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L'administration Trump enterre les limites d'émissions polluantes imposées aux centrales électriques
Brûler toujours plus de charbon et de gaz pour produire de l'électricité: le gouvernement de Donald Trump a abrogé lundi des limites d'émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques, nouveau coup dur porté aux réglementations visant à lutter contre le changement climatique.
La mesure, annoncée à l'occasion de la réunion des ministres de l'Energie du G20 à Houston (Texas), enterre non seulement des règles de décarbonation adoptées en 2024 sous la présidence de Joe Biden mais va encore plus loin, en proposant d'empêcher toute future réglementation dans ce domaine.
Le secteur énergétique représente près d'un quart des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis, premier pollueur historique de la planète.
"Aujourd'hui, nous supprimons les lourdeurs bureaucratiques afin de mettre en œuvre la plus vaste opération de déréglementation jamais engagée dans le secteur de l'électricité", a déclaré le patron de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), Lee Zeldin, lors d'une conférence de presse.
"Sous l'administration Trump, l'EPA ne tordra en aucun cas la loi pour céder à l'alarmisme ou au radicalisme climatiques", a-t-il ajouté, accusant les journalistes d'essayer d'"effrayer" le public sur ce sujet.
Ce détricotage réglementaire, vivement dénoncé par les associations de protection de l'environnement, survient alors que le pays a connu l'été le plus chaud de son histoire et fait face à une vaste sécheresse.
Parallèlement, la demande d'électricité explose aux Etats-Unis avec le développement de l'intelligence artificielle (IA), qui a besoin de centres de données énergivores.
Déréguler permettra de "libérer le plein potentiel énergétique" américain, selon M. Zeldin, qui table sur des économies se chiffrant en centaines de milliards de dollars, un calcul contesté.
- "Jubilation" -
Les dirigeants américains "renforcent les profits de l'industrie des énergies fossiles et font complètement fi de la santé et du bien-être de la population", a réagi auprès de l'AFP Rachel Cleetus, de l'association environnementale Union of Concerned Scientists.
"L'EPA a complètement renoncé à sa mission, et elle le fait d'une manière cruelle. Elle s'en vante même avec jubilation", a-t-elle ajouté.
L'EPA a assuré à la presse que la décision portait exclusivement sur les gaz à effet de serre et qu'elle continuerait de réguler les rejets d'autres substances.
L'administration Trump avait annoncé à l'été 2025 sa volonté de lever ces limites d'émissions polluantes, expliquant qu'elles étaient trop coûteuses et entravaient le développement énergétique du pays.
Plus de 200 soignants et experts avaient alors adressé une lettre au chef de l'EPA pour exprimer leur "vive inquiétude" face à ce "cadeau flagrant aux pollueurs".
- Recours en justice -
Meredith Hankins, juriste au sein de l'organisation environnementale NRDC, a assuré lundi voir des "contradictions" dans le raisonnement des responsables américains. "J'ai donc hâte de les rencontrer devant les tribunaux".
D'autres associations ont aussi annoncé leur intention de porter l'affaire en justice.
L'EPA a jugé que les objectifs de réduction d'émissions fixés par le "Clean Air Act" de Joe Biden étaient impossibles à tenir.
L'Agence avance aussi un argument juridique selon lequel elle n'aurait tout simplement pas le pouvoir de réglementer les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de l'électricité.
Même si c'était le cas, une telle mesure serait vaine car elle ne permettrait pas de lutter efficacement contre le changement climatique mondial, assure aussi l'EPA.
Le secteur électrique américain est pourtant l'un des principaux acteurs mondiaux du réchauffement climatique. S'il était considéré comme un pays, il serait le 6e plus important pollueur mondial, concluait en 2025 une analyse du groupe de réflexion américain Institute for Policy Integrity.
Cette même année, les centrales à gaz naturel représentaient 41% de la production totale électrique des Etats-Unis, et celles à charbon 17%, selon des données gouvernementales.
Grand défenseur des énergies fossiles, Donald Trump fait depuis son retour à la Maison Blanche marche arrière toute en matière de climat, sortant une nouvelle fois les Etats-Unis, première puissance mondiale, de l'Accord de Paris et démantelant de nombreuses normes environnementales.
Début 2026, le républicain est même allé plus loin en abrogeant le texte servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre dans le pays, un revirement majeur contre lequel s'opposaient les scientifiques et les défenseurs de l'environnement.
N.AbuHussein--SF-PST