-
En Côte d'Ivoire, le "casse-tête" des stocks de cacao qui s'accumulent
-
Les Français ont continué de vider leur Livret A en février
-
NBA: les Spurs suivent le rythme du Thunder, les Pistons freinent les Lakers
-
Aux Saintes en Guadeloupe, les chèvres nuisent à la biodiversité
-
Trump évoque des "négociations" avec l'Iran, Téhéran nie et vise de nouveau Israël
-
Laits infantiles: les députés prêts à décortiquer l'action de l'Etat et des industriels
-
Dictature argentine, 50 ans après: la mémoire reste un combat
-
Le Danemark vote pour des législatives serrées mais Mette Frederiksen donnée favorite
-
Colombie: au moins 66 morts dans le crash d'un avion militaire
-
L'Australie et l'UE signent un vaste accord commercial
-
Liban: Israël frappe le sud de Beyrouth et annonce la capture de deux combattants du Hezbollah
-
Trump évoque des "négociations" avec l'Iran, Téhéran nie
-
Au Texas, les professionnels de l'énergie sur le qui-vive face à la guerre au Moyen-Orient
-
Bill Cosby condamné à verser 19 millions de dollars pour agression sexuelle
-
Prix des carburants: le gouvernement annonce des mesures mais pas d'aide directe
-
Colombie : le crash d'un avion militaire fait huit morts et 83 blessés
-
Les marchés réconfortés par le revirement de Trump sur l'Iran
-
Audi Q9 : dans quelle mesure ce projet va-t-il se concrétiser ?
-
L'UE "préoccupée" par les informations suggérant que la Hongrie a transmis des données sensibles à la Russie
-
Tennis: Atmane s'offre Auger-Aliassime, Medvedev chute
-
Trump change de ton, évoque des "négociations" et suspend des frappes envisagées
-
Wall Street veut croire à une détente au Moyen-Orient
-
Opération de sauvetage pour une baleine échouée sur la côte allemande
-
Dacia Striker : Beau et robuste ?
-
Décharges sauvages: de nombreuses pièces supprimées du dossier contre Nestlé Waters
-
Skoda Peaq : Nouveau SUV électrique 7 places
-
Moyen-Orient: les marchés partagés entre les annonces de Trump et les démentis de Téhéran
-
Le "deal" américain de TotalEnergies pour renoncer à l'éolien en mer et doper le gaz
-
Arnaque à la pompe
-
Lionel Jospin est mort, hommage national prévu jeudi
-
Trump change de ton et évoque des "négociations" avec des responsables iraniens
-
L'élection d'Eric Ciotti, nouvelle épine dans le pied des JO-2030
-
Le Premier ministre slovène entame des discussions pour former une coalition au lendemain des législatives
-
Céline Dion: de mystérieuses affiches relancent les spéculations sur des concerts à Paris
-
Guerre: engouement pour les voitures électriques d'occasion
-
Décès du propriétaire de la plateforme OnlyFans, connue pour ses contenus pornographiques
-
Essai de la Mercedes GLC électrique
-
Décharges sauvages: le procès Nestlé suspendu jusqu'à mardi
-
Des policiers de l'immigration en renfort dans les aéroports américains
-
Italie : Meloni reconnaît son échec au référendum mais reste Première ministre
-
Affaire Epstein: l'ancienne mannequin ayant porté plainte contre Daniel Siad entendue par les enquêteurs
-
Liban: pourquoi Israël vise les ponts du Litani dans le sud
-
Au Texas, le gouvernement Trump cherche à rassurer sur l'énergie, les patrons moins confiants
-
Le Premier ministre slovène lance des discussions pour former une coalition au lendemain des législatives
-
Les pêcheurs sénégalais accablés face "au pillage" de leurs ressources
-
Trump change de ton en évoquant des "négociations" avec un "haut dirigeant" iranien
-
Merz "reconnaissant" envers Trump d'avoir annoncé le report de frappes contre les centrales iraniennes
-
Après l'hécatombe hivernale, les macareux rescapés regagnent l'Atlantique
-
"Un homme qu'on aurait voulu comme frère": l'adieu intime et populaire à Bruno Salomone
-
Russie: un port touché par une attaque de drones ukrainienne près de la Finlande
Dans le grenier à blé de Turquie, la sécheresse avale les sols
Fatih Sik sait que la mort est tapie sous ses pieds depuis que deux immenses trous se sont formés dans son champ de maïs. Mais l'agriculteur a appris à vivre avec la peur, car partir n'est pas une option.
