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Covid: bas les masques et fin du pass sanitaire en France
Voir le visage de ses collègues ou de sa maîtresse en entier, ne plus sortir son pass pour prendre un café au bar... L'essentiel des restrictions anti-Covid sont levées lundi sur fond d'appel du gouvernement à la "vigilance" et la "prudence" face au rebond de l'épidémie.
Toute personne qui le désire peut désormais accéder aux cinémas, théâtres, restaurants, foires... sans justifier d'un pass vaccinal. Ou arpenter à visage découvert les écoles et les commerces.
Dans les transports et les établissements de santé, le masque reste en revanche obligatoire. Et les entreprises peuvent toujours l'imposer à leurs employés.
Au pied des tours de La Défense lundi matin, les masques étaient très rares et la satisfaction dominait chez les travailleurs croisés par l'AFP.
"Je suis plutôt heureux qu'on puisse enfin l'enlever, même si ça faisait longtemps qu'on ne respectait plus trop les règles dans le bureau" depuis la vaccination, a expliqué Nathan Lefeuvre, 24 ans, chargé de communication.
Sur le chemin du lycée Paul Hazard d'Armentières (Nord), Cassandre, élève de 1ère, masque au sortir de l'autobus, comptait le tomber dans son établissement: "c'est libérateur".
Mais tout le monde n'était pas enthousiaste. Pour Jordan Taurian, 30 ans, directeur d'une école de marketing à La Défense, "les étudiants vont être contents" mais il y a "un petit peu d'inquiétude du côté des encadrants".
Le pass "sanitaire", qui fonctionne aussi avec un test négatif au virus, est lui maintenu dans les établissements de santé et les Ehpad.
- "Mesures proportionnées" -
Si début mars, quand ces mesures d'allègement ont été annoncées par le gouvernement, la cinquième vague de l'épidémie redescendait clairement, ce n'est maintenant plus le cas. La moyenne des sept derniers jours était dimanche de plus de 65.250 nouvelles contaminations, contre 50.646 une semaine auparavant.
"Je crois qu'on a toujours pris des mesures proportionnées. Effectivement l'épidémie repart (...) mais la variable observée ce sont les formes graves de la maladies, c'est-à-dire celles qui peuvent conduire à des hospitalisations (...)", a déclaré lundi le Premier ministre Jean Castex lors d'un déplacement dans le sud-ouest.
Or cette inversion de tendance reste pour l'heure sans effet dans les services de soins critiques, même si une hausse du nombre d'hospitalisations a été enregistrée dimanche.
"Il faut encore attendre un petit peu pour voir si cette tendance se confirme mais, effectivement, au niveau de l'Europe, on voit la même chose", a indiqué dimanche sur France Inter Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Bichat, à Paris.
Ce membre du Conseil scientifique y voit "trois raisons": le sous-variant BA2, désormais majoritaire et "un peu plus transmissible", la "réouverture des écoles" après les vacances et "probablement un relâchement de la population".
- "Pas une vague" -
Le gouvernement a décidé d'ouvrir dès à présent la quatrième dose de vaccin aux plus de 80 ans et recommande "fortement aux personnes fragiles, du fait de leur âge ou de leurs pathologies, de maintenir le port du masque dans les lieux clos et dans les grands rassemblements".
"Faisons parler le bon sens - ça s'adresse même à tous les Français, mais à ceux-là en particulier - pour le port du masque", a insisté lundi Jean Castex.
"Pour le port du masque, eh bien je pense qu'il est raisonnable de continuer à le porter quand on a un certain âge, quand on est fatigué, quand on est immuno-déprimé, dans les lieux clos, dans les rassemblements où il y a beaucoup de personnes", a-t-il ajouté.
"Le fait de retirer nos masques aujourd'hui, de ne plus présenter le pass, ne signifie pas que nous devions cesser d'être vigilants, pour nous-mêmes ou pour les autres", a rappelé de son côté le ministre de la Santé Olivier Véran, en marge d'un déplacement en Vendée.
"Est-ce que le fait de pouvoir retirer aujourd'hui le masque est une mauvaise décision au regard du rebond? La réponse est non", a assuré le ministre, ajoutant: "Ce rebond n'est pas une vague".
Pour les experts, la forte vaccination de la population et le nombre élevé de personnes ayant déjà été infectées confère une immunité protectrice. En tout cas "en termes d'hospitalisations", précise Yazdan Yazdanpanah.
De fait, dans ses scénarios les plus pessimistes, l'Institut Pasteur estime que le pic des contaminations "pourrait dépasser 100.000 cas quotidiens en mars", un chiffre élevé mais "très inférieur au pic de janvier", selon de nouvelles modélisations publiées jeudi.
lc-adr-bj-ic-jmt-ld-ito/bfa/or
Q.Bulbul--SF-PST