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Lili Leignel, 89 ans, inlassable témoin de la déportation pour former des "messagers"
Elle compte continuer "jusqu'à 100 ans au moins": à 89 ans, Lili Leignel, déportée à 11 ans dans les camps nazis, témoigne sans relâche devant des élèves, dont elle entend faire des "messagers" pour empêcher le retour du pire.
En cette semaine de janvier, marquée jeudi par la journée internationale de commémoration de l'Holocauste, cette petite dame lumineuse aux cheveux blancs, enchaîne les rencontres dans le Nord et le Pas-de-Calais, avant des déplacements à Toulouse, Nantes, Lyon ou encore Rodez.
"Avant la Covid, je rencontrais jusqu'à 25.000 élèves par an", sourit-elle dans la voiture qui fend le brouillard pour l'emmener vers le centre d'histoire La Coupole, près de Saint-Omer.
Malgré un cœur fatigué, une ouïe affaiblie et une famille qui la presse de ralentir, cette ancienne secrétaire de direction entend témoigner "jusqu'à n'en plus pouvoir" car sa "mission n'est pas achevée".
"Cela devient quelque chose d'exceptionnel, elle fait partie des derniers témoins dont on peut écouter la parole", souligne Laurent Seillier, professeur d'histoire missionnée à La Coupole.
Devant une centaine de collégiens, l'octogénaire redevient une fillette de 11 ans pour raconter comment sa vie, celles de ses frères et de ses parents, juifs hongrois installés en France pour fuir l'antisémitisme, a basculé le 27 octobre 1943.
"Schnell, los!"(Vite, allez!) : cette nuit-là, dans le Nord sous commandement allemand, toute la famille est raflée dans sa maison de Roubaix.
- 25.612 -
Déporté à Buchenwald, son père n'en reviendra pas. Mère et enfants de 11, 9 et 3 ans sont envoyés au camp de Ravensbrück, où ils survivent jusqu'à février 1945, avant de connaître un enfer pire encore à Bergen-Belsen, où sévit le typhus, jusqu'à la libération du camp en avril.
Si Leignel est son nom d'épouse, Lili signe ses livres de celui de Keller-Rosenberg, faisant figurer en premier le nom de sa mère, boussole et rempart pour les trois enfants pendant leur déportation.
Dans un silence total, l'ancienne déportée au matricule 25.612 raconte les humiliations, le froid, la faim, mais surtout l'angoisse, chaque jour, que leur mère ne revienne pas de l'"Arbeit" (travail).
Après la libération, les trois enfants sont rapatriés seuls, laissant derrière eux leur mère gravement malade. Des semaines plus tard, elle les rejoint enfin, ne pesant plus que 27 kg.
Après guerre, Lili parle très rarement des épreuves endurées, se heurtant alors à des "nous aussi, en France, nous avons eu faim !". "Par pudeur, pour ménager la famille", elle garde aussi le silence avec son mari, aujourd'hui décédé, et sa fille unique.
Mais en 1983, elle entend à la radio des propos négationnistes sur les chambres à gaz, qui n'auraient servi qu'à tuer les poux. Elle surmonte alors sa timidité pour intervenir devant une classe de CM2 à Lille. Elle ne cessera dès lors plus de témoigner.
Sa parole est d'autant plus précieuse que "Ravensbrück fait partie des camps dont les archives ont été très largement détruites car l'évacuation du camp a été anticipée" par les nazis, explique Laurent Thiery, historien à la Coupole.
- "Tout peut revenir" -
"Bientôt, il n'y aura plus un seul déporté et ce sera à vous de transmettre, mes petits messagers", lance-t-elle aux adolescents. "Soyez vigilants, soyez courageux, ne laissez pas répandre des mensonges".
"Quand la guerre s'est finie, vous n'avez pas eu peur que ça recommence ?", demande un collégien. "Bien sûr", "tout peut revenir", insiste-t-elle.
Sans nommer aucune personnalité, elle met en garde contre le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme, et invite les élèves à ne pas "se tromper" lorsqu'ils pourront voter.
"C'est touchant de savoir qu'elle compte sur nous pour que son message soit encore dit par d'autres personnes, pour que ça reste gravé dans l'histoire", confie Jade, 14 ans.
"Les jeunes d'aujourd'hui sont formidables, j'ai foi en eux" s'émeut la vieille dame pétillante, capable de ponctuer son récit de pointes d'humour.
Malgré son incroyable force de vie, elle dit ressentir aujourd'hui "une peur bleue de la mort", 75 ans après l'avoir regardée dans les yeux.
A.Suleiman--SF-PST