"Lorsque je suis sur mon tracteur, je ne peux m'empêcher de penser que (le sol) peut s'effondrer et je sais que la mort m'attendra au fond", confie ce fermier de 45 ans à l'AFP à Karapinar, dans la province de Konya (centre), le grenier à blé de la Turquie.
"Mais je dois continuer à travailler, sinon ma famille mourra de faim", se résigne-t-il.
Les dolines existent depuis des siècles dans cette région, mais leur nombre a cru ces dernières années sous l'effet de la sécheresse et de la surexploitation des nappes phréatiques, selon les experts.
Invisibles de loin, ces cavités, qui se forment là où l'eau souterraine dissout le substrat rocheux, peuvent être profondes de 50 mètres.
"Une des causes majeures des dolines est le changement climatique", explique Arif Delikan, professeur à l'Université technique de Konya, qui a dénombré 640 dolines dans la province de Konya, dont 600 dans le district de Karapinar.
De concert avec les autorités, il a identifié 2.700 zones à risque.
"Environ 20 trous se sont formés en un an à Karapinar", ajoute le spécialiste, marteau à la main pour sonder le sol au bord du gouffre d'une doline.
- "Effrayant" -
L'an dernier, Adem Ekmekci se trouvait dans un de ses champs lorsque la terre a manqué de l'avaler.
"Mon pied a soudainement glissé. J'ai regardé le sol et j'ai vu des fissures", raconte cet agriculteur de 57 ans, dont les 10 hectares de terre ont vu se créer deux dolines en trois ans, large chacune d'environ 50 mètres.
"Quand je suis revenu, le sol s'était effondré et plusieurs arbres avaient été emportés. C'était vraiment effrayant."
Une autre doline s'était formée à 10 mètres de sa maison en 2020. Le sol s'est "affaissé de 20 mètres", explique-t-il, disant avoir eu trop peur pour pouvoir dormir chez lui cette nuit-là.
Mais sans nulle part où aller, lui aussi a appris à vivre avec la peur, qui s'est installée chez les habitants de la région, bien qu'aucun n'ait encore été tué ou blessé.
- Puits illégaux -
La crainte est d'autant plus forte que les précipitations ont été 40% inférieures à la moyenne cet hiver dans la province de Konya, la première en Turquie pour la production de blé, de maïs et de betteraves à sucre.
"Des jours difficiles nous attendent", affirme Yigit Aksel, un agriculteur qui sait que l'irrigation, précieuse pour ces cultures gourmandes en eau, est en partie responsable du problème.
Face au manque de précipitations, certains fermiers ont foré des puits illégaux, fragilisant plus encore le substrat rocheux.
Selon Arif Delikan, la sécheresse qui s'est accrue depuis deux décennies dans la région a accentué la pression sur les eaux souterraines.
"L'eau qui était à la surface il y a 30 ans se trouve aujourd'hui 40 mètres sous terre", explique-t-il.
En une décennie, le lac Meke, un lac de cratère de Karapinar, s'est lui asséché et couvert de sel.
- Tourisme -
Des entrepreneurs essaient toutefois de transformer ce sol aux airs de gruyère en opportunité.
Fin juin, l'un d'eux, Cem Kinay, a ouvert un hôtel de luxe de 13 chambres dans un caravansérail seldjoukide vieux de 800 ans, situé au bord du gouffre le plus ancien et célèbre de Turquie.
À demi rempli d'eau, la doline ressemble à un lac. "C'est la première fois que je vois ça, c'est impressionnant", s'exclame, fasciné, Seongmo Kim, un touriste sud-coréen.
Mais dans cette doline aussi l'eau se raréfie.
Le grand-père de Gumus Uzun, une villageoise, lui racontait que le gouffre servait il y a soixante ans à abreuver les moutons et laver les vêtements.
À l'époque, le niveau de l'eau était beaucoup plus élevé, dit-elle. "Aujourd'hui, il ne cesse de baisser".
Z.AbuSaud--SF-PST