarcéré dans ce dossier appelé selon les sources "projet Azur" ou "Honneur et Nation".
Son avocat, Me Christophe Basson-Larbi, l'avait alors présenté comme un "prisonnier politique" non violent mais "dont des individus violents se réclament pour échapper à leurs responsabilités éventuelles".
Les gardes à vue pourraient durer jusqu'à vendredi, avant une éventuelle présentation devant un magistrat instructeur.
Y.Shaath--SF-PST