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Libération d'une Irano-Britannique retenue en Iran depuis 2016
L'Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, arrêtée en 2016 en Iran pour des accusations de sédition qu'elle a toujours niées, était attendue mercredi à Londres après avoir été remise aux autorités britanniques, épilogue heureux d'une longue et douleureuse saga.
Un média officiel iranien a confirmé que cette employée de 43 ans de la Fondation Thomson Reuters, bras philanthropique de l'agence de presse éponyme, avait été "remise" au gouvernement britannique après quatre ans de prison et deux ans supplémentaires en résidence surveillée.
Un autre Irano-Britannique, Anoosheh Ashoori, ingénieur à la retraite arrêté en août 2017 alors qu'il rendait visite à sa mère et condamné à 10 ans de prison pour espionnage en faveur d'Israël, a également été libéré, selon les autorités judiciaires iraniennes.
"Nazanin est à l'aéroport à Téhéran et en route pour rentrer chez elle", a déclaré Tulip Siddiq, députée travailliste de la circonscription d'Hampstead et Kilburn (Nord de Londres) où vit le mari de la binationale, Richard Ratcliffe, qui depuis 2016 s'est battu sans relâche pour obtenir sa libération.
Nazanin Zaghari-Ratcliffe avait été arrêtée en avril 2016 à Téhéran, où elle avait rendu visite à sa famille avec sa fille de 22 mois, et accusée de complot pour renverser la République islamique puis condamnée à cinq ans de prison.
Les autorités britanniques n'ont pas immédiatement confirmé sa libération mais le Premier ministre Boris Johnson avait plus tôt dans la journée exprimé l'espoir d'une issue positive, affirmant que "les négociations continuaient" et en étaient à leur dernière phase.
M. Johnson avait confirmé qu'une équipe de négociateurs britanniques travaillait à Téhéran pour obtenir la libération de plusieurs binationaux.
- Des "pions" -
"Nous sommes incroyablement soulagés que Nazanin puisse enfin être réunie avec sa famille au Royaume-Uni après un horrible calvaire de six ans. Nazanin a subi une souffrance inimaginable", a déclaré Rupert Skilbeck, directeur de l'ONG Redress qui suivait son cas.
"Sa détention en Iran a toujours été illégale et son traitement en Iran équivaut à de la torture", a-t-il ajouté.
Richard Ratcliffe avait affirmé à plusieurs reprises que sa femme était l'"otage" d'un sinistre jeu politique portant sur une vieille dette de 400 millions de livres (475 millions d'euros) contractée par le Royaume-Uni dans le cadre d'un contrat d'armement et datant de l'époque du chah d'Iran.
Mercredi, avant l'annonce du départ de Nazanin, la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, avait déclaré sur la BBC qu'elle s'était donné pour priorité "de s'assurer que nous remboursons la dette que nous devons légitimement aux autorités iraniennes".
Elle avait précisé sur Sky News que Londres cherchait des "moyens" de la solder alors que le régime iranien fait l'objet de sanctions internationales.
Les autorités britanniques ont cependant toujours pris soin de ne pas lier les deux affaires.
"Nazanin et Anoosheh n'auraient jamais dû être détenus en premier lieu - ils ont tous deux été emprisonnés sur la base d'accusations de sécurité nationale fabriquées de toutes pièces, une tactique habituelle en Iran", a commenté le dirigeant pour le Royaume-Uni d'Amnesty International, Sacha Deshmukh.
Ils ont été utilisés "comme des pions" par les autorités iraniennes qui ont "agi avec une cruauté calculée, essayant de tirer le maximum de valeur diplomatique de leur captivité", a-t-il ajouté.
Nazanin Zaghari-Ratcliffe avait récupéré son passeport mardi, soulevant l'espoir d'une libération proche.
Quatre ans après son arrestation, elle avait obtenu en mars 2020 une permission de sortie temporaire en raison de la pandémie de Covid-19 et été placée en résidence surveillée chez ses parents.
Mais arrivée en bout de peine, elle avait été de nouveau condamnée fin avril 2021 à un an de prison pour avoir participé à un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Londres en 2009.
En octobre 2021, elle avait perdu son appel, faisant craindre à ses proches un retour en prison.
Richard Ratcliffe, père de leur petite fille Gabriella, aujourd'hui âgée de 7 ans, avait fait deux grèves de la faim pour alerter sur son sort, dont la dernière pendant 21 jours à l'automne 2021.
F.AbuZaid--SF-PST